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Secteur du coton

Le Brésil et les États-Unis renouvellent l’accord provisoire conclu dans le cadre du différend sur le coton

Les gouvernements du Brésil et des États-Unis ont conclu un accord supplémentaire pour mettre fin au différend sur le coton à l’heure où les législateurs américains révisent la Farm Bill de 2008. Il ne s’agit pas d’une solution permanente, mais elle empêchera une nouvelle escalade du conflit qui les oppose (en évitant l’imposition de sanctions commerciales par le Brésil sur les produits autres que le coton). D’après l’ICTSD, l’accord cadre oblige les États-Unis à verser « plus de 147,3 millions de dollars US par an sous forme de « fonds d’assistance technique » pour aider les agriculteurs brésiliens », les États-Unis ayant convenu d’établir « une limite sur les subventions au coton qui faussent les échanges ». Le nouvel accord cadre se fonde sur l’accord obtenu en avril 2010.

Certains observateurs brésiliens ont affirmé que le nouvel accord « ne va pas suffisamment loin pour redresser les torts des subventions américaines au secteur du coton » puisqu’il n’offre pas le geste fort attendu par le Brésil dans l’action intentée à l’OMC, à savoir le changement de la politique américaine. Pedro de Camargo Neto, ancien secrétaire d’État brésilien au commerce, regrette l’absence de « mesures vigoureuses » pour réformer les subventions au coton, ajoutant que « plus ils seront retardés, plus les changements significatifs deviendront difficiles à apporter ».

Au même moment, d’après les déclarations du ministère américain de l’agriculture (USDA), « les cours mondiaux du coton ont augmenté en raison d’une diminution de l’offre ». Ceci, conjugué à une dépréciation du franc CFA ouest-africain, permet aux producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest d’augmenter leurs revenus. Ceci mène à une stabilisation des exportations voire à une légère reprise, après une chute des exportations de quasi 50% depuis 2003/04. L’USDA attribue cette chute à la force de l’euro, qui a miné la concurrence des exportations de coton ouest-africaines sur les marchés négociant en dollars. C’est ainsi que les rendements et les surfaces consacrées à la culture du coton ont baissé dans la région, et ont freiné la privatisation du secteur du coton. Un euro plus faible conjugué à une meilleure efficacité pourrait, semble-t-il, induire une reprise de la production de coton ouest-africaine.

Source d’information

ICTSD, article de presse, Bridges Weekly Trade News Digest, Vol. 14, No. 23, 23 juin 2010
http://ictsd.org/i/news/bridgesweekly/78816/

Commentaire

La solution provisoire au différend sur le coton opposant les États-Unis et le Brésil semble réduire quelque peu la pression sur les États-Unis pour des concessions à l’OMC dans le secteur du coton, laissant le groupe C4 de pays producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest– Mali, Burkina Faso, Tchad et Bénin – à la merci des distorsions de marchés mondiaux du coton. Ceci semble confirmer la nécessité pour l’UE de prendre les problèmes du secteur du coton à bras le corps dans le cadre de la conception de son paquet de réformes de la PAC de 2013.

Agritrade News Update - August 2010


Les discussions sur le coton ne suscitent pas l’optimisme

Le 12 mai, le Directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, a déclaré aux délégués que ‘le coton est devenu une mise à l’épreuve pour la dimension de développement du cycle de Doha.’ Cette déclaration a été faite en réaction aux allégations qu’‘aucun progrès n’avait été fait depuis 2005,’ malgré l’établissement d’un sous-comité sur le coton, avec une attribution de réviser ‘toutes les politiques entraînant une distorsion du commerce affectant le secteur dans les trois piliers d’accès au marché, de soutien interne et de concurrence aux exportations.’ Bon nombre de ces opinions ont été exprimées lors de la réunion du mécanisme consultatif à Genève à huis clos le 7 juin.

Le Brésil a décrit les subventions au coton des pays développés comme ‘une source injuste de concurrence’ et suggère que les discussions ont ‘fait marche arrière depuis 2005, alors que les représentants africains se sont plaints de manière informelle que les réunions du sous-comité pour le coton deviennent ‘un rituel’ ne générant pas de véritables résultats. Les États-Unis continuent à insister sur le fait que les problèmes de coton ne pourront être abordés que lorsque tous les autres problèmes agricoles auront été résolus.

