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Secteur des produits laitiers
Structures changeantes du commerce mondial du lait
La dernière mise à jour de la CE sur les développements intervenus dans les marchés internationaux des denrées agricoles de base (reflétant les prix d’octobre 2009) fait état d’une reprise des prix laitiers. Des augmentations de prix ont été constatées entre septembre et octobre pour le beurre (18,5 %), le fromage (9,4 %), le lait écrémé en poudre (10,4 %) et le lait entier en poudre (6,5 %). Cependant, ces prix demeurent 34,4 %, 41,6 %, 49,8 % et 42,4 %, respectivement, en deçà des niveaux record atteints lors de la flambée des prix de 2007. Ce renforcement des prix laitiers semblerait être le résultat « des effets combinés d’un renforcement de la demande et d’un resserrement de l’offre en Océanie » et d’une hausse de la demande au Moyen-Orient, en Afrique du nord et en Asie du Sud-est. Cependant, la faiblesse du dollar semble également avoir contribué à ces hausses des prix.
Part en pourcentage des exportations laitières (volume)
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UE
%
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Nouvelle-Zélande
%
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Australie
%
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Brésil
%
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Argentine
%
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Lait entier en poudre
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- 2008
|
25,0
|
31,9
|
7,1
|
4,2
|
5,3
|
|
- données préliminaires pour 2009
|
20,3
|
34,9
|
8,7
|
6,4
|
6,0
|
|
- prévisions pour 2010
|
17,0
|
32,2
|
7,0
|
6,3
|
5,9
|
|
Lait écrémé en poudre
|
|
|
|
États-Unis
|
|
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- 2008
|
14,8
|
20,7
|
9,8
|
31,7
|
|
|
- données préliminaires pour 2009
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15,4
|
28,6
|
14,7
|
18,2
|
|
|
- prévisions pour 2010
|
15,4
|
29,1
|
13,6
|
18,1
|
|
|
Beurre
|
|
|
|
Biélorussie
|
|
|
- 2008
|
18,9
|
41,0
|
6,1
|
7,8
|
|
|
- données préliminaires pour 2009
|
18,2
|
46,3
|
7,5
|
8,4
|
|
|
- prévisions pour 2010
|
18,7
|
44,5
|
8,2
|
8,7
|
|
|
Fromage
|
|
|
|
|
|
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- 2008
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30,9
|
16,4
|
11,5
|
5,7
|
|
|
- données préliminaires pour 2009
|
31,1
|
16,8
|
9,0
|
6,0
|
|
|
- prévisions pour 2010
|
29,8
|
17,4
|
11,1
|
5,8
|
|
Depuis 2007, les prix laitiers affichent une volatilité croissante. Les prix ont fortement augmenté en octobre et en novembre, bien que les raisons expliquant ces fortes hausses des prix ne soient pas claires, surtout au vu des stocks détenus par les États-Unis et l’UE (alors que le faible prix sur les marchés mondiaux et intérieurs a encouragé la vente des stocks d’intervention, l’UE détenant actuellement des stocks de 268 000 tonnes de lait écrémé en poudre et de 150 000 tonnes de beurre). Ces stocks pourraient miner la reprise des prix mondiaux s’ils étaient mis sur le marché. La CE a cependant jusqu’à présent résisté à la pression de vendre des produits des stocks d’intervention, et ne prévoit pas de telles ventes à court terme. Cependant, si les stocks de beurre de l’UE étaient mis en vente en 2010, cela contribuerait à une hausse de 7 % du commerce du beurre. Si aucune vente n’est effectuée à partir des stocks d’intervention, les exportations de l’UE diminueront vraisemblablement de 12 % en 2009 et de 4 % supplémentaires en 2010.
La croissance de la production laitière devrait ralentir en Afrique, les sécheresses affectant la qualité des pâturages et des rendements laitiers. Néanmoins, en 2010, la production laitière africaine devrait augmenter de 2 %. Le resserrement de l’offre dans l’est de l’Afrique encourage les fermiers à investir dans le développement des pâturages. Cependant, les craintes relatives aux effets de « El Niño » devraient avoir un impact négatif sur la production laitière en Afrique australe.
Source d’information
FAO, Food Outlook, Global market analysis of milk and milk products, décembre 2009
http://www.fao.org/docrep/012/ak341e/ak341e10.htm
CE, File note, doc. ref D(2009) agri.l.5 373468, 20 novembre 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/commodityprices/112009...
Agritrade News Update - January 2010
Reprise du marché laitier européen
Au début du mois de décembre 2009, les États membres de l’UE sont parvenus à un accord sur la distribution d’une aide supplémentaire aux producteurs laitiers européens, basée sur la production sous quota pour la période 2008/09. Quelques 318 millions d’euros de nouvelles interventions pour la restructuration du secteur laitier ont à présent été acceptés dans le cadre du « bilan de santé de la PAC », avec des mesures mettant l’accent sur le financement de la modernisation des exploitations et sur le bien-être des animaux.
Pendant ce temps, les prix laitiers de l’UE ont continué à se renforcer, mettant un terme aux achats à l’intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre. En effet, l’augmentation des prix du beurre a été telle que l’association laitière européenne Eucolait a demandé à la CE de commencer à vendre du beurre des stocks d’intervention. La CE n’a pas répondu favorablement à cet appel, mais a mis un terme à toutes les restitutions à l’exportation pour les produits laitiers, à l’exception du beurre pour lequel les restitutions ont été réduites de €65/100 kg à €14,50/100 kg.
Source d’information
CE, Agriculture and Rural Development Directorate-General, 4 décembre 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/en/373.htm
Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse, IP/09/1813, 24 novembre 2009
En français :
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1813&f...
TheDairySite.com, 25 novembre 2009
http://www.thedairysite.com/news/29108/eu-halts-export-subsidies
Agritrade News Update - January 2010
Perspectives des agriculteurs sur l’avenir du secteur laitier de l’UE
Le 10 novembre 2009, des leaders agricoles ont donné leurs points de vue sur l’avenir du secteur laitier de l’UE au groupe d'experts de haut niveau de la CE sur le lait. Une importante attention a été accordée au renforcement de la position de négociation des producteurs laitiers dans la chaîne d’approvisionnement en promouvant une concentration de l’offre par le biais de coopératives et d’associations de producteurs. Padraig Walshe, président du COPA, a souligné que les agriculteurs « aimeraient que l’Organisation du marché commun unique puisse permettre aux producteurs de davantage se rassembler, pour que les principaux acteurs du secteur s’organisent et signent même des accords transparents entre eux ». « Des relations contractuelles équilibrées correctement négociées entre producteurs laitiers et entreprises laitières » sont considérées comme essentielles pour gérer la « volatilité croissante du marché ». Ce point a été renforcé par le président du NFU Dairy Board Gwyn Jones, qui a soutenu que « les contrats sont un facteur fondamental pour garantir l’équité dans la chaîne d’approvisionnement laitière ». Il a maintenu que « la création du groupe d'experts de haut niveau sur le lait par la CE a donné une occasion unique d’examiner les structures et les instruments d’interventions pouvant être requis au niveau de l’UE et des États membres pour fournir les bases sur lesquelles le secteur laitier, et en particulier les entreprises laitières, peuvent se développer ». Ceci est considéré comme particulièrement important compte tenu de la fin des quotas laitiers proposée en 2015. À ce point, a-t-il commenté, « toutes les décisions sur le site de production, l’échelle et la distribution seront prises par des acheteurs de lait par le biais de contrats qu’ils offrent ». Certains ont fait valoir que cela « pourrait encore éroder le pouvoir de négociation des producteurs laitiers et faire émerger un risque de futurs abus de pouvoir ».
Les leaders agricoles ont cependant également soutenu le maintien et la bonne gestion des outils de régulation des marchés existants, comme les restitutions à l’exportation et l’achat à l’intervention.
Agritrade News Update - December 2009
Dernière analyse trimestrielle du marché des produits laitiers
Le rapport trimestriel de la CE sur le marché laitier préparé pour la réunion du Conseil Agriculture de l’UE du 19 octobre 2009 a signalé une amélioration constante de la situation globale sur le marché des produits laitier de l’UE, avec une hausse des prix des produits laitiers. « Les prix moyens du beurre et du lait écrémé en poudre européens sont maintenant bien supérieurs aux niveaux d’intervention, et les quantités achetées à l’intervention sont minimales ». Le rapport note que les prix moyens du lait de l’UE ont atteint 26 cents d’euros en août. L’offre globale de lait durant le premier semestre 2009 est restée quant à elle au même niveau qu’en 2008, malgré une hausse de 1% du quota de production de lait.
