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L’UE et le Mozambique ouvrent des négociations sur le renouvellement du protocole à l’accord de partenariat de pêche durable

23 septembre 2014

L’UE et le Mozambique se sont rencontrés à Maputo pour lancer des négociations sur le renouvellement du protocole à l’APPD qui expire le 31 janvier 2015. Le protocole actuel, qui est pleinement entré en vigueur le 13 juin 2012, prévoit un accès à la zone de pêche mozambicaine pour 43 senneurs et 32 chalutiers de surface européens. Il a été convenu que le prochain cycle de négociations se tiendrait à Bruxelles en septembre 2014.

Au même moment, le ministre de la pêche du Mozambique a annoncé que l’entreprise mozambicaine de pêche au thon Empresa Moçambicana de Atum (Ematum) devrait commencer à opérer avant la fin de 2014, après l’arrivée des cinq premiers navires de pêche commandés en France – livraison prévue pour septembre – et qui devraient capturer 1 500 tonnes de thon par an. D’après le quotidien mozambicain Notícias, l’entreprise Ematum, qui est détenue à 67 % par l’État et à 33 % par des investisseurs privés, ne sera pleinement opérationnelle qu’en 2015, après l’arrivée prévue de 16 autres navires de pêche.

Ceci fait partie du Plan stratégique du Mozambique pour le développement de la pêche au thon visant à accroître ses bénéfices pour le Mozambique. Un représentant du ministère de la pêche du Mozambique a souligné que « sur les 60 millions de dollars générés par la pêche au thon, à peine un million reste au Mozambique ». La pêche au thon au Mozambique est actuellement assurée par plus de 100 navires de pêche, dont la majorité est d’origine étrangère, notamment du Japon et d’Europe ; l’on ne dénombre qu’un seul thonier mozambicain.

Dans le cadre des efforts visant à assurer que la pêche au thon soit principalement effectuée par des opérateurs mozambicains, le ministre de la pêche a déclaré qu’un total de 15 projets de pêche au thon avaient récemment été présentés par des investisseurs potentiels mozambicains et étrangers de pays tels que l’Indonésie, la Chine, la Corée du Sud et le Portugal, comprenant également des usines de transformation. Ces projetscontribueront à la création d’emplois, en aidant à réduire la pauvreté dans certaines régions côtières, telles que la région de Nampula. D’autres investissements dans le secteur de la pêche de la région, estimés à environ 10 millions de dollars ont été consentis par des entreprises de Chine et du Portugal pour capturer la crevette, le homard et le mérou, pour exportation. 

Commentaire éditorial

Les relations de pêche entre l’UE et les opérateurs des États membres de l’UE et le Mozambique vont bien au-delà de l’accès des navires thoniers européens aux eaux mozambicaines, qui constitue la base de la négociation du nouveau protocole d’APPD. Plus particulièrement, des entreprises privées européennes sont impliquées dans des projets d’investissement pour le thon, mais aussi pour d’autres ressources (crevettes, homards, mérous) qui seront exportées vers les marchés internationaux, y compris, plus que probablement, les marchés de l’UE. Étant donné que la protection des investissements privés européens dans les pays tiers est, depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, une compétence de l’UE, l’on peut se demander si l’UE n’a pas un rôle à jouer en veillant à ce que ces investissements dans les pêcheries ACP soient protégés. Elle pourrait ainsi veiller à ce que ces investissements soient compatibles avec l’exploitation durable des pêcheries. L’on pourrait faire valoir que le soutien sectoriel fourni dans le cadre des APPD – et de plus en plus souvent complété par des actions entreprises en vertu du FED (Fonds européen de développement) – axé sur l’amélioration des capacités du pays partenaire pour développer des pêcheries durables (par ex. la recherche, le suivi, le contrôle et la surveillance, le soutien au secteur artisanal, la conformité aux règlements sanitaires et phytosanitaires) peut contribuer à fournir au pays partenaire les outils dont il a besoin pour assurer que ces investissements privés produisent effectivement des bénéfices sociaux et économiques à long terme.  

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