Le Directeur général Lamy a mis en évidence l’expansion importante de l’ajustement de l’aide au secteur du coton entrepris malgré le déclin économique. Les représentants tanzaniens ont cependant soutenu que ‘l’aide au développement sans réductions de l’aide interne ne menait nulle part.’

Le ministre du commerce du Burkina Faso, Léonce Koné, a fait remarquer aux autres délégués lors de la réunion le 7 juin que ‘le rythme actuel des négociations rendent les gens pessimistes à propos d’une conclusion imminente du cycle de Doha.’

Source d’information

ICTSD, article de presse, ‘WTO delegates perform cotton “ritual”’, Bridges Weekly Trade News Digest, Vol. 14, No. 21, 9 juin 2010
http://ictsd.org/i/news/bridgesweekly/77690/

IPS, article de presse, ‘“Cotton dossier” will make or break WTO’s Doha Round’, 9 juin 2010
http://allafrica.com/stories/201006090513.html

IPS, article de presse, ‘La réussite ou non du Cycle de Doha de l’OMC dépend du « dossier coton »’, 15 juin 2010
http://fr.allafrica.com/stories/201006151044.html

Commentaire

Alors que la position des États-Unis sur les questions du coton est cruciale, l’UE pourrait faire preuve de leadership sur cette question en utilisant le cycle 2013 de réformes de la PAC pour modifier les mesures de soutien du coton, notamment des paiements d’aides directes, de manière à influencer positivement les prix obtenus sur les marchés servis par les producteurs de coton ACP. Cela impliquerait d’intégrer dans le processus de réformes 2013 des mesures spécifiques pour donner une expression concrète aux positions affirmées de l’UE à l’OMC sur les questions du coton. Les producteurs de coton ACP devraient être enclins à établir un groupe de travail pour examiner ce qui pourrait précisément être impliqué dans la transposition des engagements de l’UE dans l’OMC dans les mesures de réforme internes de la PAC.

Agritrade News Update - July 2010


Malgré une augmentation de la production, le marché mondial du coton reste serré

La dernière circulaire du Foreign Agriculture Service de l’USDA relative au secteur du coton prévoit une augmentation de 11% de la production de coton en 2009/2010. Les surfaces consacrées à la culture du coton devraient augmenter de 7%, tandis que les rendements devraient augmenter de 2,8% en moyenne. L’augmentation de la production la plus significative est prévue aux États-Unis.

Si au niveau mondial, en 2008/2009, le secteur du coton a connu des stocks excédentaires et des prix relativement bas, la reprise économique mondiale dope actuellement la demande et soutient les prix, ceux-ci ayant repris leur courbe ascendante dès la mi-2009. En effet, l’USDA prévoit que la consommation mondiale en 2010/2011 « dépassera la production pour la cinquième année consécutive ». Le ratio stock/utilisation devrait chuter à son niveau le plus bas de ces 16 dernières années. Étant donné l’équilibre sous-jacent de l’offre et de la demande et les restrictions imposées par le gouvernement indien sur les exportations pour satisfaire à la demande nationale, les prix du coton sont en hausse. Toutefois, ces hausses de prix pourraient réfréner la demande, en particulier si la reprise économique mondiale reste chancelante.

Source d’information

USDA, FAS, ‘World stocks tighten as consumption outpaces increased production’, Circular Series, FOP 05-10, mai 2010
http://www.fas.usda.gov/cotton/circular/2010/May/cottonfull05-10.pdf

USDA, FAS, ‘World cotton production jumps 11%’, Circular Series, WAP 05-10, mai 2010
http://www.fas.usda.gov/wap/circular/2010/10-05/productionfull05-10.pdf

Commentaire

L’augmentation de la production de coton aux États-Unis souligne l’importance pour d’autres pays producteurs de coton d’obtenir un accord sur le coton à l’OMC, qui sera en mesure de réduire les programmes d’aide américains stimulant la production. Un tel accord permettrait aux fournisseurs ACP de profiter davantage de la hausse des prix du coton sur le marché mondial. Nul ne sait si un tel accord est imminent, étant donné l’accord bilatéral récemment conclu entre les États-Unis et le Brésil pour résoudre leur différend sur le coton.