Marchés des produits laitiers de l’UE et mondiaux
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Prix
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Beurre
|
Lait écrémé en poudre
|
Lait entier en poudre
|
Cheddar
|
Edam
|
|
Prix d’intervention/prix d’équivalent (€/t)
|
2.218
|
1.698
|
2.066
|
2.484
|
2.167
|
|
Prix du marché (juin 2009) (€/t)
|
2.200
|
1.651
|
1.905
|
2.217
|
2.434
|
|
Prix du marché actuel (€/t)
|
2.623
|
1.896
|
2.323
|
2.288
|
2.464
|
|
Prix actuel en pourcentage du prix d’intervention
|
118%
|
112%
|
112%
|
92%
|
114%
|
|
Prix mondial du marché juin 2009 (€/t)
|
1.321
|
1.403
|
1.464
|
1.821
|
-
|
|
Prix du marché mondial actuel (€/t)
|
1.783
|
1.699
|
1.917
|
2.136
|
-
|
En termes d’exportations, le rapport signale que « durant la période s’étalant de janvier à août 2009, les exportations de lait écrémé en poudre, de lait entier en poudre et de fromage ont légèrement baissé par rapport à la même période de 2008 (sans restitutions) » mais que, dans le même temps, « les exportations de lactosérum en poudre ont augmenté de 13% et celles de beurre de 7%, avec des augmentations également pour le lait condensé et le lactose ». Le rapport signale aussi que « de récentes demandes de licences d’exportation indique une amélioration des performances d’exportation des principaux produits de base durant le second semestre 2009 », à l’exception du beurre.
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Licences émises (tonnes)
|
|
Produit
|
23.01.09 – 23.06.09
|
24.06.09 – 13.10.09
|
|
Beurre/huile
|
91 883
|
55 333
|
|
Lait écrémé en poudre
|
120 933
|
128 333
|
|
Formage
|
133 933
|
102 463
|
|
Autres (y compris lait entier en poudre)
|
458 958
|
346 365
|
En termes d’achat à l’intervention, 83 000 tonnes de beurre ont été achetées à l’intervention, 7% de la production durant les sept premiers mois de 2009 (4,3% de la production annuelle). Quelque 283 000 tonnes de lait écrémé en poudre ont été achetées à l’intervention, équivalent à 42% de la production de lait écrémé en poudre durant les sept premiers mois et 30% de la production annuelle. L’achat important à l’intervention de denrées alimentaires riches en protéines est lié à « une baisse de la demande de lait pour la consommation finale et de produits à valeur élevée ».
Suite à la réunion du Conseil Agriculture tenue le 28 octobre, la CE a confirmé qu’elle permettrait aux États membres de l’UE d’octroyer jusqu’à 15 000 euros d’aides publiques nationales aux producteurs laitiers de l’UE pour stabiliser leurs revenus. Cette décision fait suite à l’amendement du Cadre de crise temporaire adopté en janvier 2009. Cette mesure vise à « permettre à certains exploitants de surmonter les graves problèmes de liquidités auxquels ils sont actuellement confrontés ». Cette mesure absorbera les 280 millions euros d’aide supplémentaire aux producteurs laitiers convenus lors de la réunion du Conseil Agriculture de l’UE.
Suite à la décision du Conseil des ministres européens des Finances adoptée lors de leur réunion du 19 novembre 2009, les nouvelles allocations financières pour soutenir le secteur laitier sont maintenant publiées.
Source d’information
Direction générale de la CE Agriculture et Développement rural, 19 octobre 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/markets/milk/quarterly_reports/10_2009_e...
Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse, IP/09/1599, 28 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1599&f...
CICDD, Bridges Weekly Trade News Digest, Vol. 13, n° 36, 21 octobre 2009
http://ictsd.net/i/news/bridgesweekly/57418/
Agritrade News Update - December 2009
L’efficacité du régime laitier de l’UE examinée par la Cour des comptes européenne
La Cour des comptes européenne a publié un rapport spécial qui examine l’efficacité de la gestion, par la Commission européenne, du marché du lait et des produits laitiers depuis l’instauration des quotas laitiers en 1984. Pour ce faire, elle examine l’efficacité des mesures utilisées pour réaliser les objectifs susmentionnés, parfois contradictoires, qui forment le cadre de la politique laitière de l’UE.
S’agissant de l’équilibre du marché, le rapport de la Cour des comptes conclut que « les quotas laitiers ont limité efficacement la production, mais que leur niveau s’est avéré longtemps trop élevé par rapport aux capacités du marché à absorber les excédents ». Il appelle à une surveillance continue de la « libéralisation du secteur » afin d’éviter que celle-ci ne conduise à la réapparition d’une situation de surproduction. Le rapport affirme qu’à défaut, l’objectif de la Commission de s’en tenir à un niveau de régulation minimal, du type filet de sécurité, pourrait rapidement s’avérer impossible à respecter.
Par rapport à l’objectif de stabilisation des prix, le rapport constate que « le prix nominal du lait à la production a peu varié durant la période 1984-2006, par rapport à la période ayant précédé l’instauration des quotas ». En revanche, il affirme qu’en termes réels, « le prix du lait à la production a connu une érosion continue depuis 1984 ». Il note en outre que « le prix du lait à la production et le prix du lait à la consommation ne suivent pas des tendances analogues, car ils subissent l’influence de paramètres différents ». Dans ce contexte, il appelle à un « suivi régulier » du « processus de formation des prix dans le domaine alimentaire », en avertissant que « la concentration des entreprises de transformation et de distribution ne doit pas placer les producteurs de lait dans une situation de preneurs de prix (price takers), et ne doit pas limiter la possibilité pour les consommateurs finaux de bénéficier équitablement des baisses de prix ».
S’agissant de l’objectif consistant à assurer un niveau de vie équitable aux producteurs, le rapport constate que le revenu moyen des producteurs de lait « est resté légèrement supérieur au revenu agricole moyen » mais qu’entre 1995 et 2007, « l’UE a perdu la moitié de ses exploitations laitières », plus de 500 000 producteurs ayant cessé leur activité durant cette période. Il note que « cette tendance à la concentration de la production devrait se poursuivre, voire s’accélérer, dès lors que les zones les moins favorisées connaissent une régression ou une disparition de la production et qu’une concentration de la production est observée dans les zones d’agriculture intensive ». Dans ce contexte, la Cour des comptes appelle à une réflexion profonde sur la manière d’aider les zones les moins favorisées pour la production de lait.
S'agissant de l’objectif de compétitivité, le rapport note que « la part de l’UE dans le commerce mondial des produits laitiers se contracte depuis 1984 », les producteurs européens de produits laitiers n’étant concurrentiels sur les marchés mondiaux que lorsque les cours sont élevés. Il note en outre que « seuls les producteurs de fromages et d’autres produits à haute valeur ajoutée pourront revendiquer des parts de marché à long terme ». Dans ce contexte, il suggère que la politique de l’UE oriente ses « efforts vers la satisfaction des besoins du marché domestique européen et, en complément, vers la production de fromages et d’autres produits à haute valeur ajoutée exportables sans aides budgétaires ».
Source d’information
Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse de la Cour des comptes européenne, ECA/09/63, 15 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=ECA/09/63&fo...
Cour des comptes européenne, Special Report No. 14/2009
http://eca.europa.eu/portal/pls/portal/docs/1/3096295.PDF
Agritrade News Update - November 2009
Une augmentation de l’aide européenne demandée en réponse à la crise
Après une grève des approvisionnements de lait suivie par plus de 60 000 producteurs de lait de l’UE en réaction à une baisse de 25% des prix du lait, la pression politique pour une action de la CE s’est accrue. Ceci a donné lieu à une réunion d’urgence du Conseil agriculture le 5 octobre dernier. Lors de cette réunion, la commissaire à l’agriculture Fischer Boel a réaffirmé la position de la CE et a annoncé le lancement d’un certain nombre de nouvelles initiatives. Les mesures de soutien actuelles de l’UE en faveur du secteur laitier comprennent :
- les paiements directs versés aux producteurs laitiers de €5 milliards par an ;
- l’affectation de jusqu'à 600 millions € supplémentaires à des mesures de soutien du marché en réponse à la crise du lait ;
- l’expansion du programme de distribution de lait dans les écoles ;
- le financement d’un nouveau cycle de mesures de promotion pour les produits laitiers;
- la disponibilité de fonds en faveur du développement rural et l’impact sur la consommation du plan pour la relance économique.
La commissaire a en outre indiqué que les États membres seront autorisés à verser aux agriculteurs des aides nationales pouvant atteindre €15 000 au titre des mesures du cadre temporaire pour les aides d’État, tandis que les procédures pour l’obtention d’un soutien de la CE seront rationalisées et les règles relatives aux régimes de rachat des quotas seront temporairement modifiées pour faciliter la restructuration de la production.
La commissaire Fischer Boel a également annoncé le lancement d’un groupe d’experts de haut niveau chargé de se pencher sur l’avenir du secteur laitier. Le groupe de haut niveau sur le lait sera présidé par le directeur général de la DG de l'agriculture et du développement rural de la Commission, et sera composé de représentants des États membres. Seront discutés :
- le cadre juridique pour les relations contractuelles entre les producteurs de lait et les laiteries ;
- les mesures possibles pour renforcer le pouvoir de négociation des producteurs de lait au sein de ces relations commerciales ;
- l’adéquation des instruments de marché existants ;
- le rôle possible d'un marché à terme pour le secteur laitier ;
- la transparence et l’information des consommateurs sur les questions de qualité, de santé et d'étiquetage
- l’innovation et la recherche dans la perspective d'une amélioration de la compétitivité du secteur.
