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Fixation de nouvelles limites maximales de cadmium dans les denrées alimentaires

20 juillet 2014

En mai 2014, la CE « a adopté de nouvelles mesures pour réduire les limites maximales d’exposition des consommateurs au cadmium dans les aliments tels que le chocolat et les préparations pour nourrissons ». Cela faisait suite à l’avis émis par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui recommandait que l’exposition actuelle soit réduite. Un article publié sur le site web Bakeryandsnacks.com a noté que « les nouvelles limites maximales d’exposition pour (…) les produits à base de cacao, y compris le chocolat, entreront en vigueur en (…) 2019 », en accordant une période de transition permettant aux producteurs de s’ajuster. Il observe que « trois limites maximales ont été définies pour le chocolat », avec des normes plus strictes pour les produits consommés par les enfants et pour les poudres de cacao destinées à une consommation directe.

D’après l’EFSA, les principaux groupes d’aliments contribuant à l’exposition au cadmium sont « les céréales et produits à base de céréales, les légumes, les noix et légumineuses, les racines amylacées ou les pommes de terre, et la viande et les produits à base de viande », essentiellement parce que ces produits sont consommés en quantités élevées. Cependant, les concentrations les plus élevées de cadmium ont été détectées dans « les algues, le poisson et les crustacés, le chocolat et les aliments diététiques, ainsi que dans les champignons, les oléagineux et les abats comestibles ».

L’EFSA a appelé à ce que « les efforts visant à réduire les niveaux d’exposition » soient concentrés sur les « groupes d’aliments où l’exposition est la plus élevée ou sur les groupes d’aliments où les consommateurs sont plus vulnérables ». C’est dans ce contexte que « des limites maximales d’exposition dans une série de produits pour nourrissons et de produits à base de cacao » ont été établies.

Le rapport de l’EFSA a noté que le « Comité mixte FAO/OMS d’experts sur les additifs alimentaires a établi une dose mensuelle tolérable provisoire de 25 µg/kg de poids corporel, tandis que le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire a déterminé une dose hebdomadaire tolérable de 2,5 µg/kg de poids corporel pour garantir une protection suffisante de tous les consommateurs », soit un niveau inférieur de près de 40 % au niveau de tolérance approuvé par la FAO/OMS.

Dans l’ensemble, « le groupe scientifique de l’EFSA a conclu que, bien que des effets indésirables soient peu probables chez un individu soumis à l’exposition alimentaire actuelle, il est néanmoins nécessaire de réduire l’exposition au cadmium au sein de la population en raison de la faible marge de sécurité ».

D’après Massandjé Toure-Litse, directeur général du Conseil café-cacao de la Côte d'Ivoire, il n’y a pas de problèmes de contamination au cadmium en Côte d'Ivoire, puisqu’il s’agit « essentiellement d’un problème rencontré par les pays producteurs en Amérique latine, principalement l’Équateur ».

À l’occasion de la 70e réunion du Sous-comité ACP-UE sur la coopération commerciale qui s’est tenue le 23 avril 2013, le représentant de Saint-Kitts-et-Nevis s’est dit préoccupé par le fait « que la législation européenne proposée peut empêcher les exportateurs locaux de progresser dans la chaîne de valeur ». Lors de la même réunion, les représentants jamaïcains, tout en se disant satisfaits que les limites maximales de cadmium s’appliquent aux produits finis et non aux fèves de cacao, ont réclamé une « période de transition appropriée ». 

Commentaire éditorial

L’échéance de 2019 pour les nouvelles limites sur le cadmium laisse penser qu’une période de transition appropriée a été intégrée au nouveau règlement. Toutefois, bien que certains aient réclamé des études plus approfondies pour réconcilier les positions divergentes de l’EFSA et du Comité mixte FAO/OMS d’experts sur les additifs alimentaires (JECFA) à propos des doses tolérables, il convient de garder à l’esprit que, lorsqu’un consensus est rallié au sein de l’UE, toute modification ultérieure est peu probable. Les exportateurs ACP affectés devront par conséquent commencer à se préparer à ces nouvelles limites maintenant.

Le fait que la question des limites pour le cadmium dans le cacao soit liée à la nature des sols dans lesquels la production est réalisée (la production étant ici essentiellement limitée aux sols volcaniques) suggère qu’il est nécessaire de différencier les exigences de test et de certification pour les concentrations de cadmium en fonction de la zone de production et du type de sol. Cela éviterait d’imposer des coûts d’inspection et de certification inutiles aux zones de production ACP qui représentent près de 90 % des importations de cacao vers l’UE et qui présentent peu de risque de contamination au cadmium.

L’Organisation internationale du cacao aide les pays producteurs des Caraïbes (Grenade, Sainte- Lucie, Trinité-et-Tobago et Jamaïque) et du Pacifique (Papouasie-Nouvelle-Guinée) à gérer le problème du cadmium, et plusieurs études approfondies doivent encore être réalisées. Il est important que les autorités de l’UE tiennent compte des résultats de ces études pour établir des exigences spécifiques en matière d’inspection et de test par pays exportateur ACP.

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