Agritrade News Update - June 2010


Impact potentiel de l’accord de l’OMC sur le coton

L’ICTSD a publié un rapport sur les résultats d’un exercice de modélisation destiné à évaluer l’impact des différents scénarii de réforme pour le secteur du coton :

  • le scénario A repose sur l’application des dispositions spéciales applicables au secteur du coton incluses dans le projet de modalités révisé de décembre 2008 ;
  • le scénario B repose sur les dispositions générales du projet de modalités révisé de décembre 2008 ;
  • le scénario C modélise les effets de la mise en oeuvre des recommandations de l’ORD dans le différend US upland cotton ;
  • le scénario D modélise l’impact des mesures prises effectivement par les États-Unis en réponse à la décision de l’ORD ;
  • le scénario E se concentre sur l’impact des réformes internes aux États-Unis et dans l’UE, adaptées à la fois par la réforme de la PAC de 2003/2004 et la US Farm Bill de 2008.

Le modèle se penche alors sur l’impact de ces différents scenarii, s’ils avaient été appliqués au cours de la période 1998-2007.

Le rapport révèle que le scénario A aurait entraîné une hausse du prix mondial du coton de 6% en moyenne, avec une fourchette allant de 2 à 10%, et une baisse de la production de coton américaine et européenne de 9 et 24% respectivement. Dans les années de baisse historique des prix mondiaux, la diminution de la production américaine aurait été plus importante que la moyenne (15%). Pour certaines années, les diminutions de la production américaine auraient été plus importantes que l’ensemble de la production du groupe ACP. Dans ce scénario, la production de coton du groupe ACP aurait augmenté en moyenne de 2%.

Dans le scénario B, « le prix mondial moyen n’aurait augmenté que de 2,5% ». L’impact sur la production aurait été nettement plus faible dans le Scénario B que dans le Scénario A (-4% aux États-Unis et inchangé dans l’UE). Ceci suggère que « le retrait des dispositions spéciales pour le coton du texte des modalités restreindrait fortement la possibilité pour le Cycle de Doha de mener à une baisse des niveaux de subventions et à une hausse des prix mondiaux du coton ».

Dans le scénario C, « le prix mondial du coton aurait enregistré une hausse de 3,5% en moyenne » en 1998-2007, tandis que la production américaine aurait chuté de 7% en moyenne.

Dans les scénarii D et E, l’augmentation des prix mondiaux n’aurait atteint que 0,7% en moyenne, la réforme de la PAC comptant pour la totalité de ce changement dans le scénario E. Les effets sur les volumes de production du scénario D auraient été négligeables, toutefois dans le scénario E, « la production aurait chuté de 20% en moyenne ».

Globalement, « la hausse simultanée des volumes d’exportation et des prix mondiaux aurait conduit à une augmentation évidente de la valeur des exportations pour tous les exportateurs nets sauf les États-Unis », l’ampleur des changements dans les exportations étant la plus forte dans le Scénario A, modérée dans les Scénarios B et C, et faible ou négligeable dans les Scénarios D et E. « Les volumes et les coûts des importations de l’UE auraient enregistré des hausses conséquentes » dans les Scénarii A et E.

L’auteur note que « pratiquement tous le avantages découlant du Cycle de Doha pour le coton résulteront de la réduction des subventions… l’accès au marché jouera au mieux un rôle marginal ». Ceci est dû au fait que l’accès en franchise de droits est déjà accordé au coton par la plupart des pays. Par conséquent, dans le secteur du coton, « les subventions devraient être au cœur des négociations ».

Source d’information

ICTSD, document analytique, ‘How would a trade deal on cotton affect importing and exporting countries?’, avril 2010
http://ictsd.org/downloads/2010/04/ictsd-draft-cotton-paper.pdf

ICTSD, « Marché mondial du coton et réforme des politiques : impacts potentiels de scénarios alternatifs », Éclairage sur les négociations, Vol. 9, No. 3, avril 2010
http://ictsd.org/i/agriculture/72899/

Commentaire

La centralité du démantèlement des subventions internes dans le secteur du coton est une fois encore soulignée dans cette analyse. Toutefois, la réticence des États-Unis à s’engager effectivement dans les négociations de l’OMC et le véritable « achat du silence » du Brésil dans le différend sur le coton assombrissent quelque peu les perspectives des producteurs ACP d’engranger des bénéfices à court terme dans le processus OMC.

Agritrade News Update - May 2010


Les États-Unis et le Brésil parviennent à un accord préliminaire dans le différend sur le coton

Le 6 avril 2010, les États-Unis et le Brésil ont négocié un accord qui pourrait empêcher les mesures de représailles du Brésil, autorisées par l’OMC dans sa décision de 2009 sur le différend sur le coton qui opposait les États-Unis et le Brésil. Cet accord s’articule autour de trois éléments :

  • une offre de US$147,3 millions par an faite au Brésil sous la forme d’un fonds d’ « assistance technique » ;
  • un engagement à apporter des changements à un programme de crédit à l’exportation encourageant les acheteurs étrangers à acheter du coton américain ;
  • un engagement à ouvrir le marché américain aux importations de viande du Brésil.

