CTA
Petite police
Polic moyenne
Grande police
English |
Passer à l'anglais
Français
Passer au français
Filtrer par Questions agricoles
Produits de base
Régions
Type de publication
Filtrer par date

Encore de nouveaux investissements dans le secteur du thé en Tanzanie, tandis que le secteur du thé kényan est dérégulé

26 octobre 2013

Selon un communiqué de presse d’entreprise, « Unilever et le gouvernement de Tanzanie se sont entendus pour établir un partenariat ambitieux visant à redynamiser l’industrie tanzanienne du thé ». Un article de presse indique que l’objectif du partenariat est de doubler la production de thé en Tanzanie. Des représentants du gouvernement affirment qu’ « Unilever a aligné sa stratégie d’investissement sur la stratégie de développement de l’industrie du thé de Tanzanie et la transformation du sous-secteur des petits producteurs de thé, prônée par la Tanzania Smallholder Tea Development Agency (TSHTDA) ». On estime que le partenariat pourra « créer 5 000 emplois liées aux plantations de thé Unilever de Mufindi, développer 6 000 hectares de petites plantations de thé », et améliorer les revenus d’environ 30 000 personnes parmi les petits producteurs.

Unilever signale que « le thé produit à Mufindi est exporté vers les usines de mélange de thé d’Unilever partout dans le monde et utilisé dans des marques comme le leader du marché du Royaume-Uni, PG Tips ». La plantation de Mufindi produit actuellement « environ 10 000 tonnes de thé par an ».

Unilever ambitionne de garantir que tous les thés utilisés dans les sachets de thé Lipton seront « issus de plantations certifiées Rainforest Alliance d’ici 2015 », et de s’approvisionner en thé durable à 100 % d’ici 2020, consolidant ainsi un mouvement vers un approvisionnement durable amorcé par l’entreprise en 2007. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre plus large d’une politique d’entreprise d’approvisionnement durable, l’engageant à s’assurer d’un approvisionnement durable pour toutes les matières premières agricoles d’ici 2020, avec des objectifs intérimaires fixés à 10 % en 2010, 30 % en 2012 et 50 % en 2015.

Au Kenya voisin, un amendement à la Loi sur le thé a été proposé qui permettrait aux producteurs de thé de vendre leur thé à « plus d’une entreprise de transformation ». Cela permettra aux entreprises multinationales de rivaliser avec la Kenya Tea Development Agency (KTDA) pour le thé produit. La réforme devrait réduire le rôle des intermédiaires dans le secteur. Selon la KTDA, qui gère « plus de 50 usines pour plus de 600 000 petits producteurs de thé… la libéralisation a été une chance, spécialement durant les périodes de pointe, lorsque les usines ne pouvaient faire face au boom des récoltes ».

Commentaire éditorial

L’initiative d’approvisionnement durable de Unilever en Tanzanie peut être considérée comme une évolution positive, étant donné les préoccupations croissantes des consommateurs pour la durabilité environnementale des produits qu’ils achètent. Cependant, des questions relatives au coût de la certification devront être traitées afin d’assurer que les coûts additionnels pour les producteurs soient maintenus au minimum. Une collaboration similaire au Kenya promouvant la production de thé durable a amélioré de façon significative les méthodes de culture et de transformation, petits producteurs et usines plantant des milliers d’arbres pour répondre aux besoins en bois de chauffage de façon plus écologique.

La dérégulation du secteur du thé kényan doit être observée dans le contexte d’évolutions des prix de 2013. Tandis que les prix des enchères baissaient de 7 % dans les six premiers mois de 2013, les prix globaux des exportations de thé du Kenya ont augmenté de 4,9 %, passant d’un prix moyen de 245 cents US de janvier à juin 2012 à 257 cents de janvier à juin 2013. Cela suggère que les prix sécurisés sous des contrats de long terme ont été plus élevés que les prix obtenus sur les enchères de Mombasa, où sont vendus 30 % du thé du Kenya.

Cependant, comme le démontre l’expérience du secteur du thé kényan, les processus de réforme doivent être gérés avec précaution. Lorsque les producteurs de café ont pu choisir librement leurs transformateurs, plusieurs « guerres du café » ont été déclenchées, des points de vue divergeant apparaissant alors quant aux usines devant être choisies pour la transformation. Cela a conduit à la disparition de certaines sociétés coopératives de café qui avaient auparavant rendu de nombreux services à leurs membres.

À ce jour, la KTDA est plutôt bien parvenue à gérer la production de thé des petits producteurs, leur attribuant chaque année des profits substantiels (cf. article Agritrade «  Les petits producteurs de thé kényans bénéficient de prix plus élevés », 18 novembre 2012). Il existe un risque que les changement réglementaires dérangent un système efficace qui a clairement bénéficié aux petits producteurs. Cependant, la dérégulation pourrait aussi conduire à des améliorations des performances de la KTDA, dans la mesure où celle-ci se bat pour préserver sa part du marché des petits producteurs de thé.

Commenter

Termes et conditions