La première réunion du groupe d’experts de haut niveau sur le lait s’est tenue à peine une semaine après l’annonce de sa création, l’accent étant mis sur « les relations contractuelles et le pouvoir de négociation dans le secteur laitier ». Parmi les questions débattues: la nécessité de contrats formels entre les producteurs de lait et les transformateurs de lait, la couverture de ces contrats et les sanctions en cas de rupture de contrat et la manière dont le pouvoir de négociation des producteurs de lait pourrait être renforcé. La prochaine réunion du groupe de haut niveau est prévue pour le 10 novembre, après quoi des auditions seront organisées pour rassembler des avis, opinions et analyses des producteurs, transformateurs, autorités nationales de concurrence, universitaires, consommateurs et distributeurs. Des réunions supplémentaires seront organisées le 8 décembre et en janvier 2010, lorsque les expériences des pays tiers auront été examinées. Une conférence sur les questions débattues est prévue pour mars 2010.
La CE affirme que les mesures déjà adoptées en réponse à la crise ont commencé à porter leurs fruits. De fait, les ministres européens ont reconnu à l’occasion de leur réunion spéciale que « le secteur laitier commence à manifester des signes de reprise » : « sur les marchés au comptant, entre juillet et septembre, le prix du lait brut a augmenté de 12% en Italie, de 19% en Irlande du Nord et de 50% aux Pays-Bas. Les prix s’améliorent également nettement pour le beurre et le lait en poudre écrémé ». Toutefois, cette situation varie fortement d’une région à l’autre de l’UE. Le boycott des approvisionnements de lait à l’initiative des agriculteurs de l’UE a également fait réagir le marché, avec une augmentation des prix du lait au comptant.
Bien qu’il semble y avoir un soutien général parmi les États de membres de l’UE pour un cadre réglementé pour le secteur laitier, l’engagement envers l’abolition des quotas de production nationaux reste bel et bien d’actualité. De fait, au cours de l’année contingentaire 2008-09, la production de lait de l’UE était inférieure de 4,2% au quota (près de 5,38 millions de tonnes de moins que le quota global, malgré l’introduction d’une augmentation de 2,4% du quota global). Dans ce contexte, la commissaire Fischer Boel a affirmé qu’ « il est clair que les prix faibles reçus par les producteurs au cours de ces derniers mois n’ont rien à voir avec l’élimination progressive du système de quotas ».
Les agriculteurs de l’UE se sont dits déçus de l’issue de la réunion ministérielle spéciale sur la crise du secteur laitier et espéraient des mesures supplémentaires de la part de la CE après la réunion du Conseil agriculture de l’UE du 19 octobre. Les rapports de presse indiquent qu’une enveloppe supplémentaire de €280 millions à l’appui des producteurs de lait serait dégagée (dans l’attente d’une décision finale du Conseil des ministres des Finances) pour permettre la mise en œuvre des mesures prévues à l’Article 168 de l’OCM unique, ladite clause de perturbation. Cette disposition a maintenant été officiellement étendue au secteur laitier, et cette initiative a été saluée par les producteurs de lait, même s’il est encore difficile de dire quelles mesures spécifiques seront mises en œuvre dans le cadre de cette « clause de perturbation ».
Source d’information
Europa Press Releases Rapid, Discours de la commissaire Fischer Boel, SPEECH/09/482, 19 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/482&am...
Europa Press Releases Rapid, discours de la commissaire Fischer Boel, SPEECH/09/484, 19 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/484&am...
TheCattleSite news desk, 20 octobre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28769/dairy-producers-finally-given-a-l...
TheCattleSite news desk, 16 octobre 2009.
http://www.thedairysite.com/news/28750/court-slams-eu-dairy-deregulation...
Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse CE, IP/09/1501, 9 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1501&f...
Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse CE, IP/09/1420, 5 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1420&f...
Europa Press Releases Rapid, Discours de la commissaire Fischer Boel, SPEECH/09/436, 5 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/436&am...
TheCattleSite news desk, 5 octobre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28637/eu-fails-to-make-decisions-to-sav...
TheCattleSite news desk , 12 octobre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28691/eu-commission-shows-support-for-d...
CE, Blog de la Commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel, 22 septembre 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/the-next-steady-steps-for-the-dai...
ICTSD, Bridges Weekly Trade News Digest, Vol. 13, No. 33, 30 septembre 2009
http://ictsd.net/i/news/bridgesweekly/56304/
thedairysite, Rapports de presse sur les grèves du secteur laitier de l’UE, septembre 2009:
http://www.thedairysite.com/news/28565/milk-delivery-strikes-stop
http://www.thedairysite.com/news/28525/update-on-european-milk-strikes
http://www.thedairysite.com/news/28477/dairy-farmers-revolt-paralyses-eu...
http://www.thedairysite.com/news/28513/milk-delivery-strikes-supported-b...
Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse CE, IP/09/1521, 14 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1521&f...
Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse CE, IP/09/1525, 15 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1525&f...
Agritrade News Update - November 2009
La gestion de la crise européenne du lait
S’exprimant face au Comité agriculture du Parlement européen le 1er septembre dernier, la commissaire européenne en charge de l’agriculture Fischer Boel a reconnu que la situation dans le secteur laitier de l’UE était « sérieuse », mais a souligné que toute action « doit être une action efficace – non seulement à court terme mais également à long terme ». Elle a souligné que plusieurs des problèmes du secteur laitier étaient liés au ralentissement économique mondial. Dans ce contexte, la commissaire Fischer Boel a affirmé que « nous devons choisir nos outils avec intelligence ». Elle a refusé tout retour à la gestion de la production laitière basée sur les quotas et réitéré l’engagement envers l’abolition des quotas de production de lait en 2015. Elle a affirmé que tout prolongement du système de quotas de production « ne serait pas efficace, augmenterait les coûts de production et ne faciliterait pas l’entrée des jeunes agriculteurs dans le secteur », et ne produirait pas un « secteur laitier réactif et bien structuré ».
La commissaire a exprimé quelques réserves concernant les propositions pour un « fonds laitier » en vue de soutenir la restructuration, affirmant qu’un financement supplémentaire était déjà mis à disposition à la fois au travers de nouvelles mesures (le paquet de reprise économique et le bilan de santé de la PAC) et au travers d’outils traditionnels. Elle a souligné que « les dépenses supplémentaires sur des mesures de marché telles que les restitutions à l’exportation et l’intervention pour le secteur laitier […] s’élèveront à environ € 600 millions » au cours de l’année 2009. Elle a affirmé que les mesures prises à ce jour (notamment les €5 milliards par an d’aide directe aux producteurs laitiers de l’UE depuis de cycle 2003 de réformes de la PAC) « produisaient leurs effets », le marché « revenant à l’équilibre » et les prix laitiers se stabilisant et connaissant même une légère amélioration.
La commissaire Fischer Boel s’est dite néanmoins inquiète de la « tournure que prenait la relation entre les producteurs laitiers et le reste de la filière », notant que « si les prix des producteurs pour les produits laitiers ont plongé en dessous du niveau d’avant la flambée des prix de 2007, les prix payés par les consommateurs sont encore 14 pour cent supérieurs à ce qu’ils étaient à cette époque ». Une analyse de ce problème par la Commission est censée être présentée à la fin de l’année 2009.
La commissaire a également fait une déclaration sur le secteur laitier à la séance plénière du Parlement européen à Strasbourg le 17 septembre, saluant les augmentations des prix des produits laitiers en Europe et confirmant les mesures de soutien déjà annoncées, mais insistant une fois encore sur la détermination de la Commission à ne pas revenir à la gestion basée sur les quotas ou à des « instruments de marché coûteux et inefficaces du passé ». La commissaire a présenté en détail la dernière étape de la « campagne de la Commission visant à aider les producteurs laitiers de l’UE à sortir de la crise du marché actuelle », avec des mesures à court terme comme le versement de fonds de crise temporaires d’un montant de €15 000 maximum pour les agriculteurs et la mise en place de systèmes de rachat de quotas par l’État membre plutôt que par les agriculteurs individuels. Elle a ajouté que « nous devons réfléchir aux mesures à prendre à moyen et long terme », par exemple l’établissement d’un groupe de travail spécialisé pour considérer certaines questions. Pourraient être discutés un « cadre juridique pour les relations contractuelles entre les producteurs de lait et l’industrie laitière afin de mieux équilibrer l’offre et la demande sur le marché, tout en assurant une concurrence loyale », la désirabilité d’un marché laitier à terme en Europe pour accroître la transparence et les conclusions du rapport promis sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement du secteur laitier.
Par ailleurs, après la réunion du Conseil agricole de septembre 2009, les organisations agricoles de l’UE, à savoir le COPA et la COGECA, étaient très véhémentes à l’égard de l’absence d’action de l’UE en réponse à la crise du secteur laitier, le président du COPA Padraig Walshe réclamant davantage de soutien pour l’intervention publique, aux restitutions à l’exportation et aux mesures promotionnelles, affirmant que sans une telle action, « plusieurs agriculteurs allaient devoir abandonner la production de lait en attendant que les politiciens de l’UE se décident à agir ». Dans un autre communiqué de presse, le COPA et la COGECA ont salué les nouvelles initiatives annoncées le 17 septembre, mais ont insisté pour que « des actions supplémentaires soient entreprises pour sortir le secteur laitier de la crise ».
Source d’information
Europa Press Releases Rapid, discours de la commissaire en charge de l’agriculture Mariann Fischer Boel, SPEECH/09/354, 1er septembre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/354&am...
The Dairy Site, 11 septembre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28433/european-milk-producers-continue-...