En échange de ces concessions, le Brésil est convenu de « suspendre les représailles ». Toutefois, il ne s’agit là que de la première étape. Les États-Unis devront maintenant pleinement concrétiser ces engagements afin de mettre un terme final à ce différend.

Source d’information

ICTSD, rapport de presse, ‘US, Brazil agree to negotiate end to cotton dispute’, Bridges Weekly Trade News Digest, Vol.14, No.13, 14 avril 2010
http://ictsd.org/i/news/bridgesweekly/74051/

Commentaire

La conclusion d’un accord États-Unis/Brésil pour éviter toute mesure de représailles est peu susceptible de porter rapidement ses fruits comme le souhaitaient les pays ACP, puisque le problème systémique des effets des subventions du secteur du coton sur la production et le commerce ne pourra être fondamentalement abordé que lors de la révision de 2012 de la « Farm Bill ». Ce qui est remarquable cependant c’est comment il est possible « d’acheter » les plaignants avec une assistance technique et des concessions d’accès au marché dans d’autres domaines, afin d’éviter toute nouvelle contestation relative à ces problèmes systémiques. Ces accords ne permettront malheureusement pas de résoudre les problèmes systémiques qui préoccupent tant les gouvernements ACP.

Agritrade News Update - May 2010


Résolution ACP sur le coton

Lors de la 90e session du Conseil des ministres ACP, une résolution sur le coton a été adoptée « déplorant l'absence de réaction suite aux propositions des pays africains producteurs de coton » présentées à l’OMC « demandant la suppression totale » des subventions au secteur cotonnier versées aux producteurs de l’OCDE. La résolution invite l’UE à « démontrer plus d'ambition dans le soutien apporté aux positions des pays co-auteurs de l'initiative pour le coton et du Groupe ACP à l'OMC ». La résolution réaffirme que les pays ACP considèrent les questions liées au coton comme « un indicateur majeur de la composante « développement » du cycle de négociation en cours.

Source d’information

Secrétariat ACP, Résolution des ministres ACP, ACP/25/014/09, 19 novembre 2009
http ://www.acp-eu-trade.org/library/library_detail.php ?library_detail_...

Commentaire

Il faut rappeler que certains observateurs ont estimé que les négociations OMC ont échoué sur les questions de sauvegarde agricole, essentiellement pour éviter de mettre en avant le problème totémique des subventions au secteur du coton. En grande partie, il s’agit d’un problème dans lequel les États-Unis occupent une place centrale et où l’UE ne joue qu’un rôle secondaire. La réclamation des pays ACP s’avère être que le rôle joué actuellement par l’UE ne soutient pas suffisamment les positions ACP adoptées dans le cadre de l’initiative Coton.

Agritrade News Update - December 2009


Évaluation comparative des perspectives pour les marchés mondiaux du coton

La CE a produit un examen des perspectives pour les produits agricoles pour la période 2009-18. Dans le cas du secteur du coton, les prévisions du FAPRI et de l’USDA sont examinées. Les deux prévoient un déclin de la consommation mondiale de coton en 2008/09 en raison du ralentissement économique. La consommation et la production devraient toutefois reprendre leur croissance en 2010, l’USDA prévoyant une tendance haussière plus marquée. La croissance de la production est mue par une augmentation des rendements, qui est deux fois plus forte que le taux d’expansion de la superficie consacrée à la culture de coton, puisque la superficie consacrée au coton fait concurrence à d’autres produits utilisés dans la production de biocarburants (céréales et oléagineux). À la fin de la période de prévision, la consommation devrait avoir augmenté de 21% à 28%.

Toujours selon l’examen de la CE, « les prix suivent la demande qui chutera nettement en 2008/09 » (-16%), mais qui se rétablira dès 2010/11, pour atteindre US $1.712 en 2018/19 selon les estimations du FAPRI, soit un niveau 27% supérieur aux niveaux de prix de 2009/10. Dès 2010, le commerce mondial devrait « croître de manière plus vigoureuse que la production et la consommation globales », le FAPRI prévoyant une augmentation de 54% et l’USDA de 32%. La Chine devrait consolider sa position en tant que principal importateur mondial de coton, tandis que les États-Unis devraient demeurer le principal exportateur mondial, avec « un tiers du commerce mondial », d’après l’USDA.

