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Le Ghana envisage de créer une Commission du commerce international

23 avril 2014

Le gouvernement du Ghana a annoncé qu’il envisage « d’établir une Commission du commerce international du Ghana (GITC) » habilitée « à appliquer des mesures contre la piraterie, des mesures anti-dumping et compensatoires ». Le président John Mahama, s’adressant au Parlement, a déclaré que « la mondialisation et la libéralisation commerciale avaient entraîné dans leur sillage un certain nombre de pratiques commerciales déloyales telles que le dumping de produits bon marché par les exportateurs étrangers », et ajouté que la GITC aiderait à éviter ces pratiques. Il a affirmé que le but général de la GITC est de « promouvoir la compétitivité nationale et internationale [du Ghana] ».

Le président a commenté que le gouvernement « s’était engagé à mettre en place une Bourse des produits de base et un Système de récépissés d’entrepôt associé (…) dans le cadre des efforts visant à créer un système de commercialisation ordonné, transparent et efficace pour les principales marchandises agricoles du Ghana [et] à promouvoir l’investissement agricole et améliorer la productivité ».

D’après des informations en ligne, le vice-ministre pour l’alimentation et l’agriculture a déclaré que le gouvernement envisage également d’établir un programme pour relancer le secteur de la volaille, dans le cadre des efforts plus vastes pour promouvoir le développement des produits de l’élevage et réduire la facture des importations.

Un guide des exportateurs vers le Ghana, publié par l’USDA, dresse le contexte de la production agricole et du commerce dans lequel la GITC débutera son travail. Le secteur agricole du Ghana est considéré comme « reposant essentiellement sur une production de subsistance », consistant en 70 % de production agricole, 20 % de bétail, volaille et pêche, et moins de 10 % de sylviculture. L’agriculture emploie pas moins de 60 % de la population. En 2013, la croissance du secteur agricole était plus forte qu’en 2012 (+ 3,4 % contre + 1,3 %), mais elle était toujours inférieure à celle d’autres secteurs (services + 9,2 %, industrie + 9,1 %), la contribution de l’agriculture au PIB ne cessant de décliner (de 22,7 % en 2012 à 21,3 % en 2013).

En revanche, après une forte croissance économique, les importations alimentaires et agricoles totales du Ghana ont augmenté de 25 % en 2013 par rapport à 2012 (passant de 1,2 milliard $US à 1,5 milliard $US), composées essentiellement de « denrées en vrac/intermédiaires et prêtes à la consommation telles que le riz, le blé, le sucre et la volaille ». Parmi les principaux fournisseurs, figure l’UE (35 %), suivie par les pays asiatiques et l’Afrique du Sud.

L’analyse de l’USDA note que « la demande de produits alimentaires prêts à la consommation augmente rapidement au Ghana », en raison d’un essor de la classe moyenne, des taux d’urbanisation élevés et de la croissance démographique. Ces tendances ont conduit à l’ouverture de chaînes de supermarchés, même si celles-ci ne comptent que pour 5 % des ventes de détail, les marchés en plein air traditionnels représentant 65 %.

Vu le manque de matières premières, les mauvaises infrastructures, les coûts élevés de l’énergie et du financement, et la politique de taxation du gouvernement, l’USDA fait état d’un « éventail limité de produits fournis par un secteur agricole et de la transformation alimentaire national sous-développé ». En conséquence, la demande d’importations augmente fortement, et de faibles droits d’importation sont appliqués. D’après l’USDA, le gouvernement « tente de positionner le Ghana en tant que porte d’entrée vers le marché ouest-africain de plus grande dimension (plus de 260 millions de personnes) ».

L’USDA fait observer que le Ghana offre un marché relativement libre, avec un système à quatre bandes tarifaires (0 %, 5 %, 10 % et 20 %), et note également la mise en œuvre imminente de l’APE, qui éliminera les droits de douane sur 80 % des importations de l’UE dans les 15 prochaines années. 

Commentaire éditorial

Compte tenu du taux de croissance relativement lent du secteur agricole du Ghana, de l’importance croissante des importations pour satisfaire la demande urbaine en plein essor, et des efforts pour positionner le Ghana en tant que porte d’entrée vers le marché ouest-africain de plus grande dimension, on ne sait pas encore dans quelle mesure la nouvelle Commission du commerce international du Ghana (GITC) envisagera de faire usage des instruments de politique commerciale agricole pour améliorer les liens entre les producteurs nationaux et les marchés des produits alimentaires en évolution.

Le Nigeria, tout en adoptant une approche plus proactive de l’utilisation des instruments de politique commerciale, a été confronté à des défis sérieux de conception et de mise en œuvre, étant donné la porosité des frontières régionales. Cela conduit à une réforme de la politique commerciale agricole dans certains secteurs (par ex. le riz, le sucre et la viande de volaille), l’accent étant davantage mis sur le travail avec les associations du secteur privé pour concevoir des systèmes qui peuvent fonctionner en pratique.

De toute évidence, le travail de la GITC devra être étroitement articulé avec les politiques nationales de développement agricole et industriel. Cependant, il devra également tenir compte du cadre changeant de la politique commerciale agricole régionale (voir article Agritrade «  La CEDEAO convient d’un tarif extérieur commun avec une protection agric... », 24 février 2014) et des réalités des flux commerciaux intra-régionaux.

Compte tenu des différentes approches adoptées par les États membres de la CEDEAO, un point de départ utile pour le travail de la GITC serait d’examiner l’efficacité des différentes approches adoptées à travers la région en appui à l’amélioration de la « compétitivité nationale et internationale ».

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