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Développements dans les relations de pêche Ghana–UE

07 octobre 2014

En visitant la Fisheries Enforcement Unit à Tema au mois d’août, le ministre ghanéen de la pêche et de l’aquaculture a affirmé que « l’industrie de la pêche, si elle est soigneusement exploitée, peut contribuer de manière significative à la génération de revenus au Ghana ». À cette fin, le Ghana doit relever une série de défis.

Tout d’abord, comme souligné par le ministre, le pays a la possibilité d’élargir ses marchés internationaux pour son poisson, à condition que les règlements sur la pêche illicite « soient appliqués rapidement ». Le directeur de la formation navale du Ghana a déclaré à des journalistes que dans le cadre de l’application de la loi, des dispositifs de localisation ont maintenant été installés sur tous les thoniers et chalutiers – et qu’il est désormais illégal pour un navire d’aller pêcher sans ce dispositif.

La lutte contre la pêche illicite est capitale dans le cadre des relations commerciales de pêche avec l’UE. En novembre 2013, l’UE levait un « carton jaune » contre le Ghana parce qu’il ne prenait pas suffisamment de mesures pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), et elle lui a accordé 6 mois pour remédier à toutes ces insuffisances : si un « carton rouge » devait être attribué, l’interdiction d’importation de poisson ferait partie des sanctions. Le 27 juin 2014, la CE a accordé au pays 6 mois supplémentaires pour améliorer la situation parce qu’elle a jugé que « des progrès concrets étaient réalisés en termes de satisfaction de leurs obligations ».

Ceci intervient dans le contexte de la finalisation de l’accord de partenariat économique (APE) intérimaire en Afrique de l’Ouest en juillet 2014. Sur ce sujet, la publication Fish Trade and Industry News du Forum Fisheries Agency’s (FFA) des îles du Pacifique rapporte que le Ghana, un grand producteur de thon en conserve, avait fourni « une moyenne annuelle de 4,6 % des importations totales de l’UE au cours de la période de 2009 à 2013 (y compris le commerce intra-UE) ». Le FFA souligne également que l’APE intérimaire donnera « un coup de fouet à une entreprise conjointe de conserverie de thon au Ghana impliquant le géant de la vente de thon taïwanais FCF et la société coréenne verticalement intégrée Silla. L’usine devrait transformer environ 20 000 tonnes métriques par an de thon en conserve, dont 25 pour cent seront capturés par des thoniers canneurs ».

Ben Czapnik, pour la newsletter Passerelles de l’ICTSD, a également déclaré concernant l’APE intérimaire qu’« en dépit de l’importance du marché régional pour les produits transformés du Ghana, ce pays serait peu susceptible d’envisager sérieusement un résultat quelconque qui entraînerait une perte d’accès à l’Europe pour des produits de base importants » – y compris le thon.

Par ailleurs, le ministre ghanéen de la pêche et de l’aquaculture a également annoncé que toutes les importations de tilapia devraient être interdites, avec effet immédiat, « pour aider à créer un marché pour les pêcheurs locaux de poisson et encourager une production plus importante ». Plus de 90 % de la demande annuelle de poisson du Ghana (880 000 tonnes) sont couverts par les importations, pour un coût de 2 milliards de dollars par an. Cependant, Ventures Africa a déclaré que le syndicat des travailleurs agricoles du Ghana (GAWU) relaie les craintes ghanéennes concernant l’absence d’un accord alternatif pour satisfaire aux besoins de consommation en cas de pénurie massive de l’offre qui sera créée par l’interdiction.

Commentaire éditorial

À l’instar de nombreux pays ACP, les secteurs de la pêche et de l’aquaculture sont des secteurs cruciaux pour la sécurité alimentaire, les recettes d’exportation et les emplois du pays. Au Ghana, la transformation du thon (thon en conserve /longes de thon) pour exportation vers l’UE est d’abord et avant tout une source majeure d’emplois qui exigent peu de qualifications. Ces exportations vers l’UE ne sont pas uniquement dépendantes de l’accès en franchise de droits actuel mais du respect d’autres exigences, notamment celles découlant de la réglementation INN de l’UE. Les efforts entrepris par le Ghana pour relever les défis en matière de pêche INN sont les bienvenus et opportuns car, dans le cadre de la mise en œuvre de la réglementation INN, la décision de l’UE d’interdire ou non les importations de poisson pourrait être prise à la fin de l’année, sur la base de l’évaluation des changements introduits à la législation et aux pratiques ghanéennes. Toutefois, afin de maximiser la création d’emplois dans le secteur, la décision récente d’interdire les importations de tilapia pour promouvoir la pisciculture locale est tout aussi importante. Une décision récente similaire a été prise au Nigeria à l’égard des importations de petits pélagiques (qui forment également une part significative des importations de poisson du Ghana). 

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