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Le Nigeria va-t-il abandonner sa politique de mélange du manioc ?

22 mai 2014

Un article de la presse nigériane indique que le gouvernement prévoirait d’abandonner sa politique de mélange du manioc, suite à une série de retards ayant affecté le processus de développement de la capacité de transformation du manioc en farine de haute qualité conformément aux objectifs gouvernementaux (pour plus de détails sur les objectifs gouvernementaux, voir article Agritrade «  Le débat sur l’utilisation de la farine de manioc dans le pain s’intensi... », 6 août 2012). Une source du ministère fédéral de l’agriculture et du développement rural aurait déclaré aux médias locaux que « le bien-fondé de cette politique est reconnu de tous mais qu’elle aura aussi des répercussions sur la profitabilité d’un grand nombre d’importateurs et de transformateurs de blé du pays ».

De leur côté, les transformateurs locaux de blé ont fait observer que, « si cette politique semble très bien sur papier », elle est, dès le départ, « vouée à l’échec », étant donné que « le pain et les pâtisseries réalisés à partir du mélange de [farine] de blé et de manioc [ne sont] tout simplement pas bons ». Selon les meuniers, « le pain issu de la farine composite a une faible durée de conservation, un goût médiocre et (…) la qualité est irrégulière ».

Selon l’article, la source émanant du ministère a laissé entendre que la politique actuelle sur le mélange du manioc fera « probablement long feu ».

Commentaire éditorial

Il semble que l’article de presse ne reflète pas la politique gouvernementale qui a été annoncée. Lors d’une réunion des parties prenantes qui s’est tenue le 10 avril 2014, le responsable de l’équipe pour l’initiative de développement de la filière manioc au sein du ministère fédéral de l’agriculture et du développement a réfuté l’article et les autres informations similaires et annoncé la finalisation d’un projet de loi présenté par l’exécutif visant à institutionnaliser la politique de mélange du manioc. Une fois adoptée, la loi introduira des amendes et autres mesures punitives contre tout boulanger contrevenant aux exigences en matière de mélange (allant d’une amende de 100 000 nairas – environ 450 € – à cinq années de suspension de la licence d’exercice de l’activité). La loi prévoirait également l’introduction de mesures fiscales spéciales en tant qu’incitatifs pour encourager le mélange de farine de manioc et de blé.

Même si le cadre juridique peut contribuer à traiter certains problèmes de départ qu’a connus l’initiative, relatifs à l’étiquetage et à l’investissement, il reste à savoir si des mesures législatives punitives pourront permettre de surmonter les obstacles à une mise en œuvre efficace de la politique gouvernementale de mélange du manioc.

Il conviendra de veiller tout particulièrement à :

  • aider les meuniers et les boulangers à se doter de la technologie appropriée ;
  • préparer les meuniers à l’usage efficace des nouvelles technologies aux fins de produire une farine composite de qualité supérieure et régulière ;
  • préparer les boulangers pour qu’ils travaillent efficacement avec la farine composite afin de fabriquer du pain que les consommateurs seront désireux d’acheter.

L’importance potentielle de l’initiative pour stimuler la production agricole locale est aujourd’hui reconnue – dans la mesure où elle peut être mise en œuvre avec succès. Mais, plus de deux ans après l’annonce, peu d’éléments sur le terrain prouvent que les boulangeries du pays disposent de l’équipement nécessaire et du personnel compétent pour la mise en œuvre d’une telle politique.

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