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Des dysfonctionnements dans les opérations actuelles justifient une restructuration du NCPB kényan

03 octobre 2014

En juin 2014, la presse a relayé l’information selon laquelle le National Cereals and Produce Board (NCPB) du Kenya n’achetait plus de maïs aux agriculteurs en raison des « 5,9 milliards de shillings que lui devait le gouvernement ». Il apparaissait également que, début juillet, la réserve stratégique de maïs du Kenya détenue par le NCPB « avait chuté à la moitié du volume optimal de cinq millions de sacs », compte tenu de l’absence de ressources financières pour reconstituer les stocks.

À la mi-juin, Newton Terer, directeur général du NCPB, a annoncé des plans gouvernementaux pour restructurer le NCPB, impliquant la création d’une Corporation des céréales du Kenya ayant une orientation plus commerciale ; la mise en place d’une Agence nationale de sécurité alimentaire « pour remplacer la Réserve stratégique de céréales et se focaliser sur une réserve alimentaire  stratégique » ; et la création d’une bourse des denrées de base (COMMEX) pour renforcer le commerce de céréales.

La création d’un organe de régulation du secteur des céréales pour « superviser et autoriser les acteurs du marché dans l’industrie des céréales » a également été proposée. D’après M. Terer, « l’organe régulateur sera important pour les agriculteurs qui ont toujours eu du mal à vendre leurs produits aux minoteries et au NCPB, parce qu’ils seront au courant du prix en vigueur sur le marché ». La création d’un organe de régulation du secteur des céréales vise également à « garantir la conformité aux règles et règlements standard » régissant le secteur.

M. Terer a affirmé que le Conseil avait été confronté à « de nombreux défis posés par la non-reconstitution par le gouvernement de la réserve stratégique de céréales en temps opportun ainsi que par un système de récépissés d’entrepôt dysfonctionnel ».

Des représentants de la Kenya National Farmers Federation (Kenaff ou Fédération des agriculteurs kényans) et de la Kenya Farmers Association (Association des agriculteurs kényans) ont tous laissé entendre que le non-paiement des agriculteurs par le NCPB pour les céréales livrées la saison précédente était la principale raison pour laquelle les agriculteurs freinaient les ventes de maïs. Ils ont estimé que la priorité devrait être accordée à la mise sur le marché des stocks des agriculteurs et que ceux-ci, ainsi que les stocks détenus par les minotiers et le gouvernement, devraient être suffisants pour réduire le recours aux importations. Ils ont laissé entendre que ce sont les dysfonctionnements du NCPB qui avaient poussé le gouvernement kényan à s’approvisionner en maïs auprès de partenaires régionaux (voir article Agritrade «  Le débat se cristallise autour des importations de maïs du Kenya », 4 octobre 2014). 

Commentaire éditorial

Les problèmes financiers rencontrés par le NCPB, ainsi que les suspicions des agriculteurs concernant les opérations de fournisseurs privés, semblent avoir enrayé le bon fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement de céréales au Kenya.

La réforme du fonctionnement du NCPB est maintenant sur la table. Les grands enjeux seront non seulement la structure des entités réformées mais aussi les ressources mises à disposition pour faciliter leur bon fonctionnement.

Dans ce contexte, des questions se posent quant à l’importance que l’organe de régulation des céréales proposé accordera au renforcement de la position des producteurs au sein des filières des céréales, et quant à la manière dont les activités des organes de régulation seront financées sans imposer des coûts supplémentaires au secteur des céréales. Des questions institutionnelles surgissent également, à savoir comment les parties prenantes seront représentées dans ces nouvelles institutions et le rôle qu’elles seront appelées à jouer.

Des questions se posent en outre concernant la façon dont le NCPB réformé interviendra dans les efforts pour renforcer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement de céréales intra-régionale dans la CAE. Les changements institutionnels doivent clairement prendre en considération les développements au niveau régional, puisque la résolution des problèmes au niveau national sans tenir compte de la dynamique régionale de production et de commerce de céréales n’apportera que des solutions partielles qui bénéficieront à certains acteurs de la filière, tout en désavantageant d’autres.

Comment, par exemple, la bourse de denrées de base proposée dans le cadre de la réforme du NCPB travaillera-t-elle avec celle proposée au niveau régional ? 

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