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Le développement régional des entreprises de la volaille ravive le débat de politique commerciale en Namibie

12 mai 2013

D’après certains articles de presse publiés en mars 2013, le Cabinet namibien « est en passe de finaliser les négociations visant à accorder une protection des industries naissantes à l’industrie de la volaille namibienne ». Les nombreux détaillants locaux ont demandé au producteur local Namibia Poultry Industries (NPI) d’aligner son prix sur le prix de la volaille importée ou d’écouler ses produits ailleurs, mais il apparaît que les producteurs locaux sont incapables d’aligner leurs prix sur les produits importés.

Bien que la majorité des importations provienne d’Afrique du Sud, des articles de presse évoquent des importations « de volaille bon marché et prétendument de faible qualité du Brésil ».

Le directeur général de NPI affirme que l’entreprise « perd des millions pour le moment » (une perte estimée à 6 millions $N, soit 504 300 € par mois) et qu’elle a un besoin urgent de protection. Il estime qu’une protection est nécessaire à court terme pour que la marque locale puisse s’établir, le personnel puisse se former et que l’entreprise réalise des gains d’efficacité.

En Europe, les données soumises le 26 mars 2013 au Groupe consultatif de l’UE sur la volaille et les œufs a montré qu’en 2012 les exportations de viande de volaille de l’UE vers l’Afrique du Sud étaient  supérieures de 40 % par rapport aux niveaux de 2011, comparé à une augmentation générale de seulement 1,3 % des exportations totales de viande de volaille de l’UE. (L’augmentation des exportations vers d’autres pays africains était de 14,2 % vers le Bénin, 10,6 % vers le Ghana et 0,07 % vers la RDC.) En 2012, les quatre grandes destinations africaines absorbaient 26,2 % des exportations de volaille de l’UE (374 780 tonnes) contre seulement 14 % en 2009 (142 447 tonnes).

À la fin 2012, les exportations de volaille de l’UE vers l’Afrique du Sud étaient presque six fois plus importantes qu’en 2010, représentant 9,2 % des exportations totales de volaille de l’UE en 2012, contre 0,8 % en 2009.

Exportations de volaille de l’UE vers certaines destinations africaines en 2009-2012 (en tonnes)

  2009 2010 2011 2012
Bénin 84 912 115 066 126 212 139 559
Afrique du Sud 7 938 22 006 94 076 131 970
Ghana 28 694 41 066 68 979 69 025
RDC 20 903 27 749 29 972 34 226
Sous-total 142 447 205 887 319 239 374 780
Total des exportations
 de l’UE  
1 015 784 1 354 610 1 412 110 1 430 658

Source : « Export of poultrymeat to selected destinations », p. 22 de la présentation PowerPoint, CE, 26 mars 2013.

Notant le potentiel de croissance rapide de la demande des consommateurs pour la viande de volaille à travers la région d’Afrique australe, d’autres sources de la presse ont évoqué la mobilisation de 3,9 milliards R (environ 327,5 millions €) par l’entreprise de volaille sud-africaine Rainbow Chicken pour financer sa croissance stratégique. Elle a acquis une participation de 64,2 % dans Foodcorp, la troisième plus grande entreprise alimentaire d’Afrique du Sud, et une participation de 49 % dans Zam Chick, de la société mère Zambeef. Cette acquisition, avec ses huit points de vente Zamchick Inn, ses fermes d’élevage, abattoirs et usines de transformation, est conforme à la fois aux aspirations de Rainbow Chicken visant à développer « ses propres marques de vente au détail à plus forte valeur ajoutée » et aux aspirations de croissance de Zam Chick. Zambeef a annoncé qu’elle aiderait Rainbow Chicken à accéder à ses propres points de vente au détail et à cibler de nouveaux clients, y compris au Kenya et au Nigeria.

Ceci fait suite à une analyse très pessimiste de Rabobank concernant les perspectives pour le secteur de la volaille sud-africain, contrairement aux perspectives globales pour l’industrie. 

Commentaire éditorial

En 2012, les importations de viande de volaille de l’UE étaient équivalentes à 9,5 % de la production de volaille d’Afrique du Sud et à environ huit fois le volume de la consommation de volaille annuelle de la Namibie. De plus, bien que la protection des industries naissantes soit recherchée pour le secteur de la volaille namibien, on peut s’interroger sur la cohérence de cette protection avec les dispositions du projet d’accord d’APE UE-SADC et de l’accord sur le commerce, le développement et la coopération (ACDC) UE-Afrique du Sud. L’Association sud-africaine de la volaille a suggéré que, à la lumière des engagements consentis dans les accords commerciaux avec l’UE, des mesures autres que les augmentations tarifaires seront nécessaires pour gérer les volumes plus importants d’importations de volaille en provenance de l’UE (voir article Agritrade «  Les problèmes du secteur de la volaille sud-africain aggravés par la hau... », 15 avril 2013).

La concurrence croissante sur le marché sud-africain, ainsi que l’augmentation prévue de la consommation dans la région, pourraient bien expliquer l’expansion des entreprises sud-africaines de la volaille en Afrique australe. Les conséquences des exportations de volaille de l’UE pourraient se faire ressentir à travers la région, à mesure que les entreprises sud-africaines pénètrent les marchés locaux et intensifient la concurrence vis-à-vis des producteurs locaux. Cela pourrait grandement compliquer les efforts visant à développer des accords commerciaux régionaux couvrant la viande de volaille, comme le soulignent les efforts actuels pour obtenir la protection des industries naissantes dans le cadre de l’accord SACU pour le secteur de la volaille en Namibie.

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