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American Sugar Refiners signe le retour des exportateurs de sucre de la République dominicaine sur le marché sucrier de l’UE

07 juin 2014

D’après le dernier rapport du département américain de l’agriculture (USDA) sur le secteur sucrier de la République dominicaine (RD), la production de sucre totale pour 2013/14 est estimée à 575 000 tonnes, soit 3,3 % de plus qu’en 2012/13, en raison d’une augmentation prévue de 150 000 tonnes de la production de sucre de canne de Central Romana, qui domine le marché sucrier de la RD. Central Romana est « l’usine de broyage la plus importante et la plus rentable du pays » et elle devrait produire quelque 395 000 tonnes de sucre au cours de la campagne de commercialisation 2013/14, soit environ 69 % de la production nationale, et passer à 410 000 tonnes en 2014/15. Au cours de la même période, le groupe Vicini devrait augmenter sa production de 100 000 tonnes à 132 000 tonnes et Consorcio Azucarero Central de 70 000 tonnes à 88 000 tonnes. La production de la quatrième plus grande sucrerie, Ingenio Porvenir, est en baisse « suite à l’annulation du contrat de location entre les investisseurs privés et le gouvernement ».

Central Romana, la seule entreprise locale capable de produire du sucre raffiné, raffine 44,3 % de sa production.

Durant la campagne de commercialisation 2013, un total de 162 434 tonnes de sucre de canne brut a été exporté, « soit une baisse par rapport aux 209 000 tonnes de 2012 (…) principalement en raison d’un recul de la demande aux États-Unis ». Les exportations de 2013 avaient deux destinations : les États-Unis (56,3 % – 91 434 tonnes) et l’UE (43,7 % – 71 000 tonnes, dont 60 000 tonnes en provenance de Central Romana et 11 000 tonnes de Consorcio Azucarero Central). Parmi les marchés de l’UE desservis, figurent le Royaume-Uni, le Portugal et la Bulgarie. C’était la première fois que la RD exportait du sucre vers l’UE depuis 2009.

Bien que Central Romana jouisse du plus grand contingent tarifaire sur le marché américain des quatre producteurs de la RD (quelque 118 710 tonnes, soit 62,84 % du contingent total américain pour la RD), il n’a exporté que 40 000 tonnes vers les États-Unis en 2013, soit un taux d’utilisation du contingent tarifaire de seulement 33,7 % contre un taux d’utilisation total de la RD de 48,4 %.

Le rapport de l’USDA note que l’industrie sucrière de la RD reconnaît l’importance d’augmenter le taux d’utilisation du contingent tarifaire afin de maintenir la part de la RD dans le contingent tarifaire américain, mais ajoute que les exportateurs devraient « continuer à expédier du sucre vers le marché de l’UE durant la présente campagne de commercialisation, probablement jusqu’à 60-70 000 tonnes », étant donné « la disparité actuelle entre les prix des marchés américain et européen ». Il est prévu que les exportations de sucre de la RD reprennent au cours de la campagne de commercialisation 2014, à 214 000 tonnes.

La consommation de sucre en RD est estimée à 380 000 tonnes, dont 52 % sous la forme de sucre brut. La demande de sucre raffiné augmente cependant, « en raison d’une plus forte demande de sucre raffiné des industries du secteur de la boulangerie et des boissons, du secteur du tourisme et du fait de la croissance démographique ». Les objectifs de croissance du secteur du tourisme visent à augmenter la consommation de sucre local de 40 % d’ici 2024.

La « relation entre les producteurs de canne privés et les broyeurs » est régie par le gouvernement, qui définit les « prix de la canne brute sur la base de la teneur en sucre » et les prix à toutes les étapes de la chaîne d’approvisionnement jusqu’aux consommateurs finaux. INAZUCAR, l’institut dominicain du sucre, joue également un rôle de réglementation en supervisant le marché, notamment en approuvant les permis d’importation et en administrant les contingents tarifaires.

Bien que le gouvernement ait tenté d’établir une politique en matière d’éthanol depuis 2005, peu de progrès ont été accomplis à ce jour, et aucun investissement n’a été consenti dans la production d’éthanol basée sur le sucre. La cogénération pour usage propre a été développée, mais, en l’absence d’un cadre juridique, l’électricité n’a pu être vendue au réseau national.

Les importations de sucre sont sujettes à des licences d’importation et à un droit de douane hors quota de 85 %. Certains quotas d’importation (30 000 tonnes) ont été établis, cependant, sur lesquels sont prélevés « des droits d’importation pour le sucre brut et raffiné de 14 % et 20 %, respectivement, plus une taxe sur la valeur ajoutée de 18 % ». La RD a souvent délivré des licences d’importation pour des volumes dépassant les 30 000 tonnes « afin de couvrir les déficits de la production nationale ».

D’après l’USDA, au titre de [l’accord] CAFTA-DR, le gouvernement s’est engagé à « éliminer progressivement les droits de douane sur le sucre sur une période de 15 ans, en partant d’un taux de base de 85 % ». Le taux est actuellement de 34,05 %, et il devrait atteindre zéro au 1er janvier 2020. 

Commentaire éditorial

Avec des prix moyens à l’importation de sucre de l’UE supérieurs de 16,3 % à 32,5 % aux prix à l’importation des États-Unis entre mars 2013 et mars 2014, la RD a recommencé à exporter du sucre vers le marché de l’UE, avec Central Romana en tête via des ventes à des installations exploitées par sa société sœur Tate & Lyle Sugars (TLS) au Royaume-Uni et au Portugal. Cela a contribué à atténuer les problèmes d’approvisionnement rencontrés par TLS, une situation exacerbée par la décision de Fiji Sugar Corporation de vendre une partie de sa production au principal rival de TLS sur les marchés britannique et ibérique, à savoir Associated British Sugar.

Aussi longtemps que le prix pouvant être obtenu sur le marché sucrier américain ne sera pas supérieur au coût d’approvisionnement en sucre de canne brut de ses installations de raffinage de l’UE à partir de sources alternatives (prix du marché mondial plus le droit réduit à l’importation), Central Romano est susceptible de continuer, voire de développer, ses exportations de sucre de canne brut vers les raffineries de TLS au Royaume-Uni et au Portugal. Cela pourrait contribuer à atténuer les problèmes d’utilisation de capacité qui hantent les opérations d’American Sugar Refiners dans l’UE.

Cependant, si le développement prévu du secteur du tourisme en RD se produit, des marchés alternatifs d’envergure pour la production de sucre raffiné sont susceptibles d’émerger dans les prochaines années. Dans ce contexte, le secteur sucrier de la RD semble bien placé pour gérer les conséquences des étapes finales de la mise en œuvre des réformes du secteur sucrier de l’UE.

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