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Les importations de maïs ont un impact sur le prix du maïs kényan

16 novembre 2014

D'après des informations parues dans la presse d’Afrique de l’Est, les importations de maïs en provenance des pays voisins ont engendré une baisse des prix de « plus de 40 pour cent » dans certaines régions de la Rift Valley. En août, le prix proposé par les négociants de maïs aux agriculteurs est passé de 3 300 KSh à 2 000 KSh (soit d'environ 30 € à 18 €) par sac de 90 kg sur un mois. D'après les négociants, les minotiers proposaient des prix bas parce que les « importations de maïs provenant essentiellement d'Ouganda et de Tanzanie ont envahi les marchés à Eldoret, Kitale et d'autres villes de l'Ouest du Kenya ». La presse citait des responsables du ministère de l'agriculture déclarant que quelque 1,8 million de sacs de maïs ont été importés de la CAE entre août et octobre 2014.

La chute des prix a créé des problèmes pour les négociants de maïs, nombre d'entre eux optant pour le stockage, dans l'attente d'une hausse des prix consécutive aux prévisions d'un déficit de maïs de 10 millions de sacs.

Toutefois, d'autres informations de presse suggèrent que les importations pourraient ne pas être l'unique raison de la chute des prix, affirmant que « les prix du maïs dans le nord de la Rift Valley ont atteint leur niveau le plus bas en huit mois, les agriculteurs ayant libéré les produits qu’ils avaient stockés ». Craignant une augmentation des importations qui auraient eu un impact encore plus important sur les prix, les agriculteurs ont commencé à libérer les stocks.

À la mi-août 2014, on suggérait dans la presse que la production ne dépasserait pas le seuil inférieur de la fourchette citée par le secrétaire du Cabinet – soit 34 millions de sacs, contre un objectif de 42 millions de sacs. Cette situation a conduit la National Drought Management Authority du Kenya et la Croix-Rouge kényane à tirer la sonnette d'alarme au sujet d’une « famine imminente après une période de sécheresse prolongée ».

Le secrétaire du Cabinet de l'agriculture du Kenya, Felix Koskei, a réfuté les informations faisant état de pénuries de maïs. Il a précisé que le pays avait une « réserve de 2,9 millions de sacs » dans les dépôts NCPB, un chiffre qui devrait augmenter à 3,4 millions de sacs (comparé à une réserve optimale de 5 millions de sacs). M. Koskei a fait valoir que le caractère abordable du maïs était une question plus importante pour les ménages à déficit vivrier.

Des incertitudes persistent toutefois : des précipitations moins importantes et une résurgence de la maladie virale touchant le maïs continuent de susciter quelques craintes. 

Commentaire éditorial

La situation incertaine de l'offre de maïs au Kenya met en lumière un certain nombre de problèmes affectant le secteur du maïs du pays. Avant tout, il y a l’absence de facilités de crédit pour les agriculteurs, ce qui les contraint à vendre leur maïs immédiatement après la récolte pour pouvoir subvenir aux besoins du ménage et acheter des intrants. Ceci provoque une surabondance temporaire de maïs sur le marché et entraîne une chute immédiate des prix. La diversification de la production, afin d'assurer un flux plus régulier de revenus pour les ménages, pourrait offrir une solution à ce problème, tout comme l'utilisation plus fréquente des systèmes de récépissé d'entrepôt.

Un deuxième problème rencontré est lié à la gestion des importations, qui arrivent souvent au pays pendant la récolte ou un peu avant le début de celle-ci. Si les livraisons des importations de maïs étaient mieux gérées, les fluctuations saisonnières des prix pourraient être réduites. Cela permettrait de diminuer les pressions des prix sur les consommateurs et les pressions des revenus sur les producteurs. Toutefois, l'ampleur du commerce informel transfrontalier en Afrique de l'Est vient sérieusement compliquer les efforts visant à gérer le commerce de maïs.

La question de la gestion du commerce est étroitement corrélée à celle de l'information de marché. Malgré les efforts consentis par l’Eastern Africa Grain Council et son système régional d'information de marché, la dissémination des informations étant assurée par le Regional Agricultural Intelligence Network (RATIN), il est encore nécessaire d'améliorer les informations sur les niveaux de stocks détenus par les minotiers, les négociants, le National Cereals and Produce Board du Kenya et les agriculteurs. Ceci est compliqué par l'absence de progrès sur un troisième problème, à savoir la nécessité de renforcer le fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement de maïs. Actuellement, il y a peu d'accords contractuels formels convenus entre les producteurs de maïs et les minotiers. Le développement d'un cadre plus efficace pour les accords contractuels entre les producteurs de maïs et les minotiers pourrait contribuer à améliorer le fonctionnement des chaînes d'approvisionnement de maïs et réduire les fluctuations de prix.

La dernière difficulté dans le secteur du maïs – qui explique en partie pourquoi les prix du maïs peuvent chuter de manière si drastique malgré une famine imminente – est l'environnement des affaires. Une infrastructure déficiente, le manque de financement du commerce et l'insécurité dans les régions arides et semi-arides du Kenya sujettes aux famines rendent l'approvisionnement commercial de maïs vers ces régions en grande partie non viable, la distribution d'aliments dans les régions arides sujettes aux sécheresses restant l’apanage du gouvernement et des ONG.  

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