Source d’information

Commission européenne, Analyse de la politique commerciale agricole, document de travail, juillet 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/worldmarkets/outlook/2...

Commentaire

Les prévisions de l’USDA relatives à la poursuite de la domination américaine au niveau des exportations mondiales de coton sont basées sur l’hypothèse du maintien des programmes de soutien américains dans le secteur agricole. Ceci souligne l’importance d’avancer à l’OMC sur les questions liées au coton et soulevées par les pays ACP africains.

Agritrade News Update - October 2009


La commercialisation du coton bio : un défi à relever pour les petits pays producteurs

Selon un article d'INRI (sur la base du rapport 2008 d'Organic Exchange), la production de coton biologique s'établirait à 145 000 tonnes en 2008 après une hausse de 150% en un an, soit 0.55% de la production totale de coton. L'Afrique de l'Ouest en produirait 2% (contre 3% dans le cas du coton conventionnel produit), mais ce volume serait en hausse, avec un doublement de la production entre 2007 et 2008.

Ces volumes supplémentaires pourraient obtenir difficilement un débouché, selon une chronique sur les produits de base diffusée sur RFI. En effet, bien que la demande des consommateurs finaux se maintienne, malgré la crise, les exportations de coton biologique des petits pays producteurs pourraient ne pas trouver demandeur, en raison d’une demande trop stricte des intermédiaires, filateurs et distributeurs. Les groupes textiles et distributeurs privilégient en réalité les grands producteurs comme la Turquie et l'Inde, qui sont plus fiables, ce qui rend la commercialisation du coton biologique difficile pour les petits pays producteurs. « Les rendements [des cultures biologiques] sont [en effet] aléatoires et fortement dépendants des facteurs météorologiques et climatiques ». Ainsi, la Syrie a du vendre son coton bio en coton conventionnel, faute d'acheteur.

Par ailleurs, les filateurs ne sont pas forcément incités à se fournir en coton bio car produire biologique représente un coût pour eux également; ainsi « il faut non seulement payer la prime mais aussi le certificat qui revient environ à 100 dollars la tonne ». Enfin, « leurs clients ont des besoins pour l'instant limités », puisque qu’il faut au produit final seulement 5% de coton biologique pour être certifié bio.

Source d’information

RFI, Chronique des matières premières, Le coton biologique, une culture à risque, 30 mars 2008
http://www.rfi.fr/radiofr/editions/111/edition_127813.asp

IRIN, Afrique de l'Ouest: Le coton bio peut-il sauver l’industrie ?, 17 février 2009
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=82969

Commentaire

Alors que les prix du coton dégringolent depuis l’automne 2008, le coton biologique représente un segment très intéressant pour les petits producteurs ACP, et la hausse des volumes produits le montre. Cependant, pour que l'approvisionnement du secteur textile en coton bio ne reste pas l'apanage des producteurs des pays émergents, il semblerait nécessaire de renforcer l'aide au commerce pour le soutien des petits producteurs ACP à la conversion à la production biologique (certification) et également à la commercialisation, afin qu'ils puissent trouver un débouché à cette production.

May 2009


Les stocks publics créent un climat d’incertitude

L’USDA fait état d’achats de volumes importants de coton auprès des stocks publics de la Chine et de l’Inde : des « sources du secteur indiquent que la Cotton Corporation of India a l’autorisation d’acheter jusqu’à 11,7 millions de balles, soit la moitié de la récolte 2008 ». Si cela a le mérite de soutenir les prix internes de la Chine et de l’Inde et de relâcher la pression sur les prix mondiaux, à long terme, ces stocks importants pourraient rendre le redressement des prix un processus assez lent.

Source d’information

USDA, Circular Series FOP-09-01, janvier 2009
http://www.fas.usda.gov/cotton/circular/2009/January/cottonfull0109.pdf

Commentaire

L’accent de l’USDA sur l’impact commercial des achats à l’intervention par les gouvernements chinois et indien doit être placé dans le contexte des effets de distorsion des échanges de la politique américaine en matière de subventions internes et des efforts américains pour détourner l’attention de cette préoccupation générale. Néanmoins, les producteurs de coton ACP devront rester attentifs aux effets des stocks indien et chinois sur le marché pour la planification des niveaux de production futurs et des stratégies de commercialisation.

