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Les aspirations du secteur du riz du Bénin et les réalités commerciales régionales

06 avril 2013

L’examen par l’USDA du secteur des céréales secondaires au Bénin, publié en janvier 2013, inclut un examen du secteur du riz. L’examen note que le gouvernement du Bénin cherche actuellement à promouvoir l’autosuffisance de la production de riz d’ici 2015, et avec le soutien des bailleurs de fonds il offre des semences gratuites, des engrais subventionnés, des pompes pour les puits et d’autres formes de soutien à l’irrigation. L’agence gouvernementale du Bénin soutenant la sécurité alimentaire (l’ONASA – l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire) « achète la récolte [de riz], l’usine et la vend à travers les magasins du pays ». Depuis 2011, l’ONASA compte deux rizeries en activité.

Lorsque le pays aura atteint l’autosuffisance, le gouvernement cherchera à moyen terme à développer les exportations de riz officielles, le Bénin s’étant fixé comme échéance l’année 2018 pour devenir un exportateur de riz important au niveau régional. Toutefois, cette position officielle ne semble pas être en accord avec les réalités actuelles.

Même si ces dernières années la consommation de riz semble avoir fortement augmenté au Bénin, l’USDA se demande si cela est effectivement le cas, puisque « la consommation peut être surestimée en raison du commerce transfrontalier entre le Bénin, le Niger et le Nigeria ». D’après l’USDA, « environ 75 pour cent de la production (de riz) dans le nord du Bénin quitte le pays, car les négociants du Niger et du Nigeria offrent des prix plus élevés et des paiements au comptant plus rapides ».

D’autres sources citées dans l’examen de l’USDA laissent penser qu’« environ deux tiers du riz paddy cultivé localement est vendu à des négociants nigérians », reflétant en partie la préférence des consommateurs du Bénin pour du riz aromatisé plutôt que pour les variétés locales. L’examen mentionne une étude de 2003 suggérant que « plus de 43 pour cent de la population consomme uniquement du riz importé », malgré le prix plus élevé de ce dernier. Pour cette raison, le gouvernement du Bénin entend améliorer la qualité du riz produit localement.

De plus, l’USDA signale que « les négociants nigérians achètent la majeure partie du riz importé », près de la moitié étant alors négociée de manière informelle au Nigeria (environ 100 000 tonnes sur les 200 000 tonnes importées). Seules 50 000 tonnes d’exportations de riz sont formellement enregistrées. Ce commerce informel est voué à se développer davantage semble-t-il, après l’imposition de nouvelles taxes à l’importation nigérianes au cours de la campagne de commercialisation 2012/13. L’analyse de l’USDA suggère implicitement que les hausses des droits d’importation du gouvernement nigérian pourraient accroître les risques de contrebande du riz via le Bénin.

Un article paru dans la presse nigériane en janvier note que les préoccupations croissantes de l’Association des usineurs, importateurs et distributeurs de riz du Nigeria (RIMIDAN) concernant la contrebande de riz du Bénin ont incité le parlement fédéral nigérian à appeler à une action plus efficace pour freiner la contrebande de riz. RIMIDAN estime que « 30 000 tonnes métriques de riz entrent illégalement dans le pays chaque mois » et affirme que les enquêtes montrent que « les trafiquants ont profité des frontières poreuses du Nigeria pour inonder le pays de riz, tandis que les vrais importateurs ne paient pas moins de 50 pour cent de droits ». RIMIDAN affirme que les activités des trafiquants de riz « minent les politiques gouvernementales et les programmes destinés à promouvoir la production alimentaire locale ». 

Commentaire éditorial

Le Plan stratégique de relance du secteur agricole du Bénin (PSRSA), couvrant la période 2009-2015, met l’accent sur la promotion de filières de denrées prioritaires pour la sécurité alimentaire et le commerce. Ceci inclut le riz en raison de son importance socio-économique et alimentaire croissante dans le pays et la région. D’après les rapports du ministère de l’agriculture, le pays présente un énorme potentiel de développement de la culture du riz du fait des terres disponibles et adaptées à l’irrigation (322 000 ha, dont 10 % seulement sont actuellement utilisés), de ses eaux de surface et de ses ressources en eaux souterraines. Le Bénin envisage d’exploiter cet avantage comparatif et de produire plus de riz à destination des marchés national et régional.

Des investissements dans la recherche en vue d’améliorer la production, la qualité, le conditionnement et la livraison sur le marché du riz produit localement seront nécessaires, afin de surmonter les préférences actuelles des consommateurs pour le riz importé, et de satisfaire la demande nationale et régionale croissante avec la production locale.

Ce problème est commun à toute une série de pays producteurs de riz ouest-africains et pourrait potentiellement tirer profit d’une approche régionale commune, en particulier en ce qui concerne la classification de la qualité et les normes de produits plus générales.

La nécessité d’une approche coordonnée au niveau régional du développement du secteur du riz en Afrique de l’Ouest a récemment été reconnue, lors du lancement par la CEDEAO de son « Initiative pour le riz » (Note d’orientation stratégique de l’offensive régionale). On espère que l’approche régionale adoptée par la CEDEAO, ainsi que le Centre du riz pour l’Afrique et toute une série d’organismes de sécurité alimentaire et d’organisations d’agriculteurs, mènera effectivement à une meilleure coordination du développement du secteur du riz et du commerce en Afrique de l’Ouest. 

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