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La recherche agricole africaine s’intensifie mais est encore inégale et trop faible

22 mai 2014

Dans son rapport annuel sur la politique alimentaire mondiale, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) note que les dépenses en matière de recherche agricole ont augmenté en termes réels de plus d’un tiers au cours de la période 2000-2011. Mais le gros des dépenses était concentré dans quelques pays et est encore trop faible par rapport à l’importance de l’agriculture en Afrique. Le Nigeria et l’Ouganda représentaient près de la moitié de cette croissance, le Ghana, le Kenya et la Tanzanie contribuant chacun entre 5 % et 9 % du total.

En revanche, sept des 28 pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels des données sont disponibles ont enregistré une baisse des dépenses consacrées à la recherche agricole, et sept autres pays pratiquement aucune augmentation. En 2011, seuls 10 pays ont atteint l’objectif du NEPAD qui veut que l’investissement dans la recherche agricole soit au moins égal à 1 % de la valeur de la production. En réalité, « l’Afrique subsaharienne dans son ensemble a investi 0,51 $ pour chaque 100 $ de production agricole ». Durant les dix années écoulées depuis l’adoption du Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA), « l’Afrique dans son ensemble n’a pas satisfait aux objectifs du PDDAA d’augmenter les dépenses agricoles annuelles d’au moins 6 pour cent et d’engager au moins 10 pour cent des budgets nationaux pour le développement agricole ». Cela signifie que la dépendance croissante à l’égard des importations alimentaires est peu susceptible d’être renversée.

Deux rapports ont été publiés par le Club Déméter : un sur les marchés céréaliers ouest-africains et le problème de la dépendance à l’égard des importations, et le second sur le maïs en Afrique orientale et australe. Le premier pointe la dépendance croissante à l’égard des importations, due à un déclin de la production nationale, afin de satisfaire une demande croissante, tandis qu’en Afrique orientale et australe (à l’exception de l’Afrique du Sud) les rendements moyens du maïs ne sont que de 1,5 tonne par hectare, affirme le second rapport. Tant cette analyse sur le marché du maïs que le rapport de l’IFPRI soulignent l’importance de l’Afrique du Sud en tant que principal contributeur à la production africaine. Les prévisions de l’USDA pour 2014/15 anticipent que la production de maïs d’Afrique du Sud dépassera les 12 millions de tonnes aussi bien en 2013/14 qu’en 2014/15.  Mais la tendance à la baisse des surfaces plantées en blé se poursuivra, de sorte que les importations de blé du pays devraient atteindre environ 1,7 million de tonnes.

Le rapport de l’IFPRI note que l’investissement dans la recherche prend généralement du temps pour générer des bénéfices plus élevés, par conséquent, même si les dépenses devaient se rapprocher des niveaux du PDDAA et du NEPAD, plusieurs pays dans la région resteraient dépendants des importations pour une part importante de leur approvisionnement alimentaire.

Cependant, il convient de garder à l’esprit que c’est la qualité de la recherche qui compte. L’IFPRI affirme que le pool de chercheurs vieillit rapidement dans certains pays du fait des restrictions imposées au recrutement dans le secteur public. « Comme plusieurs chercheurs expérimentés approchent de l’âge de la retraite, des chercheurs de niveau moyen pouvant occuper des postes à responsabilité et parrainer les jeunes chercheurs font souvent défaut. » Dans une certaine mesure, ces contraintes peuvent être surmontées en développant la recherche du secteur privé. Celle-ci se développe rapidement en Afrique, partant d’une base plutôt modeste, et principalement en Afrique du Sud. L’IFPRI prévoit qu’à l’avenir la recherche du secteur privé croîtra plus vite que la recherche du secteur public. 

Commentaire éditorial

Le problème fondamental sous-tendant bon nombre des obstacles à l’intégration régionale africaine et la dépendance croissante à l’égard des importations alimentaires est l’échec de la production agricole nationale à suivre la demande. Sur les 10 pays mentionnés dans le rapport de l’IFPRI comme ayant les pires indices de la faim dans le monde, huit sont en Afrique. Bien qu’il soit politiquement difficile pour les gouvernements de pays ayant des récoltes relativement meilleures d’autoriser l’exportation d’une partie de la production nationale, les restrictions imposées au commerce avec les pays voisins compromettent la réalisation des objectifs d’intégration régionale. Les préoccupations concernant la sécurité des approvisionnements régionaux, en revanche, augmentent la probabilité que les pays les plus vulnérables considèrent le commerce extra-régional comme une source d’approvisionnement plus sûre lors des mauvaises années.

Ces tensions ont été modérées, car ces dernières années l’approvisionnement alimentaire mondial était plus en phase avec la demande. L’IFPRI relaie la constatation de la FAO selon laquelle le prix moyen des denrées alimentaires en 2013 était à son niveau le plus bas de ces trois dernières années et que les prix étaient relativement stables. Cependant, il se peut que ce soit le calme avant la tempête puisqu’un autre déficit d’approvisionnement alimentaire semble se dessiner, la question étant davantage de savoir quand il se produira plutôt que s’il se produira réellement. Les éléments disponibles à ce jour sur la recherche agricole en Afrique suggèrent que des investissements plus conséquents seront nécessaires si l’Afrique veut être mieux placée pour affronter la prochaine flambée des prix.

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