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Développements récents dans le marché européen du thon en conserve

06 septembre 2014

Deux publications récentes, à savoir le rapport Globefish de la FFA et le Trade and Industry News, dans son article spécial sur la conférence sur le thon Infofish de 2014, offrent un aperçu des développements intervenus dans le marché européen du thon en conserve, qui s’est développé en 2013 grâce à la hausse de la demande. De nouveaux produits du poisson plus adaptés, ainsi que certains poissons provenant de sources durables, ont été activement promus par les distributeurs européens. Par exemple, l’engagement des principaux distributeurs européens à n’utiliser que du thon capturé par des canneurs et non par des dispositifs de concentration des poissons – et donc produits plus durablement – a engendré une augmentation de la demande.

La demande de thon en conserve dans tous les grands marchés de l’UE a augmenté en 2013, notamment les importations françaises en provenance des Seychelles (+13 %), les importations allemandes en provenance d’Équateur (+53 %) et les importations britanniques en provenance de Thaïlande (53,8 %). La demande européenne a été satisfaite par la production de thon en conserve de l’UE (environ 166 000 tonnes), ainsi que les importations (534 564 tonnes). L’Espagne reste le plus gros producteur européen de thon en conserve (68 %), suivi par l’Italie (20 %). Le thon ayant subi une transformation primaire, importé pour mise en conserve, a également pris une place plus importante dans les pays européens où l'activité de transformation du thon est présente de manière traditionnelle, tels que l’Italie ou l’Espagne ; la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a vendu près de 32 % de plus de longes de thon précuites vers l’Espagne en 2013 qu’en 2012. Toutefois, l’Équateur reste le plus gros exportateur vers l’UE, avec environ 88 000 tonnes.

Le principal partenaire européen pour le secteur de la transformation du thon équatorien est l’Espagne. Après une réunion avec l’ambassadeur équatorien en juin, le Secrétaire général de l’association espagnole des importateurs et conserveries a souligné que les investissements consentis dans le secteur du thon galicien génèraient plus de 5 000 emplois en Équateur. Mais la situation pour le commerce du thon entre l’UE et l’Équateur n’est pas claire. Le Système de préférences généralisées (SPG+) doit normalement prendre fin en décembre 2014, et les négociations pour un accord de libre-échange (ALE) UE-Équateur viennent à peine de s’achever. Un article dans l’accord mentionne que « les modalités commerciales négociées entre les deux parties entreront en vigueur lors du deuxième semestre de 2016 ». Si aucune solution n’est trouvée entre-temps, il est possible qu’il y ait une période pendant laquelle  les droits d’importation de l’UE sur le poisson équatorien vont augmenter.

Les exportations thaïlandaises vers les principaux marchés en Europe ont également augmenté, notamment vers le Royaume-Uni (+140,8 %), la France (+43,7 %) et les Pays-Bas (+42,6 %), malgré la suspension des négociations sur l’ALE UE-Thaïlande en raison de la situation politique.

D’autres grands fournisseurs de l’UE – les Philippines et la PNG – ont reçu un avertissement en juin dernier parce qu’elles ne prenaient pas suffisamment de mesures pour combattre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Toutes deux risquent d’être identifiées comme des « pays non-coopératifs » dans la lutte contre la pêche INN. Ceci intervient à un moment où les Philippines espèrent bénéficier du système SPG+, qui permettrait au pays d’exporter son thon en franchise de droits. À moins que des mesures soient prises pour rectifier la situation dans les 6 prochains mois, les exportations de poisson des deux pays pourraient se heurter à une interdiction d’importation imposée par l’UE. 

Commentaire éditorial

Le poisson provenant de sources durables – en particulier les produits portant un label écologique – est de plus en plus demandé par les distributeurs européens. À l’inverse, le règlement de l’UE en matière de pêche INN est devenu une exigence clé qui se doit d’être respectée par les pays et producteurs ACP. Dans le cadre de la politique commune de pêche (PCP) réformée, des exigences supplémentaires seront bientôt appliquées pour l’étiquetage du poisson, rendant obligatoire la mention de la « méthode de capture » des espèces sauvages. Le respect de cet ensemble d’exigences de plus en plus complexes exige des investissements conséquents par les gouvernements ACP et les producteurs de poissons pour garantir la légalité et la durabilité des pratiques de pêche, ainsi que la traçabilité « du filet à l’assiette ». Dans ce contexte, il parait nécessaire de trouver des moyens de rationaliser les exigences en matière de traçabilité – tel que requis par la réglementation sur la pêche INN, sur les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) et la nouvelle réglementation en matière d’étiquetage. Idéalement, un document unique devrait contenir toutes les informations nécessaires attestant que le produit provient d’un navire/établissement agréé, qu’il a été capturé légalement, et précisant l’engin de pêche. Il convient également de noter que les produits de l’aquaculture ne sont pas couverts par la réglementation de l’UE en matière de pêche INN ni par la nouvelle exigence en matière d’étiquetage des engins de pêche.

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