February 2009


Contraction massive de la demande mondiale en coton

L’USDA fait état de la pire contraction de la consommation mondiale de coton de ces 65 dernières années, ce qui a pour conséquence de faire baisser les prix. Les mesures adoptées par l’Inde et la Chine pour venir en aide à leurs producteurs nationaux devraient vraisemblablement soutenir les niveaux de production malgré la chute des prix, rallongeant ainsi la durée de cette crise.

Source d’information

USDA FAS, Circular Series, FOP 12-09, décembre 2008
http://www.fas.usda.gov/cotton/circular/2008/Dec/cottonfull1208.pdf

Commentaire

La dépression actuelle du marché implique que les pays africains feront certainement peu de bénéfices à court terme grâce au règlement du différend sur le coton à l’OMC.

January 2009


Les prix mondiaux du coton sont en baisse

L’USDA fait état d’un déclin des prix du coton au vu de la baisse de la demande des consommateurs, les prix ayant chuté d’environ 30% entre juin et septembre 2008. Ceci fait suite à une baisse de 6% de la consommation mondiale et à une baisse de 14% des échanges mondiaux depuis juin 2008.

Source d’information

USDA, Circular Series FOP 11-08, novembre 2008
http://www.fas.usda.gov/cotton/circular/2008/Nov/cottonfull1108.pdf

Commentaire

Si les cultivateurs de coton américains et européens sont protégés par le régime de paiement unique à l’exploitation appliqué par leurs gouvernements, les producteurs de coton africains seront quant à eux touchés de plein fouet par les chutes de prix.

December 2008


Baisse des prix du coton selon l’USDA

Les prix du coton ont chuté de 20% depuis le niveau record d’avril 2008 en réaction au ralentissement de la croissance mondiale et à la demande stagnante de coton. La demande étant plus faible et les prix des produits concurrents affichant des baisses relatives, les craintes concernant la disponibilité des approvisionnements s’estompent. Toutefois, « les stocks mondiaux devraient encore considérablement baisser à la fin de la saison commerciale 2008/09 ».

Source d’information

USDA, Circular Series FOP 08-09, septembre 2008
http://www.fas.usda.gov/cotton/circular/2008/Sept/cottonfull0908.pdf

Commentaire

Il est difficile de dire ce que les tendances actuelles du marché impliquent pour les pays ACP déterminés à progresser rapidement dans l’agenda convenu pour la résolution du différend sur le coton à l’OMC. La situation politique intérieure aux États-Unis est susceptible d’avoir un impact sur l’évolution de ce différend plus important que l’environnement mondial au sein de ce secteur.

October 2008


Pas de changement en ce qui concerne les subventions américaines au secteur du coton

L’ICTSD ne rapporte aucun changement sur la question du coton lors de la mini-ministérielle, malgré l’accord visant des abaissements « accélérés et ambitieux » des subventions et des tarifs douaniers pour le coton. Les rapports de presse suggèrent que la position radicale des États-Unis dans les discussions entourant le mécanisme de sauvegarde spéciale pourrait bien avoir été une manœuvre destinée à détourner l’attention de ses subventions au secteur du coton en pleine année électorale, où tout engagement envers des réductions supplémentaires des subventions aurait des conséquences politiques sérieuses. La décision américaine de lier les avancées sur les subventions au secteur du coton à des concessions en terme d’accès au marché de la part de la Chine a été jugée par certains commentateurs comme étant une tentative par les États-Unis d’éviter toute décision difficile au cours de cette année électorale.

Commentaire

La lenteur des progrès sur la question du coton est une des raisons pour lesquelles les porte-parole ACP ont affirmé que la plupart des questions ayant un intérêt pour les pays ACP n’ont pas été abordées.

September 2008


Les réformes du secteur du coton de l’UE ont été convenues mais peu de progrès ont été accomplis pour aider les producteurs africains

Le 23 juin 2008, le Conseil de l’UE a adopté un nouveau programme de réformes du secteur du coton après la décision de la Cour de justice du 7 septembre 2006 annulant les précédentes mesures. Ces réformes s’engagent à maintenir 65% des aides découplées au secteur du coton et à étendre les programmes de restructuration nationaux pour faciliter la restructuration du secteur de l'égrenage et améliorer la qualité et la commercialisation du coton produit.

