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Perspectives de coopération intra-ACP future dans le secteur agroalimentaire

05 avril 2014

L’ECDPM a publié un document sur les perspectives d’approfondissement de la coopération intra-ACP en appui à la transformation du secteur agroalimentaire dans les pays ACP. Malgré la multiplicité des régimes commerciaux au titre desquels les pays ACP commercent avec l’UE, le document souligne une série de domaines dans lesquels les pays ACP conservent un intérêt commun pour une action collective. Cet intérêt commun des gouvernements ACP consiste à transformer la base de l’intégration des secteurs agroalimentaires ACP dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, de façon à améliorer le développement structurel de leurs économies.

Les domaines dans lesquels des actions ACP collectives à valeur ajoutée sont jugées viables sont notamment les suivants :

  • établir des mécanismes institutionnalisés et efficaces de dialogue sur la conception et la mise en œuvre de normes SPS et de sécurité des aliments, en vue de minimiser les effets adverses sur les exportations du secteur agroalimentaire ACP vers l’UE ;
  • minimiser les coûts pour les exportateurs ACP de la nouvelle approche proposée par la CE du financement des contrôles de l’alimentation humaine et animale ;
  • relever le défi politique lié au nombre croissant de normes privées applicables aux exportations du secteur agroalimentaire ACP – plus particulièrement, garantir que des codes de conduite soient élaborés pour le développement de normes privées tenant compte des implications financières et sociales pour les producteurs ACP ;
  • relever le défi posé par les décisions visant à relier les exigences des processus de production à l’accès au marché, essentiellement dans le secteur de la pêche, mais avec une couverture potentiellement élargie ;
  • agir collectivement pour conserver une marge de manœuvre politique pour le développement du secteur agroalimentaire, en particulier en ce qui concerne l’utilisation des instruments traditionnels de politique commerciale agricole en appui aux programmes de développement sectoriel ;
  • partager les expériences dans l’élaboration et l’application de nouveaux cadres politiques pour le développement du secteur agroalimentaire à l’heure de la volatilité mondiale des prix ;
  • offrir un soutien à la diversification des exportations, en développant un programme ACP commun pour obtenir l’approbation SPS, afin d’accéder aux principaux marchés émergents ;
  • développer des programmes spécifiques à un secteur pour aider les exportateurs ACP à percer sur les marchés non traditionnels dynamiques (par ex. la Chine) ;
  • partager les expériences sur la manière dont le développement des exportations vers les marchés non traditionnels peut être utilisé pour soutenir la transformation structurelle de la base de l’engagement des secteurs agroalimentaires ACP dans les chaînes d’approvisionnement mondiales ;
  • explorer les possibilités de mener des actions ACP plus efficaces en direction de l’OMC pour aborder des questions d’intérêt commun pour les pays ACP.

Le document fait référence aux dimensions institutionnelles des défis rencontrés, et à la nécessité de consolider la capacité institutionnelle pour une action à valeur ajoutée efficace au niveau ACP. Il se clôt par 18 recommandations spécifiques d’actions possibles pour aborder les problèmes d’intérêt commun dans le développement du secteur agroalimentaire ACP.

Commentaire éditorial

Compte tenu des contraintes rencontrées dans le cadre d’une action solitaire, il est clairement intéressant d’aborder les problèmes du secteur agroalimentaire soulevés dans l’analyse de l’ECDPM de manière collective. Mais la question est de savoir si le Groupe ACP constitue un vecteur approprié pour une action collective.

Cela dépendra fortement de la manière dont le rôle des pays ACP sera défini pour mener cette action collective. Bon nombre de ces problèmes ont des facettes multiples, exigeant une action au niveau du secteur privé, au niveau du gouvernement national, au niveau régional, multilatéral et, pour certains aspects spécifiques, au niveau ACP, où une véritable valeur ajoutée peut être obtenue.

Cela exige cependant une définition minutieuse du champ d’action au niveau ACP, et la mobilisation de l’expertise technique et organisationnelle requise afin de fournir une coordination technique et politique pour que les initiatives ACP abordent des questions communes.

Sont également nécessaires des engagements politiques fermes des dirigeants ACP pour poursuivre l’action, recentrée il est vrai, en tant que groupe. Les dirigeants nationaux ACP disposent d’un certain nombre d’options pour aborder ces questions – depuis les contacts bilatéraux et les initiatives régionales jusqu’aux nombreuses institutions multilatérales et même les alliances adhoc, spécifiques à une question (par ex. une politique de l’UE plus stricte sur le contrôle de la maladie des taches noires des agrumes) – tout en étant dans le même temps confrontés à des défis de capacité technique et administrative bien réels pour aborder les problèmes liés au commerce agricole. La raison justifiant l’inclusion de l’action au niveau du Groupe ACP dans ces options pour aborder de nouvelles questions substantielles n’est nullement évidente en soi.

Beaucoup dépendra de la preuve qui sera faite que les capacités techniques pour aborder des aspects spécifiques de ces questions peuvent être établies de manière plus rentable au niveau ACP, et qu’une telle action peut compléter – et surtout améliorer – les actions nationales, régionales, multilatérales et ad hoc visant à répondre à ces préoccupations communes. 

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