Communiqués de presse, COPA-COGECA, 8 et 18 septembre 2009 (accès aux deux via la page d’accueil)
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx?page=HomePage
Entrée au blog de la commissaire européenne en charge de l’agriculture Mariann Fischer Boel, 9 septembre 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/time-to-break-the-logjam-over-gmos/
Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse, IP/09/1333, 17 septembre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1333&f...
Europa Press Releases Rapid, discours de la commissaire en charge de l’agriculture au Parlement européen, SPEECH/09/395, 17 septembre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/395&am...
Agritrade News Update - October 2009
Évaluation comparative des perspectives pour les marchés laitiers mondiaux
La CE a produit un examen des perspectives pour les produits agricoles pour la période 2009-18. Dans le secteur laitier, l’examen se base sur l’analyse produite par le FAPRI et par l’OCDE/FAO. Il note qu’ « au cours de la prochaine décennie, la production mondiale de lait devrait augmenter d’environ 19%, cette croissance étant essentiellement générée par les gains de productivité par animal ». Près de la moitié de cette croissance devrait avoir lieu en Asie, principalement en Chine et en Inde. D’après le FAPRI, la production mondiale de beurre devrait augmenter de 29,3%, tandis que la production de lait en poudre entier et écrémé devrait augmenter de 21,2% et de 16,1% respectivement et la production de fromage de 18,2% (l’UE et les États-Unis représentant la moitié de cette croissance). Les estimations de l’OCDE/FAO montrent des taux de croissance légèrement inférieurs.
Les perspectives de marché à court terme, cependant, ne sont pas jugées aussi bonnes « en raison du ralentissement économique mondial ». À long terme, une croissance plus forte des échanges commerciaux est prévue, le commerce de beurre et de lait écrémé en poudre devant augmenter de 34,5% et de 31,5% respectivement d’après le FAPRI. Les prévisions de l’OCDE/FAO cependant sont bien inférieures, à 6% et 4% respectivement. Elles suggèrent une croissance bien supérieure du commerce de fromage et de lait entier en poudre, de 31% et 39% respectivement, les prévisions FAPRI étant en revanche inférieures, à 23% et 25% respectivement.
D’après le FAPRI, les exportations nettes de produits laitiers de l’UE devraient ralentir voire « chuter considérablement, l’UE devenant un importateur net à compter de 2017 ». Les deux prévoient un « déclin des exportations de fromage de l’UE […] en raison d’une forte demande intérieure ». Il n’y a pas de consensus sur la tendance probable des exportations de lait écrémé en poudre de l’UE, le « FAPRI prévoyant une augmentation alors que l’OCDE/FAO s’attendent à un déclin par rapport au niveau de référence ». Ils s’accordent néanmoins sur le fait que les exportations de lait entier en poudre de l’UE chuteront.
D’après l’examen de l’UE, malgré des difficultés à court terme, « à plus long terme la croissance économique et démographique soutiendra une augmentation de la demande de produits laitiers qui, conjuguée à une hausse des coûts de l’alimentation animale, fera grimper les prix ». De fait, « les prix devraient rester supérieurs à leurs niveaux de 1999-2006, même si les producteurs seront confrontés à des prix moyens considérablement inférieurs aux niveaux record de 2007-08 ». Toutefois, les « prévisions de l’OCDE/FAO pour les prix sont plus élevées que celles du FAPRI. […] Les prix moyens devraient être 23% (FAPRI) ou 35% (OCDE/FAO) supérieurs aux prix moyens de la période 1999-2006 ».
Source d’information
Commission européenne, analyse de la politique de commerce agricole, document de travail, juillet 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/worldmarkets/outlook/2...
Agritrade News Update - October 2009
Réponse de la CE à la crise dans le secteur laitier
Le 22 juillet dernier, la CE a publié une communication sur la situation du marché laitier en 2009. Celle-ci incluait un catalogue de mesures actuellement en place pour soutenir les producteurs de lait de l’UE. Parmi ces mesures :
- l’usage continu et accru des instruments de soutien traditionnels tels que l’intervention, le stockage privé et les restitutions à l’exportation (le coût des dépenses prévues pour ces postes est de plus de €600 millions) ;
- le paiement avancé de l’aide directe (l’« instrument politique principal pour soutenir les revenus des agriculteurs ») aux producteurs de lait de l’UE, « dont le montant actuel est de €5 milliards par an » ;
- un soutien accru aux programmes de promotion des produits laitiers ;
- l’utilisation possible de prélèvements imposés sur la surproduction pour « financer le retrait volontaire de la production de lait » ;
- « l’extension aux exploitants du cadre temporaire pour les aides d’État », impliquant un meilleur accès aux prêts publics aux taux du marché ;
- une redistribution unilatérale de l’aide au secteur laitier au niveau national, conformément aux propositions du bilan de santé de la PAC (donnant accès à une partie des €4,2 milliards alloués à ces mesures) ;
- une étude de la CE des pratiques potentiellement anticoncurrentielles dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire (la commissaire Fischer Boel a souligné que « si les agriculteurs obtiennent moins pour leurs produits laitiers qu’avant la flambée des prix de 2007/08, les prix dans les supermarchés sont quant à eux toujours 14% supérieurs ») et un soutien aux organisations de producteurs.
La commissaire Fischer Boel a affirmé que bien que la CE demeurait engagée à « tout mettre en œuvre pour aider les producteurs laitiers », elle a précisé que la CE ne reviendrait pas sur l’expansion des quotas, car cela avait été conçu pour assurer un atterrissage en douceur du processus d’abolition des quotas. Elle a affirmé que l’expansion des quotas n’était pas la cause de la chute des prix du lait. De fait, alors que les quotas de production pour 2008/09 ont été augmentés, « la production a chuté de 0,9%, ramenant le total à 4,2% de moins que le quota du 31 mars ». Elle a ajouté que les « véritables sources de la crise sont la faiblesse de la demande mondiale et une forte augmentation des rendements de production des grands producteurs non européens ».
La communication de la CE intervient à un moment où les producteurs réclament l’arrêt de l’expansion des quotas et l’introduction d’un système de contrôle efficace de l’offre, y compris le « gel » d’au moins 5% des quotas laitiers. Les organisations d’agriculteurs européennes soutiennent que cela permettrait aux prix à la production de se rétablir. À plus long terme, il serait souhaitable d’avoir « une offre qui peut être ajustée à la demande à l’avenir ». Ce changement au système est considéré comme ‘indispensable’ par le président du European Milk Board, Romuald Schaber. Ce point de vue a reçu un certain soutien du Comité agriculture du Parlement européen, qui a décrit la réponse de la CE à la crise laitière comme « inadéquate ».
Toutefois, l’ensemble de la communauté des exploitants agricoles est loin de partager cette critique des politiques de la CE. Le président du NFU Dairy Board au Royaume-Uni, Gwyn Jones, a affirmé que les « mesures de soutien supplémentaires proposées par la Commission offrent une réponse proportionnée à court terme qui a le potentiel de soutenir et d’offrir plus de stabilité au marché, sans s’écarter de la politique actuelle ». Il a déclaré : « C’est important. Les agriculteurs ont besoin de certitude et de prévisibilité », ajoutant que « la certitude doit être l’abolition des quotas ».
Par ailleurs, la CE a publié un rapport de consultance sur l’impact économique de l’abolition du régime de quotas laitiers sur les régions européennes individuelles. L’analyse est basée sur « différents scénarios de simulation réalises avec le modèle CAPRI », qui a été approfondi pour l’occasion, et sur une comparaison avec les résultats des précédentes études. L’évaluation a révélé que l’abolition des quotas impliquerait une augmentation de la production de lait dans l’UE27 d’environ 4,4%, et une baisse du prix du lait brut d’environ 10%.
L’impact de l’abolition des quotas variera grandement d’une région à l’autre de l’UE. Dans l’ensemble, « près de 70% des régions européennes affichent une augmentation des cheptels laitiers en conséquence de l’abolition des quotas », certaines régions enregistrant des augmentations particulièrement fortes. Ces effets différents mènent à des conséquences variables pour les revenus agricoles dans les régions de l’UE. Globalement cependant, les « effets sur le bien-être sont légèrement positifs pour l’UE27 ». Malgré le « déclin du total des revenus agricoles en raison de la baisse des prix moyens du lait, l’industrie laitière européenne sortirait gagnante car les prix des produits laitiers sont susceptibles de baisser dans une moindre mesure que les prix du lait brut ».
Source d’information
TheDairySite.com, 16 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27834/eu-ag-commissioner-calls-for-milk...
TheDairySite.com, 15 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27819/immediate-action-required-for-eu-...
Europa Press Releases Rapid, IP/09/1172, 22 juillet 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1172&f...
Communication CE au Conseil, COM(2009) 385 final, 22 juillet 2009
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0385:FIN:...
CE, rapport de la situation du marché du lait, 22 juillet 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/markets/milk/report2009/index_en.htm
CE, nouvelles de la direction Agriculture et Développement rural, 24 juillet 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/en/362.htm
CE, blog de la commissaire Fischer Boel, 22 juillet 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/dairy-sector-keeping-the-ship-ste...
TheDairySite.com, 23 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27911/ag-committee-calls-ec-dairy-measu...
TheDairySite.com, 22 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27901/eu-commission-proposes-a-new-way-...