Au même moment, le Conseil ACP réuni pour débattre du Partenariat UE-Afrique sur le coton s’est dit peu satisfait des « résultats concrets obtenus jusqu’à présent ». Les représentants ACP ont appelé à ce que la CE et les États membres « accélèrent le déboursement des ressources annoncées pour promouvoir le renforcement et le développement du secteur du coton en Afrique ». Certains se sont également dits inquiets de l’absence de progrès à l’OMC sur les questions du coton, bien que le soutien de la CE en la matière ait été salué.

Source d’information

Communiqué de presse IP/08/993, 23juin 2008
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/08/993&fo...

Commentaire

À plusieurs égards, le processus de réforme du secteur du coton a peu d’impact sur les producteurs de coton africains, les évolutions de la politique américaine étant la préoccupation majeure. S’agissant du soutien de l’UE aux ajustements du secteur du coton, des problèmes similaires à ceux rencontrés dans les secteurs de la banane, du riz et du sucre semblent se poser, ce qui suggère un problème systémique dans le déploiement de l’aide de l’UE à l’ajustement de la production agricole dans les ACP.

August 2008


L’analyse de la CE des causes des hausses de prix dans le secteur du coton

La CE a préparé une note d’information sur les évolutions et tendances du marché dans le secteur du coton en vue du sommet de la FAO sur la crise alimentaire. Ce document signalait que « la production mondiale a suivi le même rythme que la consommation mondiale croissante, limitant ainsi toute hausse de prix soutenue ». Il indiquait que si la superficie consacrée au coton était stagnante, les rendements avaient augmenté, « ce qui a entraîné une accélération de la croissance de la production depuis 2002 ». Le document met en évidence les tendances changeantes du commerce du coton, avec une augmentation des exportations américaines au vu de la réduction de la production et de la consommation nationale. Les importations de l’UE ont également chuté, reflétant le déclin de l’industrie textile (la consommation a diminué de 22,3 % entre 2005 et 2007). La production de l’UE a également baissé, fortement en 2006 (de 35 %), et se stabilisant à ce niveau le plus bas en 2007.

Toutefois, la demande chinoise augmente (elle a doublé depuis 2001), alors que la production n’a augmenté que de 41,4 %, faisant du pays un importateur majeur. Le Brésil et l’Inde ont augmenté leur production (de 100 % et 49 %, respectivement), mais la consommation en Inde n’ayant augmenté que de 44,6 %, ce pays est devenu un exportateur net. De même, la consommation au Brésil n’a augmenté que de 18,3 %. Le document d’information signale que « l’Afrique semble rater les occasions qu’offre la hausse de la demande en Asie ». La production africaine a montré des tendances variables, mais avec une diminution importante par rapport au pic de 1,75 million de tonnes atteint en 1997 (1,3 million de tonnes en 2007). La consommation africaine a également fluctué autour d’une tendance à la baisse à long terme (d’un pic de 664 millions de tonnes en 1995, à un niveau plancher de 525 millions de tonnes en 2007, soit une réduction de 21 %).

D’après la CE, « le principal facteur expliquant la variabilité des prix du coton est l’écart changeant entre les excédents d’exportation croissants de la production américaine et le déficit d’importation en Chine, qui affecte de manière disproportionnée l’évolution des prix mondiaux ».

Source d’information

« The causes of the food price crisis: cotton », CE, AGRI-G1
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/perspec/foodprice/cotton_en.pdf

Commentaire

Au cours de la période dite de « prix élevés des produits de base », les prix moyens du coton, quoique plus élevés que pendant la période 2002-05 (de 6,4 %) étaient en réalité 29,3 % inférieurs au prix moyen de la période 1995-97. À l’instar du sucre et du bœuf, le coton est une produit pour lequel les hausses de prix n’ont pas beaucoup profité aux exportations des pays ACP vers l’UE. Par ailleurs, même si les prix du coton sur le marché mondial, exprimés en dollars américains, ont augmenté, il convient de souligner que pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, cette hausse a été minée par le fait que leur monnaie (le franc CFA) est liée à l’euro, ils rencontrent donc des problèmes du fait de la dépréciation du dollar américain par rapport à l'euro.

