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Perspectives pour les prix du maïs en 2013

18 mars 2013

D’après l’analyse publiée sur Agrimoney.com à la fin de 2012 évaluant les perspectives pour les céréales en 2013, les prix américains du maïs n’ont augmenté que de 7 % au cours de l’année calendaire 2012. Cependant, les prix très élevés atteints lorsque les craintes concernant l’impact de la sécheresse américaine étaient à leur paroxysme ont provoqué une « destruction de la demande » considérable, ce qui devrait se poursuivre en 2013. Les prix très élevés de 2012 ont conduit certains analystes à « parler de » semis de maïs aux États-Unis « de l’ordre de 100 millions d’hectares » en 2013, un niveau jamais atteint depuis les années 1930.

Rabobank s’attendait à ce que 2013 commence avec des prix du maïs supérieurs aux niveaux prévalant à la fin 2012. Ce point de vue était partagé par Commerzbank, qui prévoyait qu’« un déficit du marché devrait maintenir les prix à un niveau élevé », bien que « très en deçà du niveau record » de 2012.

Les rendements normaux en 2013 devraient cependant, d’après les analystes, relâcher la pression sur l’offre et faire baisser modérément les prix selon la plupart des estimations, entre 9,3 % (Commerzbank) et 14,1 % (Société Générale), à l’exception de Goldman Sachs, qui suggère un déclin des prix de 21,2 % mais avec un point de départ plus élevé.

Maïs : prévisions des analystes du prix moyen par trimestre pour 2013 (en $US/boisseau, bourse des contrats à terme de Chicago)

  Commerzbank Rabobank Société Générale Goldman Sachs
T1 7,30 7,90 7,38 8,25
T2 7,10 7,00 7,05 8,25
T3 6,60 6,25 6,74 -
T4 6,62 6,00 6,57 6,50
Moyenne pour 2013 6,80 - 6,93 -

Source : Agrimoney.com (voir ci-dessous).

D’après Goldman Sachs, l’utilisation de maïs pour la production d’éthanol est susceptible d’augmenter au cours du premier semestre de 2013, même s’il reste « des risques significatifs compte tenu de la sécheresse persistante aux États-Unis ». Ceci explique les estimations plus élevées du prix du maïs pour les deux premiers trimestres de 2013. Les prix devraient alors chuter à la fin de l’année pour atteindre des niveaux comparables aux autres estimations, « puisque la reprise de la demande restera bien inférieure à la relance de la production ». Rabobank prévoit la plus forte volatilité des prix « entre le deuxième et le troisième trimestre de l’année ».

Morgan Stanley abonde globalement dans le sens de Goldman Sachs, mentionnant des « risques pour la production sud-américaine 2012-13 ». Une augmentation de l’offre en 2013/14 devrait alors exercer une pression baissière sur les prix.

Rabobank s’attend à ce que ratio stocks-utilisation mondial augmente de 3,5 points à 15,9 % en 2013/14, ce qui sera toujours « sensiblement inférieur à la moyenne sur 10 ans de 17,2 % ». Selon elle, la croissance de la consommation mondiale de maïs « empêchera les niveaux du ratio stocks-utilisation de remonter aux niveaux moyens à long terme », et elle s’attend en outre à ce que « l’augmentation la plus importante de la demande mondiale de maïs d’une année sur l’autre » se produise en 2013/14.

D’autres analyses publiées sur Agrimoney.com passant en revue la situation de 2012 et les perspectives pour 2013 suggèrent que les réponses des gouvernements aux déficits de production causés par de mauvaises conditions météorologiques en 2012 (c’est-à-dire éviter les achats de panique et les restrictions d’exportation), ainsi que la mauvaise santé de l’économie mondiale, ont en réalité aidé à amortir les hausses de prix. Celles-ci ont effectivement empêché les prix d’augmenter à des niveaux similaires à ceux de 2008.

Commentaire éditorial

La période de plus forte volatilité des prix du maïs prévue pour 2013 coïncide avec la fin du pic de la période de soudure en Afrique australe et le début de la récolte avant maturité, qui est la période où les besoins d’achat de céréales seront les plus élevés. Les prix plus bas plus tard dans l’année coïncideront avec la période de la récolte principale. En Afrique de l’Ouest, la période où les prix du maïs seront les plus élevés coïncidera avec les récoltes pendant la saison sèche et hors saison dans les zones sahéliennes.

D’après le Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine, la sécurité alimentaire en Afrique orientale et australe (mis à part le sud du Malawi) s’améliore, la production dans les pays sahéliens et ouest-africains devant atteindre des niveaux supérieurs de 13 % au niveau de l’année dernière et de 18 % à la moyenne sur cinq ans. Cette amélioration de la disponibilité alimentaire à l’échelle de la région est favorable à la sécurité alimentaire, même si les prix des denrées alimentaires restent supérieurs aux niveaux moyens.

Ce qui est inquiétant à plus long terme est la prévision de Rabobank selon laquelle « le redressement de la consommation mondiale de maïs empêchera le ratio stocks-utilisation de retrouver ses niveaux moyens à long terme ». Ceci suggère que les pays africains sont susceptibles de rester vulnérables aux aléas climatiques locaux et régionaux et aux chocs de prix mondiaux découlant des développements liés au climat dans les principales zones de production. Ceci donne d’autant plus d’importance au travail entrepris dans le cadre de l’initiative AMIS du G20 conçue pour éviter des réponses exagérées aux conditions de marché en pleine mutation (voir article Agritrade «  Premiers succès pour l’initiative AMIS du G20 et la coordination interna... », 18 février 2013).

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