CE, Economic impact of the abolition of the milk quota regime, rapport complet, 20 février 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/external/milkquota/full_report_...
CE, note de synthèse, février 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/external/milkquota/ex_sum_en.pdf
Agritrade News Update - September 2009
Modélisation de l’impact des réductions tarifaires dans le secteur laitier
Sur la base d’une analyse utilisant deux modèles complémentaires pour le commerce laitier, le International Agricultural Trade Research Consortium a publié un document de travail analysant les incidences des réductions tarifaires de l’OMC pour la politique laitière européenne et américaine. Le document note que le secteur laitier est « un des secteurs les plus lourdement protégés » et que la « libéralisation de la protection aux frontières dans l’UE augmenterait la concurrence à laquelle font déjà face les producteurs de lait européens », en plaçant « une pression supplémentaire sur la politique de soutien des prix ». Il ajoute que l’UE serait alors « forcée d’envisager la réduction des quotas de production ou de diminuer les prix d’intervention pour éviter l’accumulation des stocks d’intervention ».
L’analyse note que l’impact des réductions tarifaires dépend des conditions de marché prévalant à ce moment, et des hypothèses concernant les développements politiques dans le contexte des réductions tarifaires. Quelques scénarios alternatifs sont explorés dans l’hypothèse d’un excédent mondial de produits laitiers (correspondant à la situation en 2004) et d’un déficit mondial de produits laitiers (correspondant à la situation en 2007). Le scénario le plus intéressant est celui d’un « atterrissage en douceur » avec une augmentation progressive des quotas de production avant leur élimination et la réduction des prix à l’intervention de 40%, afin d’éviter une production « excédentaire » supérieure aux prix du marché mondial. Dans ce scénario, à court terme, « les approvisionnements de lait devraient augmenter grosso modo de 5% et le prix du lait devrait chuter d’environ 3% en 2015 comparé à 2008 ». À long terme, cela engendrerait un « secteur laitier davantage orienté vers le marché. La production de lait augmenterait, la production de fromage grandirait par rapport au beurre et au lait en poudre écrémé, et la consommation interne augmenterait. Les exportations de fromage se développeraient considérablement (à 19%), tandis que les exportations de beurre, de lait en poudre écrémé et de lait en poudre entier chuteraient de 49%, 39% et 15% respectivement ». Dans l’ensemble, « la libéralisation des quotas et la réduction des prix à l’intervention permettraient à l’UE de satisfaire à la demande interne et d’exportation sans devoir recourir aux restitutions à l’exportation ». Ceci s’applique aux deux scénarios, bien que dans le contexte des conditions de marché de 2007, les exportations de beurre et de lait en poudre écrémé augmenteraient également, et feraient dès lors baisser les prix du marché mondial de 5% et 6% respectivement.
Le document conclut que si les réductions tarifaires se poursuivent conformément aux formules débattues à ce jour, « l’UE devra poursuivre l’élimination progressive des quotas laitiers et réduire le soutien des prix afin d’éviter de devoir gérer un excédent de produits laitiers ».
Source d’information
International Agricultural Trade Research Consortium, Working Paper 09-1, mars 2009
http://iatrc.software.umn.edu./publications/workingpapers/IATRCWorkingPa...
Agritrade News Update - August 2009
Un vent de protestation souffle sur l’Europe, la chute des prix laitiers en cause
Un vent de protestation souffle sur l’Europe en raison de la baisse des prix du lait, les agriculteurs allemands réclamant à ce titre un paquet de sauvetage. Dans l’attente des élections, un allègement fiscal d’environ €525 millions pourrait bien être accordé au cours de la prochaine période. La CE a rejeté les appels de certains États membres à freiner l’expansion progressive des quotas laitiers introduite pour offrir un « atterrissage en douceur » au processus d’abolition des quotas. La commissaire Fischer Boel a affirmé que les agriculteurs doivent tout simplement produire moins étant donné la contraction de la demande consécutive à la crise financière.
Toutefois, en réponse aux difficultés actuelles du marché, la CE a rétabli les restitutions à l’exportation (en juin, les restitutions à l’exportation pour le lait en poudre écrémé ont augmenté de €240/t à €258/t, tandis que les restitutions à l’exportation pour le beurre ont augmenté de €40/t ), a avancé la date à laquelle les paiements de l’aide pouvaient être versés à tous les agriculteurs de l’UE et, en juillet, a augmenté l’aide pour le stockage privé de beurre et augmenté les plafonds d’achat à l’intervention pour le beurre et le lait en poudre. Alors que les achats à l’intervention pour le beurre et le lait en poudre écrémé étaient normalement limités à 30 000 tonnes et 109 000 tonnes respectivement (achetés entre le 1er mars et le 31 août), en juillet 2009, 81 000 tonnes de beurre et 203 000 tonnes de lait en poudre écrémé avaient été achetées à l’intervention. Dans ce contexte, les achats à l’intervention seront prolongés jusqu’à la fin février 2010 et si nécessaire, jusque février 2011, en fonction des conditions du marché. Le coût total des mesures proposées pour le budget de l’UE entre 2010 et 2012 est de €26,9 millions.
Ceci s’inscrit dans un contexte de baisses du prix du lait sur le marché de l’UE de 30-40 centimes d’euro par litre au « niveau de filet de sécurité de l’UE de 21 cents par litre ». À ce prix, « les coûts variables de production peuvent être couverts mais pas les coûts totaux de nombreux producteurs de lait moins rentables, et certainement pas l’ensemble de coûts comprenant « les charges foncières, les coûts de main-d’œuvre et les coûts d’investissement ». Il s’agit là d’une conséquence du ralentissement économique mondial qui, d’après un exposé du gouvernement français lors de la réunion du Conseil de l’agriculture de l’UE du mois de mai, a provoqué une baisse de 10% des exportations de fromage de l’UE comparé au premier trimestre 2008, et une baisse de 3% des exportations de beurre.
La commissaire Fischer Boel a décrit la situation dans le secteur laitier comme « très préoccupante » car « si les prix restent à ce niveau historiquement bas, nous courons tout droit à la catastrophe ». Elle a affirmé que compte tenu du long délai de mise en œuvre pour le développement de la production de lait, l’UE ne pouvait pas se permettre de laisser les producteurs de lait abandonner l’activité en masse en raison d’une crise temporaire de la demande due au ralentissement économique mondial. Dans ce contexte, après avoir activé tous les instruments existants, la Commission examine maintenant comment les programmes à l’échelle de l’UE peuvent être prolongés et comment les restrictions applicables à l’aide nationale peuvent être assouplies sans générer une concurrence déloyale au sein de l’UE. La commissaire Fischer Boel a cependant nié que la crise actuelle est liée à l’augmentation des quotas, soulignant que la « production a chuté de 0,9% malgré l’expansion des quotas », la production de l’UE étant maintenant 4% inférieure aux quotas autorisés. Sur son blog, la commissaire Fischer Boel a cependant soulevé des questions sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement laitière, où le lait est souvent utilisé comme un produit d’appel par les distributeurs. Elle affirme que la CE devrait « examiner le marché du lait et regarder où va l’argent ».
Au même moment, une analyse entreprise pour l’association britannique du secteur laitier, Dairy UK, suggère que malgré la crise actuelle, certaines entreprises du secteur laitier britannique se positionnent petit à petit pour profiter des opportunités commerciales qui se présenteront dès la fin du ralentissement économique.
Source d’information
Proposition CE pour un règlement du Conseil, COM(2009) 354 final, 7 juillet 2009
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0354:FIN:...
Commission européenne, DG Agriculture et Développement rural, déclaration
http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/en/357.htm
Entrée du blog de la commissaire Fischer Boel sur la crise du lait, 29 juin 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/milk-crisis-no-time-for-stalling/...
Deutsche Welle, 25 mai 2009
http://www.dw-world.de/dw/article/0,,4277853,00.html
The Scotsman, 30 juin 2009
http://business.scotsman.com/fooddrinkagriculture/Tide-may-turn-for-dair...
EurActive, 26 mai 2009
http://www.euractive.com/en/cap/eu-offers-help-dairy-sector-refuses-quot...
Agritrade News Update - August 2009
Perspectives pour le secteur laitier de l’UE
Dans le secteur laitier, la dernière révision de la CE des perspectives pour les marchés et les revenus agricoles de l’UE note que les perspectives à court terme sont dominées par l’ampleur de la crise financière et économique. Une réduction importante des prix du lait payés aux producteurs est prévue en 2009, à la suite d’un « net déclin des prix des produits laitiers ». Au vu de ces tendances, la production de lait de l’UE devrait se contracter. Une sous-utilisation des quotas de production devrait s’accentuer jusqu’en 2010. À moyen terme, une reprise de la production est prévue, mais toujours à des niveaux inférieurs aux quotas. Dans ce contexte, « la suppression des quotas laitiers en 2015/16 n’aura vraisemblablement pas de répercussion importante sur la production ou sur les prix du lait ».
