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Le lancement des négociations pour un PCI CAE-États-Unis est potentiellement compliqué par d’autres accords commerciaux

30 mars 2014

Les responsables de la CAE et des États-Unis se sont rencontrés en février 2014 pour discuter d’un éventuel Partenariat commercial et d’investissement (PCI) entre la Communauté d’Afrique de l’Est et les États-Unis. Les responsables américains ont réaffirmé l’engagement de l’administration Obama « envers un renouvellement sans heurts de l’AGOA » (la loi African Growth and Opportunity Act). Les responsables ont affirmé que le cadre PCI proposé offrait une « opportunité d’évaluer l’avenir de la relation commerciale et d’investissement entre les États-Unis et l’Afrique d’un point de vue général et holistique », notamment « l’identification d’efforts complémentaires, non axés sur les droits de douane, pour soutenir l’intégration de l’Afrique dans le système commercial mondial ». La discussion a également porté sur des « stratégies visant à augmenter le volume et le nombre de produits exportés des pays partenaires de la CAE vers les États-Unis, ainsi qu’à accroître la présence et la compétitivité des entreprises américaines dans la CAE ».

Il a également été noté que « les régimes commerciaux en pleine mutation de l’Afrique avec d’autres partenaires mondiaux sont également considérés comme faisant partie de l’examen de l’AGOA par les États-Unis ».  Les informations de presse de ces derniers mois indiquent que les lobbyistes agricoles américains redoublent d’efforts pour retirer l’Afrique du Sud de la liste des bénéficiaires de l’AGOA, en raison des restrictions commerciales placées sur les exportations de volaille américaines, restrictions qui ne sont actuellement pas imposées à d’autres exportateurs de viande de volaille vers l’Afrique du Sud (voir article Agritrade «  Le ministre du commerce namibien est pessimiste quant à la conclusion d’... », 17 mars 2014).

D’après David Wolpert, président de l’Association sud-africaine des importateurs et exportateurs de viande (AMIE), certains craignaient que « les politiques protectionnistes de l’Afrique du Sud, telles que l’augmentation des droits d’importation sur la volaille et les règlements restrictifs sur les importations de porc, pourraient donner lieu à des mesures de rétorsion commerciale, portant préjudice à l’économie ». Des informations de presse indiquent que « de grandes associations alimentaires et agricoles aux États-Unis se sont unies pour faire pression contre l’élargissement de la loi AGOA si l’Afrique du Sud et d’autres pays africains continuent d’imposer des mesures « protectionnistes » et « antidumping » contre les exportations américaines ». Le point de vue des associations a été formellement adopté dans une lettre adressée aux membres du Congrès américain et ultérieurement approuvé dans des présentations faites devant la Commission du commerce international des États-Unis. Les associations ont affirmé que les nations qui maintiennent des « barrières aux exportations américaines allant au-delà de celles autorisées dans les accords commerciaux » ne devraient pas bénéficier de l’AGOA, puisque les « producteurs et exportateurs américains sont injustement pénalisés en termes d’exportation et que cela porte préjudice aux emplois américains ». Elles ont fait valoir qu’« un accord de libre-échange réciproque devrait être envisagé » lorsqu’un accord commercial préférentiel réciproque est en place avec l’Union européenne, entre autres.

En juin 2013, le président Obama a affirmé que le « [renouvellement de] l’AGOA doit répondre aux sérieuses préoccupations en matière d’égalité d’accès vers les marchés sud-africains ». 

Commentaire éditorial

L’Afrique du Sud adoptant des mesures restrictives sur les exportations américaines tout en élargissant les préférences tarifaires aux exportations européennes sur les produits concurrents, et au vu des réactions subséquentes des associations commerciales américaines, l’approche adoptée par les États-Unis à l’égard de l’Afrique du Sud pourrait bien avoir de vastes implications pour les relations de commerce États-Unis-Afrique.

Les exportateurs agroalimentaires américains, focalisés sur l’apparente inégalité de la politique commerciale sud-africaine, inscrivent leurs arguments dans le contexte beaucoup plus large de la conclusion, ratification et mise en œuvre imminentes des accords commerciaux entre l’UE et l’Afrique qui sont semblables à l’Accord sur le commerce, le développement et la coopération (ACDC) déjà pleinement en vigueur entre l’UE et l’Afrique du Sud.

Bien que cela n’ait pas d’impact immédiat sur le renouvellement des préférences AGOA non réciproques proposées aux pays africains, à plus long terme, l’existence de ces accords préférentiels est susceptible de mettre la négociation d’accords commerciaux réciproques entre les États-Unis et les pays africains sur la table, lorsque les engagements d’élimination tarifaire réciproques consentis au titre des APE commenceront à être mis en œuvre.

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