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Le débat se cristallise autour des importations de maïs du Kenya

03 octobre 2014

D’après la FAO, la production céréalière en Afrique orientale devrait avoir augmenté de 0,9 % entre 2012 et 2014, avec une croissance annuelle prévue de 4,15 % en 2014. Toutefois, deux des plus grands pays producteurs de céréales, à savoir le Kenya et l’Ouganda, verront leur production poursuivre son déclin en 2014, portant la baisse cumulative au cours de la période 2012-2014 à 15,6 % et 14,3 % respectivement. La Somalie, le Rwanda et le Burundi devraient également être confrontés à des niveaux de production céréalière inférieurs à la moyenne. Même dans les pays où la production augmente, certaines régions feront face à des pénuries.

Production céréalière en Afrique orientale, riz compris (en millions de tonnes)

  2012

2013

(estimations)

2014

(prévisions)

Variation 2012/2014

(%)

Afrique orientale 44,8 43,4 45,2 + 0,9
Éthiopie 21,1 23,6 23,6 + 11,8
Kenya 4,5 4,1 3,8 – 15,6
Ouganda 3,5 3,1 3,0 – 14,3
Soudan 5,9 2,9 5,1 – 13,6
Tanzanie 8,0 8,0 8,1 + 1,3

Source : FAO, juillet 2014 (voir ci-dessous).

En juin 2014, les médias d’Afrique orientale ont relayé l’information selon laquelle le gouvernement kényan envisageait d’acheter quelque 65 000 tonnes de maïs (environ 720 000 sacs de 90 kilogrammes) au sein de la région pour réduire les pressions sur les prix. Étant donné que le « Kenya consomme 3,72 millions de sacs de maïs par mois » (334 800 tonnes), il a été estimé que des importations d’environ 270 000 tonnes (3 millions de sacs) seraient nécessaires pour combler les déficits de production jusqu’à la fin du mois d’août.

Les premières discussions entamées avec la Tanzanie ont débouché sur un accord entre le Kenya et la Tanzanie pour la vente de 50 000 tonnes de maïs de la réserve alimentaire nationale tanzanienne, après une bonne récolte tanzanienne et l’émergence d’un « énorme excédent ».

L’accord entre les gouvernements tanzanien et kényan a été jugé comme étant une façon de « calmer la flambée des prix du maïs et de la farine » au Kenya. Des informations de presse ont indiqué que « le prix d’un sac de 90 kg de maïs au Kenya a augmenté de 30 pour cent au cours des neuf derniers mois, sous l’effet d’une pénurie avant la saison de récolte ». Le coût du maïs et du transport vers le Kenya est estimé à 73 millions $US (environ 6,5 milliards de shillings kényans aux taux actuels). Les importations de maïs devaient prendre fin « après la saison de récolte à la mi-août pour protéger les agriculteurs locaux d’une baisse des prix ».

Des représentants de l’industrie minotière kényane ont salué la décision, indiquant qu’elle « permettrait de contenir la hausse des prix du maïs dans le pays, [réduisant] ainsi le coût de la farine ». Toutefois, les producteurs kényans de céréales ont critiqué l’accord, faisant valoir que la livraison coïnciderait avec la période de récolte et que cela ferait baisser les prix, minant les investissements consentis par les agriculteurs dans la production de maïs. Ils ont affirmé que le gouvernement autorisait les importations alors que le National Cereals and Produce Board (NCPB ou Conseil national des céréales et des denrées) n’avait pas encore payé les agriculteurs pour les livraisons de la saison dernière (voir article Agritrade «  Des dysfonctionnements dans les opérations actuelles justifient une rest... », 4 octobre 2014).

En outre, la Tanzanie a conclu un accord avec le Programme alimentaire mondial (PAM) pour fournir 24 000 tonnes de maïs à des pays confrontés à des pénuries alimentaires. 

Commentaire éditorial

Les structures variables de la production céréalière en Afrique orientale en 2014, ainsi que les accords d’approvisionnement en maïs actuels entre les gouvernements tanzanien et kényan et entre le gouvernement tanzanien et le PAM, semblent souligner l’importance de réguler de plus en plus le secteur des céréales sur une base pan-régionale.

Cela pourrait considérablement améliorer la sécurité des approvisionnements alimentaires à travers la région, en réduisant la volatilité des prix, tout en permettant le développement d’un commerce structuré conçu pour minimiser les perturbations de prix locales qui agissent au détriment des producteurs de maïs.

Cela pourrait aider à apaiser les préoccupations suscitées par les initiatives actuelles du gouvernement kényan visant à importer du maïs des stocks alimentaires tanzaniens. L’efficacité du cadre réglementaire régional dépendra fortement de la transparence et de la prévisibilité du cadre commercial établi pour le secteur des céréales ainsi que de la prise en compte de tous les facteurs pan-régionaux pertinents. À cet égard, il convient de noter que l’effet combiné des achats par les minotiers kényans et de la demande croissante du Soudan du Sud ont entraîné une hausse des prix de la farine de maïs en Ouganda tout en contenant les hausses de prix au Kenya.

Un système d’information régional performant et fiable sur la situation régionale de l’offre et de la demande, sur les tendances de prix et les besoins en importations pourrait aider à améliorer les flux commerciaux de maïs et éviter les incohérences dans les efforts visant à promouvoir la production locale et les régimes d’importation. Les systèmes d’information existants tels que le Regional Agricultural Trade Intelligence Network (RATIN ou Réseau régional d’information sur le commerce agricole) dirigé par le Conseil des céréales d’Afrique de l’Est pourrait potentiellement jouer un rôle de plus en plus important.

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