Les produits laitiers à plus forte valeur ajoutée devraient sans doute être touchés plus sévèrement par la récession économique. Ceci étant dit, la production de fromage de l’UE devrait poursuivre une croissance ininterrompue lors de la période à venir, la production en 2015 devant être 10,6 % supérieure au niveau de production de 2007. La consommation de fromage au sein de l’UE devrait également augmenter régulièrement, bien qu’à un taux légèrement inférieur à celui de 2009, une conséquence de la crise économique. Les exportations devraient légèrement augmenter jusqu’en 2014, après un déclin à court terme. Toutefois, « la croissance de la consommation intérieure absorbera la plus grosse partie de cette augmentation de la production de fromage, ce qui mènera à un déclin régulier des exportations au cours des dernières années de la période de la prévision ». Les exportations en 2015 devraient donc être 11,9 % inférieures à celles de 2007. Néanmoins, les exportations de fromage de l’UE seront toujours supérieures à 500 000 tonnes au cours de la période.
UE : Fromage (en milliers de tonnes)
|
Année
|
Production
|
Consommation
|
Importations
|
Exportations
|
Balance commerciale
|
|
2007
|
8 932
|
8 430
|
94
|
596
|
+502
|
|
2008
|
8 969
|
8 506
|
81
|
545
|
+464
|
|
2009
|
8 997
|
8 536
|
81
|
542
|
+461
|
|
2010
|
9 082
|
8 620
|
81
|
543
|
+462
|
|
2011
|
9246
|
8 785
|
83
|
543
|
+460
|
|
2012
|
9 395
|
8 923
|
85
|
558
|
+473
|
|
2013
|
9 542
|
9 071
|
87
|
558
|
+471
|
|
2014
|
9 646
|
9 199
|
89
|
536
|
+447
|
|
2015
|
9 879
|
9 445
|
91
|
525
|
+434
|
La demande européenne et mondiale pour le beurre et le lait écrémé en poudre devrait rester faible. « La réactivation des restitutions à l’exportation devrait soutenir les exportations de l’UE », permettant ainsi une légère reprise des exportations en 2009. Cependant, « une faible demande et une forte concurrence » auront des conséquences sur l’ensemble des exportations, avec une diminution constante de ces dernières dès 2010 et une accélération de ce déclin en 2013, reflétant les niveaux réduits de production européenne alors que le lait est davantage utilisé dans des produits à plus forte valeur ajoutée. Tant la production que la consommation de beurre de l’UE devraient baisser.
UE : Beurre (en milliers de tonnes)
|
Année
|
Production
|
Consommation
|
Importations
|
Exportations
|
Balance commerciale
|
|
2007
|
2 151
|
2 050
|
91
|
212
|
+121
|
|
2008
|
2 158
|
2 036
|
62
|
143
|
+81
|
|
2009
|
2 163
|
2 053
|
85
|
156
|
+71
|
|
2010
|
2 092
|
2 054
|
85
|
133
|
+48
|
|
2011
|
2 028
|
2 048
|
85
|
135
|
+50
|
|
2012
|
1 991
|
2 042
|
85
|
104
|
+19
|
|
2013
|
1 996
|
2 035
|
85
|
46
|
-39
|
|
2014
|
1 964
|
2 021
|
85
|
28
|
-57
|
|
2015
|
1 949
|
2 009
|
85
|
24
|
-61
|
Un déclin similaire de la production de lait en poudre est prévu, la production de l’UE en 2015 devant être 13,8 % inférieure aux niveaux de 2007. La consommation européenne devrait cependant se rétablir quelque peu, atteignant des niveaux record en 2011, environ 7 % supérieurs aux niveaux de consommation de 2007, avant de rechuter à seulement environ 6 % au-dessus des niveaux de 2007. À l’exception d’une augmentation en 2011, les exportations de lait écrémé de l’UE devraient connaître une baisse constante, pour atteindre des niveaux en 2015 équivalents à la moitié du volume exporté en 2007.
EU: Lait écrémé en poudre (en milliers de tonnes)
|
Année
|
Production
|
Consommation
|
Importations
|
Exportations
|
Balance commerciale
|
|
2007
|
913
|
688
|
10
|
202
|
+192
|
|
2008
|
860
|
660
|
8
|
163
|
+155
|
|
2009
|
839
|
700
|
8
|
125
|
+117
|
|
2010
|
843
|
720
|
8
|
110
|
+102
|
|
2011
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729
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101
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+93
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Selon une mise à jour de la CE du marché des produits de base, une diminution constante des prix internationaux des produits laitiers a été observée, le beurre, le fromage, le lait écrémé et le lait entier en poudre accusant un déclin respectif de 20 %, 22 %, 4 % et 2,6 % depuis décembre 2008. C’est ainsi que le beurre, le fromage, le lait écrémé en poudre et le lait entier en poudre sont 55 %, 55 %, 66 % et 63 % respectivement inférieurs à leur niveau record de 2007. Les prix internationaux du lait écrémé en poudre sont à présent aussi bas qu’en 2003. Les mesures politiques telles que l’achat à l’intervention devraient aider à mettre un terme aux baisses de prix actuelles au sein de l’UE, la CE espérant que les prix des produits laitiers ont maintenant atteint leur point le plus bas. Toutefois, l’ampleur de la crise financière et économique a généré des incertitudes majeures, certains craignant de plus en plus que les consommateurs puissent éventuellement remplacer les produits laitiers par des alternatives meilleur marché. Les difficultés que le secteur laitier européen connaît actuellement contrastent nettement avec la situation favorable du marché en 2006 et 2007, qui « permettait à l’UE d’écouler tous les stocks publics de lait écrémé en poudre et de beurre » et de réduire progressivement jusqu’à l’arrêt complet toutes les mesures de soutien ciblant spécifiquement les produits laitiers.
Au vu de ces tendances de prix et avec l’augmentation des achats à l’intervention de l’UE dans le secteur laitier, certains États membres de l’UE, notamment l’Allemagne, « ont demandé au Conseil européen de rouvrir le chapitre laitier du bilan de santé de la PAC, notamment pour décaler l’augmentation des quotas ». La Commissaire Fischer Boel a jusqu’à présent refusé une telle mesure, estimant que cela sèmerait la confusion parmi les agriculteurs concernant l’orientation politique générale. Selon le rapport GAIN de l’USDA, la Commissaire a également mentionné que l’augmentation des quotas « n’augmenterait pas nécessairement la production globale », et par conséquent, n’aurait qu’un faible impact sur la balance commerciale. Elle a également souligné que les agriculteurs prenaient « à présent leurs décisions de production en fonction des prix du marché et des structures de coûts plutôt qu’en fonction des niveaux de quota ». Le refus de la Commissaire de différer l’augmentation des quotas a été soutenu par les gouvernements néerlandais, suédois, danois, espagnol et britannique, qui ont « défendu l’augmentation des quotas sur la base que d’autres pays exportateurs guettaient pour s’accaparer les parts de marchés de l’UE sur le marché mondial si l’UE réduisait ses exportations ».
La Commissaire Fischer Boel a souligné que le maintien de l’augmentation des quotas proposée ne signifiait pas que l’UE ne faisait rien pour résoudre les problèmes du secteur laitier. S’adressant à la Commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen, elle a souligné cinq domaines du soutien européen :
- l’aide directe d’une valeur de 5 milliards d’euros par an, « que les agriculteurs recevront quelle que soit la météo » ;
- la disposition depuis janvier 2009 relative aux restitutions à l’exportation et le soutien au stockage privé ;
- les achats à l’intervention, qui « battent son plein » ;
- le paquet de reprise économique qui « fournira une enveloppe supplémentaire permettant au secteur laitier de se restructurer »;
- le soutien des États membres via une aide publique au titre des règles « de minimis », par des garanties de crédit à l’exportation ou par les mesures de l’article 68.
La Commissaire a affirmé qu’il y avait à présent des signes selon lesquels les mesures politiques produisaient leurs effets, les prix des produits laitiers se stabilisant. Elle a conclu que « la réponse politique actuelle sera suffisamment forte pour amortir les pires effets de la crise du marché – mais sans pour autant les isoler les agriculteurs des signaux des marchés et nuire à leurs intérêts à long terme ».
Source d’information
CE, notes, D (2009) 8498 (FIN-REV), 18 mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/commodityprices/032009...
USDA, Rapport GAIN, No. E49031, 27 mars 2009
http://gain.fas.usda.gov/Recent%20GAIN%20Publications/Fisher-Boel%20refu...
CE, Prospects for agricultural markets and income in the EU (Perspectives pour les marchés et revenus agricoles de l’UE), texte intégral, mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/fullrep_en...
CE, texte résumé, mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/summary_en...
CE, note d’information de la DG de l’agriculture et du développement rural, 16 mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/index_en.htm
CE, présentation, mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/pres_en.pdf
Europa Press Releases Rapid, SPEECH/09/164, 31 mars 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/164&am...
May 2009
L’UE réintroduit des mesures de soutien du marché
À la suite de la récente chute des prix des produits laitiers, la CE a annoncé l’introduction de nouvelles mesures de soutien du marché. Ces mesures comprennent les restitutions à l'exportation pour le beurre, le fromage ainsi que le lait entier et écrémé en poudre (nulles depuis juin 2007) et une expansion des achats à l’intervention en cas de besoin. Ceci fait suite à la réintroduction du soutien au stockage privé en novembre 2008. La situation dans le secteur laitier s’est totalement inversée comparé à 2007 et début 2008, en raison d'un accroissement de l'offre sur le marché mondial et d'une réduction de la demande interne, ce qui a mené à une baisse des prix de marché, « jusqu'à des niveaux proches ou même inférieurs aux niveaux d'intervention ». Cela a créé une situation dans laquelle les exportateurs de l’UE sont incapables d’être compétitifs sans les restitutions à l’exportation. D’après la CE, « les restitutions à l'exportation seront appliquées de manière conforme avec nos droits et obligations dans le cadre de l'OMC ».
