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Vue d’ensemble de la disponibilité des céréales en Afrique subsaharienne

03 octobre 2014

En juillet 2014, la FAO a indiqué dans son rapport Perspectives de récolte et situation alimentaire que les perspectives pour la production mondiale de céréales s’étaient encore améliorées, pour s’établir à 2 498 millions de tonnes (riz blanchi compris), soit 1 % de moins que le volume record enregistré en 2013. Cela s’explique par une meilleure production aux États-Unis et dans l’UE. Les meilleures perspectives de production ont fait baisser les prix du blé et du maïs. Les prix du blé sont descendus en dessous du niveau de la période correspondante en 2013, tandis que les prix du maïs étaient inférieurs d’un tiers aux niveaux de 2013.

La consommation mondiale de céréales devrait augmenter de 2,1 % (50 millions de tonnes) pour atteindre 2 462 millions de tonnes en 2014/15. L’utilisation des céréales dans la fabrication de produits alimentaires devrait croître de 1,3 % (ou 15 millions de tonnes), tandis que l’utilisation pour l’alimentation animale devrait progresser de 2 % (+ 17 millions de tonnes).

Les niveaux des stocks devraient augmenter de 5 % (+ 28 millions de tonnes) pour s’établir à 604 millions de tonnes en 2014/15, avec un ratio stock-utilisation de 24,3 %, un niveau record sur 12 ans. Les stocks de blé et de maïs devraient augmenter de 10 % et de 3,5 % respectivement.

La FAO a estimé dans le rapport que 26 pays africains « nécessitent une aide alimentaire extérieure par suite de conflits, de mauvaises récoltes ou de la cherté des aliments sur le marché intérieur, ou encore sous l’effet conjugué de plusieurs de ces facteurs ». Deux pays africains ACP sont considérés comme étant confrontés à un « déficit exceptionnel de production/disponibilités alimentaires » ; 11 pays sont confrontés à un « manque d’accès généralisé » à l’alimentation ; et 13 pays feraient face à une grave insécurité alimentaire localisée. Les conflits ou l’insécurité, l’afflux de réfugiés, l’épuisement des actifs de production des ménages, la flambée des prix et la lenteur des processus de reconstruction post-conflictuelle sont autant de facteurs qui contribuent aux déficits alimentaires localisés, généralisés ou exceptionnels.

Disponibilité alimentaire en Afrique subsaharienne

Déficit exceptionnel de production/disponibilités alimentaires
République centrafricaine (lié au conflit) ; Zimbabwe (base de la production minée régulièrement mais reprise en cours)
Manque d’accès généralisé
Burkina Faso (lié aux réfugiés) ; Tchad (lié aux réfugiés) ; Djibouti (pluviosité peu abondante) ; Érythrée (contraintes économiques) ; Guinée (prix élevés) ; Liberia (lente reconstruction post-conflictuelle et réfugiés) ; Malawi (pertes de production localisées) ; Mali (insécurité aggravant la sécurité alimentaire précaire des ménages) ; Mauritanie (réfugiés et prix élevés) ; Niger (épuisement des actifs des ménages après les crises alimentaires et surendettement) ; Sierra Leone (effets prolongés de l’inflation).
Grave insécurité alimentaire localisée
Cameroun (mauvaises conditions climatiques récurrentes) ; République du Congo (contraintes économiques et réfugiés) ; Côte d’Ivoire (reconstruction post-conflictuelle) ; RDC (contraintes économiques et réfugiés) ; Éthiopie (contraintes économiques) ; Lesotho (contraintes économiques) ; Madagascar (mauvaises conditions climatiques localisées et pertes dues aux ravageurs) ; Mozambique (dégâts localisés provoqués par les conditions climatiques) ; Sénégal (déficit de production) ; Somalie (liée au conflit) ; Soudan du Sud (liée au conflit) ; Soudan (liée au conflit) ; Ouganda (pertes localisées dues aux conditions climatiques).

Source : extrait de FAO, juillet 2014 (voir ci-dessous).

Les possibilités pour le commerce intra-régional de combler les déficits alimentaires sont confirmées par le commerce en Afrique de l’Est. La Tanzanie a enregistré une bonne récolte (quelque 5,3 millions de tonnes), générant un excédent important, et des discussions ont été lancées sur la vente possible au Kenya de 208 000 tonnes de maïs provenant de la réserve alimentaire nationale tanzanienne. En juillet 2014, un accord a été conclu pour fournir environ 50 000 tonnes de maïs au Kenya en provenance de la réserve stratégique de la Tanzanie, qui était alors de 244 830 tonnes. Un accord d’approvisionnement de 24 000 tonnes de maïs via le Programme alimentaire mondial (PAM) aux pays connaissant des pénuries alimentaires a également été convenu. (Pour plus de détails, voir article Agritrade «  Le débat se cristallise autour des importations de maïs du Kenya », 4 octobre 2014.) 

Commentaire éditorial

Même lors des bonnes années de production alimentaire mondiale, l’insécurité alimentaire reste un défi dans de nombreux pays ACP africains. Pour régler ce problème de l’insécurité alimentaire, les politiques commerciales ont potentiellement un rôle à jouer en contrant les flambées de prix et les pénuries alimentaires localisées. Elles peuvent également jouer un rôle en soutenant la reconstitution des capacités de production dans des situations post-conflictuelles, et même créer des opportunités de marché pour stopper la destruction des capacités de production locales.

Le défi pour les gouvernements ACP est de concevoir et de mettre en œuvre efficacement les outils qui abordent le problème sous-jacent tout en conciliant les intérêts des producteurs et des consommateurs. Ceci n’est en aucune manière chose aisée, comme l’illustre le débat politique au Zimbabwe.

En 2014, il est prévu que la production de maïs du Zimbabwe augmente de 70 %, passant de 1 million à 1,7 million de tonnes. Certains ont ainsi appelé à ce que des restrictions sur les importations de farine de maïs soient imposées pour équilibrer les marchés locaux du maïs. Toutefois, toute restriction sur les importations de farine de maïs serait susceptible d’aggraver les problèmes d’accès à la farine de maïs chez les ménages, puisqu’elle est susceptible de faire grimper les prix de la farine de maïs.

Il existe certains exemples de cadres institutionnels et réglementaires dans les pays voisins (par ex. la Namibie) qui gèrent de manière régulière ce défi par le biais des mesures de politique commerciale déployées, en régulant les importations jusqu’à ce que les marchés locaux du maïs aient atteint leur équilibre. Les changements intervenus dans la politique zimbabwéenne menacent de perturber le développement des chaînes d’approvisionnement régionales du maïs, en minant les bénéfices potentiels de l’augmentation de 17 % de la production de maïs prévue dans la région d’Afrique australe en 2014, obtenue grâce au « soutien des pouvoirs publics pour améliorer les disponibilités des intrants » et aux « bonnes conditions climatiques », alors que la régulation transparente du commerce de maïs en Namibie minimise les perturbations du commerce et les flambées des prix. Il semblerait donc utile de partager les expériences politiques en la matière dans les pays ACP. 

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