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Une commercialisation plus dynamique est capitale pour la croissance du secteur du cacao de la Jamaïque

19 février 2012

D’après des informations de presse, le changement est en cours dans le secteur du cacao jamaïcain. L’Association des producteurs de cacao de la Jamaïque (JCFA) s’impose comme un concurrent vis-à-vis du Conseil du cacao (CIB) dirigé par l’État, « qui fait office aussi bien de régulateur que de négociant de cacao ». La JCFA offre actuellement aux producteurs 2 500 $J (22,13 €) par boîte, soit 25 % de plus que le CIB, les paiements étant versés dans les cinq jours ouvrables. Toutefois, seuls 10 % des producteurs de cacao sont membres de la JCFA, tandis que le CIB prétend qu’il est toujours responsable de la commercialisation de 98 % du cacao de la Jamaïque.

Le cacao jamaïcain procure des prix très avantageux, puisque le pays ne produit que du cacao d’arôme fin et de première qualité. La demande de cacao de première qualité est en hausse, et d’après le président de la JCFA, Clayton Williams, « un prix dépassant les 4 000 $US/tonne » est actuellement obtenu.

La JCFA entend jouer un rôle plus important dans la commercialisation du cacao jamaïcain, que ce soit par la représentation au CIB ou par ses propres efforts de commercialisation. Selon les informations, M. Williams estime que le CIB « fait un mauvais travail de commercialisation du produit jamaïcain » : le CIB est accusé d’adopter la pratique de « renouvellement automatique des contrats sans faire preuve de la diligence nécessaire ». Cela, semble-t-il, contribue au fait que les producteurs de cacao jamaïcains « reçoivent le prix au producteur le plus bas de l’hémisphère occidental ».

Toutefois, d’après Steve Watson, directeur général du CIB, « les prix payés au niveau international pour les fèves jamaïcaines ont chuté de façon constante en 2011 », soit une baisse de 30 % sur l’année à 2 109 $US/tonne.

À présent, « la moitié du cacao de première qualité de la Jamaïque est expédiée en France aux fabricants de chocolat haut de gamme, et le reste est distribué par un courtier vendant les fèves à des entreprises italiennes, suisses et belges ».

La JCFA cherche pour sa part à établir des relations commerciales directes avec les producteurs de chocolat de qualité. De nouvelles relations commerciales directes avec Hershey aux États-Unis sont en train d’être établies, ceci ayant généré « une appréciation des prix », des prix décrits par Clayton Williams comme étant « largement supérieurs aux prix actuels du marché ».

La JCFA examine actuellement la possibilité de nouer des relations similaires avec des acheteurs en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. D’après M. Williams, le but est d’obtenir « la valeur la plus élevée pour notre cacao » en créant des « relations commerciales durables au travers d’une fixation des prix équitable pour notre cacao ». La concurrence entre les acheteurs est jugée comme étant un élément important de toute stratégie de commercialisation visant à maximiser pour les producteurs les revenus de la commercialisation de cacao d’arôme fin.

La poursuite de cette stratégie exigera cependant que la JCFA augmente considérablement les volumes de cacao qu’elle commercialise. Cela explique l’importance attachée aux programmes soutenus par les États-Unis et l’UE pour promouvoir à la fois les rendements et la production globale de cacao (passant de 300 à 1 500 tonnes d’ici 2014). La coopération avec Transmar Commodity Group est également jugée importante pour améliorer la production de cacao de première qualité et d’arôme fin. À plus long terme, la JCFA espère également augmenter sa production « à des niveaux durables pour rendre viable une installation de transformation du cacao à plus forte valeur ajoutée ».

Commentaire éditorial

La nécessité d’adopter des stratégies de commercialisation innovantes et dynamiques est une caractéristique de plus en plus importante du défi qui se pose aux producteurs ACP de produits différenciés en termes de qualité. La critique à l’égard des conseils de commercialisation dirigés par l’État doit être envisagée dans le contexte d’une volatilité des prix croissante et de l’émergence d’écarts de prix bien plus importants entre « achats de produits de première nécessité » et « achats de produits de luxe » consommés dans les marchés des pays de l’OCDE et des pays en développement avancés. Ceci a créé un nouveau contexte auquel les producteurs et exportateurs ACP doivent répondre.

Afin d’améliorer la commercialisation, il est capital de maintenir des relations étroites avec les utilisateurs des matières premières entrant dans la composition des produits différenciés en termes de qualité, puisqu’une offre constante de première qualité doit être garantie sur une base durable. Ceci exige un dialogue continu sur les exigences commerciales et l’introduction des innovations nécessaires dans les techniques de production et de traitement.

Pour les associations d’agriculteurs, cela peut représenter un énorme défi en termes de gestion à moins que des programmes de renforcement des capacités soient mis en œuvre avec succès. Même lorsque les capacités sont développées, comme l’illustre la récente expérience du secteur du café Blue Mountain de la Jamaïque, une innovation constante est toujours requise si l’on veut éviter que le développement de relations commerciales « confortables » ne mine la capacité du secteur à répondre aux conditions de marché changeantes.

Bien que l’Association des producteurs de cacao de la Jamaïque semble avoir une vision claire de ce qu’elle souhaite obtenir, des défis considérables devront être relevés pour réaliser cette vision à long terme. Ceci est particulièrement vrai pour la transformation à plus forte valeur ajoutée. Bien qu’il y ait des exemples de développement d’activités à plus forte valeur ajoutée et d’exportation de produits haut de gamme dans la région (par ex. à Trinidad et Grenade), ceux-ci sont essentiellement le fait d’initiatives privées. Ceci soulève une question : quelles politiques les gouvernements devraient-ils mettre en place pour soutenir la commercialisation par le secteur privé et les initiatives de développement de produits capables de redéfinir la voie du développement pour le secteur du cacao caribéen ? 

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