Source d’information
Europa Press Releases Rapid, IP/09/57, 15 janvier 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/57&for...
February 2009
Réintroduction du soutien au stockage privé du beurre européen
Lors de la présentation de l’accord du Conseil sur le bilan de santé de la PAC au Parlement européen, la commissaire en charge de l’agriculture Mariann Fischer Boel a souligné les effets restrictifs d’un système de gestion basé sur les quotas à la lumière des développements des marchés des produits laitiers en 2007. Elle a souligné les dangers de l’instabilité des prix suite aux tendances récentes des prix, et a affirmé que le « bilan de santé » de la PAC « retiendrait les mesures qui se sont avérées plus efficaces par le passé », telles que l’achat à l’intervention, le soutien au stockage privé et les restitutions à l’exportation, ces mesures étant « activées seules ou ensemble lorsque nécessaire, afin de constituer un filet de sécurité au vu de la situation actuelle des marchés ».
Par ailleurs, le 13 novembre 2008, la CE a réintroduit l’aide publique au stockage privé de beurre pour répondre à la forte baisse des prix, les prix ayant atteint un niveau équivalent ou inférieur au prix d’intervention. Cette « correction sévère » contrastait fortement avec le niveau des prix de 2007. Les acheteurs étant « réticents à s’engager dans des accords majeurs » dans un marché en chute libre, les chutes des prix ont été exacerbées. Étant donné que l’achat à l’intervention est interrompu jusqu’au 1er mars 2009, l’aide au stockage privé a été considérée comme étant une réponse appropriée. « Le système débutera au 1er janvier 2009, le beurre produit en décembre 2008 étant également éligible à l’aide ». Un taux fixe de l’aide à « 15,62 € la tonne, plus 0,44 € la tonne par jour pour couvrir les coûts variables de l’entreposage frigorifique et le financement a été convenu».
Source d’information
Discours de la Commissaire chargée de l’agriculture, Europa Press Releases Rapid, SPEECH/08/629, 18 novembre 2008
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/08/629&am...
CE, 13 novembre 2008
http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/en/316.htm
January 2009
Examen annuel du secteur laitier européen par l’USDA
D’après l’examen annuel du secteur laitier de l’UE réalisé par l’USDA, la production laitière de l’UE à 27 « devrait augmenter en 2008 en conséquence de l’augmentation des quotas de production laitiers et de la hausse de la consommation intérieure ». La production laitière devrait également augmenter en 2009 mais à un rythme plus lent qu’en 2008. Le cheptel laitier de l’UE poursuit son déclin, les gains de productivité dépassant les augmentations de quota (bien que les tendances nationales varient dans ce domaine).
Les exportations de produits laitiers de l’UE, cependant, à l’exception du lait entier en poudre, « devraient diminuer en raison de la forte concurrence exercée par d’autres exportateurs et de la compétitivité réduite de l’UE », découlant d’une hausse du coût des intrants agricoles (notamment l’alimentation animale et l’énergie). Les marges des agriculteurs étant rognées par les prix en déclin du marché, l’USDA s’attend à ce que la CE « réintroduise les restitutions à l’exportation en 2009 pour rendre les produits [laitiers] de l’UE plus compétitifs sur le marché mondial ».
Les tendances de la production laitière au sein du système de quotas varient grandement entre les États membres de l’UE, certains pays sous-approvisionnant leurs quotas et sept pays dépassant leurs quotas (Autriche, Chypre, Irlande, Italie, Allemagne, Luxembourg et Pays-Bas). Les prix élevés du marché mondial en 2007 ont souligné les limites du système de quotas de l’UE, l’expansion de la production en réponse aux tendances des prix sur le marché mondial ayant été contenue.
Tout régime de production plus libéralisé dans le secteur du lait devrait stimuler la production dans certains États membres mais pas dans d’autres, le Benelux, l’Irlande, la Pologne, le Danemark, l’Allemagne et le nord de la France étant les grands gagnants. Dans l’ensemble, les études suggèrent que l’abolition des quotas de production de lait pourrait stimuler la production de lait de l’UE de 2% à 3%.
En réponse aux tendances divergentes dans les États membres de l’UE, certains ont appelé à la création d’un fonds pour la réforme du secteur laitier semblable au fonds pour la réforme du secteur sucrier, qui a été établi grâce à l’augmentation des taxes sur la production de sucre. La CE ne semble toutefois pas favorable à cette option.
Le fromage est devenu un produit laitier rentable, tandis que le lait en poudre et le beurre sont les moins rentables.
Source d’information
USDA, GAIN Report No. E48116, 20 octobre 2008
http://www.fas.usda.gov/gainfiles/200810/146296179.pdf
December 2008
La CE est favorable à des augmentations de quotas plus importantes si les États membres le désirent
Le 19 juin 2008, en déplacement en Italie, la commissaire en charge de l’agriculture Mariann Fischer Boel a indiqué que si la majorité des États membres souhaitait une augmentation supérieure à 1% d’augmentation annuelle des quotas laitiers entre 2009 et 2013, la « CE ne serait pas opposée à cette idée ».
Source d’information
Discours de la commissaire en charge de l’agriculture /08/358, 19 juin 2008
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/08/358&am...
August 2008
L’analyse de la CE des causes des hausses de prix dans le secteur laitier
La note d’information de la CE sur les évolutions et tendances du marché dans le secteur laitier, préparée en vue du sommet de la FAO sur la crise alimentaire, note que le « secteur laitier a été le premier à faire face à des hausses de prix significatives, mues par une forte croissance de la demande ». Le secteur laitier a également été le premier à « connaître une réponse vigoureuse de l’offre ». Une « forte reprise de la production a fait retomber les prix intérieurs à des niveaux plus normaux ». L’impact de la sécheresse en Australie se fait cependant toujours ressentir, et a maintenu les prix des produits laitiers à des niveaux assez soutenus.
Des changements structurels sont en cours dans le secteur laitier, une transition vers la production de protéines s'étant amorcée. Du côté des échanges, « l’UE perd continuellement des parts de marché » au profit de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Compte tenu de l’augmentation de la demande de l’UE, les restrictions de quota détournent des volumes de lait de plus en plus importants vers la production de produits laitiers à plus forte valeur ajoutée, provoquant une baisse de la production et de l’exportation de beurre et de lait en poudre dans l’UE. Cela n’est cependant pas le cas pour le fromage.
Globalement, la croissance de la consommation a été soutenue et supérieure à la croissance de la population. L’augmentation de la production, suivant de très près la consommation, a permis de satisfaire à la demande. Bien que les stocks n’aient cessé de diminuer, le plus gros impact sur les prix est venu de la « concentration de la production et des exportations dans quelques pays, le moindre choc de l'offre augmentant la volatilité de l'offre dans un marché étroit ».
Il convient de noter que conformément aux chiffres annexés dans l’analyse de la CE, au cours de la période dite de « prix très élevés », les prix du lait en poudre écrémé étaient supérieurs de 21% au niveau de 1995, tandis que les prix du fromage étaient supérieurs de 33,6% au niveau de 1995. Pour le beurre cependant, ils étaient 13% inférieurs au pic de 1995.
Source d’information
‘The causes of the food price crisis: dairy products’, EC, AGRI-G1
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/perspec/foodprice/dairy_en.pdf
July 2008
Rapport USDA sur les tendances du secteur laitier de l’UE
S’exprimant face à l’industrie laitière le 1er avril 2008, la commissaire Fischer Boel a réaffirmé la nécessité d’abolir les quotas de production de lait, puisque le « système des quotas lie les agriculteurs et transformateurs dans un monde où ils doivent être libres pour répondre à une demande importante et en plein essor ». Dans ce contexte, elle a prôné une augmentation progressive des quotas laitiers jusqu’en 2015, date à laquelle le régime actuel ne sera plus renouvelé. Elle a ajouté qu’il y aurait encore une place pour les achats à l’intervention mais « en tant que véritables filets de sécurité en temps de crise » mais non en tant qu’outil pour « fixer les prix du marché ».
En mars 2008, la CE a publié les résultats d’un exercice de modélisation économétrique sur l’impact économique de différentes options pour la gestion de l’abolition des quotas laitiers. La conclusion générale de l'étude était qu'une « élimination progressive des quotas permet un ajustement graduel des prix pour atteindre une situation sans quota ». Il a été reconnu qu’un abandon brutal du système des quotas bénéficierait aux producteurs aux coûts les plus faibles mais que cela se ferait aux frais des coûts de sortie des producteurs de lait présentant des coûts plus élevés. Elle note que l’augmentation de la production de lait de l’UE mènerait à une augmentation significative des exportations laitières de l’UE, puisque la demande de produits laitiers dans l’UE est inélastique. Elle note en outre que « l’abolition des quotas implique que le secteur laitier européen sera confronté plus fortement à la fluctuation des prix mondiaux ».
