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Le gouvernement tanzanien devrait lancer un conseil de l’horticulture pour protéger les intérêts des producteurs

29 novembre 2014

Selon des articles de presse, le gouvernement de Tanzanie propose la création d’un conseil de l’horticulture afin d’aider les producteurs à défendre leurs propres intérêts, y compris en évitant les prix bas pour leurs produits. Selon Uledi Musa, secrétaire permanent au ministère de l’industrie et du commerce, « les produits horticoles sont des cultures à haute valeur pour lesquelles la demande n’a cessé de croître », mais, à ce jour, peu d’initiatives ont été prises pour protéger les producteurs eux-mêmes parmi les efforts du gouvernement pour promouvoir le secteur. C’est dans ce contexte que la proposition de création d’un conseil de l’horticulture semble importante, pour que l’expansion du secteur soit constante et aidée.  

Le secrétaire permanent a fait valoir qu’un tel conseil pourrait se focaliser sur l’ajout de valeur comme clé de voûte de l’expansion du secteur et du renforcement du fonctionnement des chaînes frigorifiques. Les acteurs du secteur horticole ont accueilli favorablement cette proposition.

L’initiative prise par le gouvernement tanzanien doit être considérée dans le cadre d’un intérêt renouvelé pour l’investissement dans le secteur horticole tanzanien, conséquence des retards dans la finalisation de l’APE CAE-UE, qui pourraient avoir des impacts négatifs sur les exportations du plus gros producteur horticole de la région, le Kenya. 

Commentaire éditorial

La mise en place d’un conseil de l’horticulture en Tanzanie pourrait contribuer au développement du secteur horticole de différentes manières, selon la façon dont il est structuré. Au cours des années passées, les conseils des produits de base les plus efficaces ont rassemblé des associations de producteurs organisées, des ministères, des négociants et des détaillants pour faciliter le développement de chaînes d’approvisionnement plus efficaces.

Tandis que les efforts ont souvent été axés sur l’approvisionnement de marchés internationaux à haute valeur, des initiatives peuvent également aider à développer de façon substantielle les chaînes d’approvisionnement horticole locales. L’initiative de développement de l’horticulture du Conseil agronomique de Namibie, visant à accroître l’approvisionnement du marché national en légumes produits localement, est un bon exemple.

Le système namibien était basé sur une évaluation des produits horticoles pouvant être produits commercialement en Namibie. Il a réuni des producteurs, des négociants et des détaillants pour renforcer la sensibilisation sur la nécessité d’augmenter la production locale, et lancé un dialogue sur les domaines pratiques dans lesquels l’approvisionnement local pouvait être amélioré. En utilisant des systèmes d’information de marché, les détaillants et les négociants ont pu savoir ce qui était disponible, tandis que les producteurs étaient informés sur ce qui était nécessaire, quand et en quelle quantité. Cela a encouragé les acteurs à signer des contrats d’approvisionnement, qui facilitent grandement la mobilisation de financements locaux. Les questions de la qualité et des normes ont ensuite été débattues de façon bilatérale entre producteurs et détaillants.

Dans le même temps, le gouvernement a utilisé des réglementations sur les « produits contrôlés », afin de lier l’émission de permis d’importation à l’atteinte des objectifs d’approvisionnement local. La mise en application transparente et responsable de ce système a permis une hausse, de 5 % à 35 %, de l’approvisionnement local des produits concernés en 10 ans (voir articles Agritrade «  Des programmes de développement de l’horticulture en Namibie et en Tanzanie », 29 août 2009, et «  Des efforts en cours pour consolider les bénéfices de la production hort... », 27 septembre 2010).

L’expérience namibienne pourrait être riche d’ enseignements pour le conseil horticole tanzanien en projet, en particulier du fait des défis croissants auxquels il faut faire face pour répondre à la fois aux exigences sanitaires et phytosanitaires (SPS) de plus en plus strictes de l’UE et aux coûts accrus du placement des produits horticoles sur le marché de l’UE (voir article Agritrade «  Le Royaume-Uni adopte le plein recouvrement des coûts pour les inspectio... », 9 juin 2014). « Marcher sur deux jambes » – en développant parallèlement des marchés d’exportation et des marchés domestiques pour les produits horticoles – pourrait s’avérer plus durable sur le long terme, particulièrement dans la mesure où les processus d’intégration des marchés régionaux s’accélèrent.

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