Par ailleurs, le rapport semestriel de l’USDA sur le secteur du bétail de l’UE inclut également un examen des tendances du secteur laitier, où l’on observe une contraction constante des cheptels face à une hausse de la productivité de lait et des restrictions continues de la production. Le rapport note cependant que le taux de contraction a été réduit compte tenu de la hausse des prix du lait.
L’analyse de l’USDA de la décision de l’UE d’augmenter les quotas laitiers de 2% suggère que l’augmentation est survenue en réponse au boom des prix des produits laitiers de 2007. Cependant, elle suggère aussi que la chute des prix laitiers intervenue récemment début 2008 est susceptible d’encourager la CE à adopter une approche plus prudente envers une expansion ultérieure des quotas de production dans le cadre du « bilan de santé » de la PAC, la CE étant susceptible de favoriser « quatre augmentations annuelles de 1% des quotas laitiers entre 2010/11 et 2013/14, plutôt que « six augmentations de 2% entre 2009/10 et 2014/15, qui étaient probablement considérées comme le scénario optimal pour un atterrissage en douceur » dans la précédente analyse.
May 2008
La CE expose sa vision de l’avenir du secteur laitier
S’exprimant lors d’un séminaire sur le secteur laitier dans le contexte du « bilan de santé » de la PAC, la commissaire en charge de l’agriculture Mariann Fischer Boel a affirmé que les prix élevés du lait de l’UE étaient en partie une conséquence de la spéculation autour de l’épuisement des stocks d’intervention de l’UE. Elle a ajouté que la hausse des prix laitiers (après une tendance baissière presque constante depuis 1980) était plutôt une bonne nouvelle pour les agriculteurs. Quelle que soit l’issue du cycle de Doha, « les jours des restitutions à l’exportation sont comptés ». Ces restitutions ne sont pas d’une grande utilité pour cette agriculture compétitive orientée vers le marché que l’UE désire stimuler, mais elle a souligné qu’elles seraient encore appliquées à court terme en cas de besoin.
Elle a également affirmé qu’à l’avenir, les achats à l’intervention se limiteraient à un rôle de filet de sécurité et qu’ils ne seraient pas utilisés pour « influencer les prix du marché ». Elle a en outre indiqué que le nouveau système de soutien de l’UE pour le stockage privé serait revu pour supprimer cette nature automatique et pour le rendre plus orienté vers le marché. Les quotas laitiers devaient être abolis en même temps que le règlement. Cela était considéré comme essentiel puisque « il est évident que le monde souhaite plus de produits laitiers » et « qu’il serait ridicule de laisser les producteurs non européens rafler l’ensemble des opportunités commerciales ». L'abolition des quotas était par conséquent inévitable ; la seule question était comment gérer la transition. L’analyse de la Commission a montré que l'augmentation progressive des quotas permettrait un « atterrissage en douceur » en termes d’effets de prix, mais que sans une telle augmentation progressive, les prix augmenteraient pendant quelques années (la hausse de la demande chassant l’offre statique) pour ensuite décliner nettement dès l’abolition définitive des quotas ». L’augmentation progressive a donc semblé être la meilleure option, et en décembre 2007, la réunion du Conseil de l’UE a convenu d’augmenter les quotas laitiers de 2%, soit une augmentation de 2,84 millions de tonnes. La commissaire a reconnu cependant que des mesures spéciales seront requises pour les zones particulièrement défavorisées et a ajouté que cette question pourrait être couverte par les dépenses des programmes de développement rural ou des mesures spéciales au titre du régime de paiement unique par exploitation.
Source d’information
Discours de la commissaire en charge de l’agriculture (SPEECH/08/6 -11 janvier 2008)
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/08/6&...
Discours de la commissaire en charge de l’agriculture (SPEECH/08/22-17 janvier 2007)
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/08/22&...
Rapport CE sur les perspectives du marché pour le secteur laitier (Bruxelles 12; 12.2007 COM (2007) 800 final)
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2007:0800:FIN:...
February 2008
Les réformes ultérieures du secteur laitier pourraient être accélérées
Lors d’un discours en Lituanie au cours du mois de septembre 2007, la commissaire en charge de l’agriculture, Mariann Fischer Boel, a souhaité mettre en perspective les hausses croissantes du prix du lait et a noté les réponses politiques adoptées par l’UE. Elle a par la suite souligné le besoin de préparer le terrain pour l’abolition des quotas laitiers en augmentant progressivement les quotas existants, permettant ainsi aux agriculteurs européens de tirer profit de la situation actuelle du marché. L’UE a par la suite proposé une augmentation de 2% des quotas laitiers en décembre, ce qui représente une augmentation de 2,84 millions de tonnes. Bien que cela puisse être considéré comme étant cohérent avec les propositions d’élimination progressive des quotas, l’UE insiste sur le fait que cela ne préjuge pas des résultats du réexamen du marché laitier actuellement en cours dans le cadre du bilan de santé de la politique agricole. La décision est cependant conforme aux propositions initiales de l’UE faites en 2003 et qui avaient été rejetées à l’époque par les ministres européens.
La proposition s’inscrit dans le cadre de la demande croissante pour le lait dans l’UE. D’après la CE, « l'accroissement de la production de fromage et de lait frais, entre 2003 et 2007, a absorbé 5,5 millions de tonnes de lait supplémentaires » tandis que « une offre supplémentaire de quelque 8 millions de tonnes serait nécessaire entre 2007 et 2014 pour répondre à la croissance de la demande interne…Pour l'heure, les perspectives sont bonnes sur le marché mondial ». Les marchés émergents semblent présenter des débouchés pour les exportations laitières de l’UE.
Dans le contexte de cette proposition, la commissaire en charge de l’agriculture a souligné que « grâce à la réforme de la PAC, les agriculteurs sont désormais en mesure de produire pour le marché, mais le caractère restrictif des quotas laitiers entrave la réalisation de cet objectif ». Au cours des prochaines années, la demande de produits laitiers à forte valeur ajoutée – en particulier le fromage – continuera à croître tant en Europe que dans le reste du monde. Nous devons donner à nos agriculteurs les moyens de répondre à cet accroissement de la demande ». L'évolution favorable du marché, combinée à la réforme, a abouti en 2007 à une situation sans précédent depuis l'établissement du système en 1968, en ce sens qu'aujourd'hui toutes les restitutions à l'exportation sont égales à zéro et qu'il n'y a plus de stocks d'intervention.
Néanmoins, les quotas laitiers nationaux n’étant pas totalement utilisés (vu la hausse des coûts des intrants), il est encore difficile de prévoir l’impact de l’augmentation des quotas sur la production.
Dans le même temps, le rapport annuel de l’USDA sur secteur laitier européen a été publié. Il affirme que les prix élevés du secteur laitier mondial n’auront pas d’impact sur la production grâce au maintien du plafond du quota annuel de production de lait de l’UE. La production laitière européenne a en réalité chuté en raison de la sécheresse. Néanmoins, les prix élevés ont un impact sur l’usage du lait européen à travers les différents secteurs, avec une plus grande demande pour le lait destiné à la production de fromages. Le rapport souligne la diminution de l’usage du lait pour la production de beurre et de lait en poudre, les déficits en beurre étant compensés par les stocks d’intervention. La hausse du coût du fourrage exerce, semble-t-il, une pression financière sur l’industrie, et la Roumanie et la Bulgarie doivent surmonter des défis majeurs pour répondre aux normes européennes en matière de sécurité alimentaire.
En septembre 2007, l’UE a pris la décision d’abandonner l'application obligatoire du régime des certificats d'importation.
January 2008
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La part décroissante de l’UE sur le marché mondial du lait reflète le changement de priorité de la politique vers la production de produits laitiers à plus forte valeur ajoutée. La position déclinante sur les marchés du fromage, mesurée en termes de volume, reflète également cette tendance, bien que cela soit également attribuable à la forte croissance de la demande intérieure en fromage à travers l’UE27. Dans l’immédiat, il est difficile de déterminer clairement l’impact plus général que certaines politiques européennes, conçues pour protéger les producteurs nationaux de la chute des prix, ont sur les prix laitiers mondiaux. Les achats à l’intervention semblent adoucir les pressions baissières sur les prix en période de prix faibles, tandis que les ventes des stocks d’intervention, à condition d’être bien gérées, peuvent adoucir les pressions haussières sur les prix en période de flambée des prix. Ceci semble être un facteur stabilisant. Toutefois, l’existence d’une telle « politique d’assurance » pourrait, à plus long terme, maintenir les niveaux de production européens au-dessus des niveaux qui prévaudraient en l’absence de l’approche « filet de sécurité » (ou « politique d’assurance ») adoptée par l’UE.
En ce qui concerne le développement du secteur laitier en Afrique, la disponibilité d’instruments de politiques pour soutenir et alimenter le développement du secteur laitier local constitue toujours un point essentiel. Dans certains pays, les instruments traditionnels de politique commerciale (par ex. la protection des industries naissantes et les licences d’importation) sont utilisés pour alimenter le développement du secteur laitier local. La disponibilité continue de ces instruments sera vraisemblablement cruciale pour le développement ultérieur du secteur laitier dans ces pays. Ces craintes du secteur laitier pourraient peser lourdement dans certaines des positions adoptées dans les négociations d’APE intérimaires, où certaines mesures ont été proposées par l’UE en vue de limiter l’utilisation de ces instruments traditionnels de politique commerciale à l’appui du développement du secteur laitier.