July 2008


La CE réaffirme son soutien aux préoccupations africaines concernant le coton

Lors d’une réunion avec les ministres en charge du commerce du Mali et du Burkina Faso le 6 février 2008, la commissaire en charge du commerce a réaffirmé le soutien de l’UE aux positions africaines dans le différend sur le coton, décrivant le coton comme une priorité de développement dans le cycle de Doha. Dans un mémorandum connexe, la CE a noté que « le subventionnement des exportations de coton par les pays développés a des effets désastreux sur les prix » pour les producteurs africains de coton et a appelé à une « élimination de toutes les formes de restitution à l’exportation » sur le coton. Le mémorandum note qu’en vertu des programmes d’aide de la CE depuis 2004, « plus de 260 millions d’euros ont été alloués à des programmes et projets relatifs au coton ». La CE a ajouté que les mesures suivantes devraient être prises en compte dans le cadre du cycle de Doha :

  • l’élimination de toutes les formes de subventionnement des exportations de coton par les pays développés ;
  • l’octroi d’un accès en franchise de droits pour les importations de coton en provenance des PMA par tous les pays développés et avancés ;
  • une réduction substantielle du soutien interne ayant des effets de distorsion des échanges pour les producteurs de coton dans les pays développés.
Source d’information

Communiqué de presse CE (IP/08/190, 6 février2008)
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/08/190&fo...

Mémorandum CE (MEMO/08/75, 6 février 2008)
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/08/75&f...

Commentaire

Il convient de noter eu égard aux mesures réclamées que l’UE ne doit prendre aucune mesure supplémentaire, puisqu’elle offre déjà un accès en totale franchise de droits et de contingents aux PMA, qu’elle a déjà éliminé le subventionnement des exportations de coton et qu'elle a annulé toutes les formes de soutien ayant des effets de distorsion des échanges dans le secteur du coton.

March 2008


Consultation de l’UE sur les réformes du coton européen

Après la contestation de la décision du Conseil de 2004 relative à la réforme de la politique en matière de coton par le gouvernement espagnol devant la Cour européenne de justice, la CE a décidé de lancer un processus de consultation, dont les contributions seront prises en considération dans la préparation de la proposition de la Commission. Le document de consultation électronique peut être consulté via le lien ci-dessous.

Source d’information

Lien web vers le questionnaire de consultation sur le régime communautaire applicable au coton
http://ec.europa.eu/yourvoice/ipm/forms/dispatch

June 2007


Analyse des réformes du secteur du coton en Afrique de l’Ouest

Une étude de mars 2007 du Groupe d’économie mondiale a révélé que les producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest sont peu sensibles aux changements de prix mondiaux et que s’ils veulent bénéficier des réformes multilatérales, il conviendra de procéder à une réforme réglementaire profonde des structures commerciales du coton. Tout en reconnaissant les spécificités nationales, l’étude suggère certains changements fondamentaux qui s’imposent, notamment :

  • assurer un alignement plus étroit entre les prix des producteurs mondiaux et nationaux ;
  • améliorer la productivité du secteur du coton en renforçant l’infrastructure du marché aux points cruciaux de la chaîne d’approvisionnement et garantir l’ouverture aux progrès technologiques y compris la biotechnologie ;
  • investir dans les infrastructures physiques et informatiques pour que les exploitants soient plus proches des marchés.

À contrario, un rapport d’Oxfam consacré aux producteurs de coton du Mali affirmait que le processus de privatisation du secteur du coton au Mali, dirigé par la Banque mondiale, notamment l’adoption d’un nouveau mécanisme de fixation des prix, a laissé les agriculteurs dans une situation encore plus précaire. Il affirme qu’en transférant essentiellement « la tendance à la baisse des cours mondiaux du coton directement au producteur de coton », les réformes étaient en train de déstabiliser le coton comme source de recettes pour des millions de producteurs, d’augmenter l’endettement et l’insécurité alimentaire. Le rapport appelle à ce qu’une réforme de la filière coton soit envisagée à la lumière de l’importance du coton pour la croissance globale et la réduction de la pauvreté au Mali. « Si la réforme peut créer des opportunités économiques pour les producteurs de coton, par exemple la possibilité de négocier une part plus large du prix mondial et de participer à la gestion de la filière, les producteurs ne sont pas en mesure de gérer les risques associés à la volatilité et à la chute des prix ». Le rapport ajoute que « le risque en matière de prix devrait, pour le moins, être partagé entre les producteurs, les compagnies d’égrenage et les négociants » et que les gouvernements et la communauté des donateurs devraient intervenir en cas de risque extrême ou soutenu. Avec « la progression de la privatisation de la filière coton au Mali, il est crucial de renforcer l’assistance technique et les capacités des organisations paysannes, afin de garantir leur participation effective à la gestion de la filière, préalablement à la privatisation… autrement, les coopératives locales fragiles, nouvellement constituées risquent d’être sapées par l’endettement, la baisse des taux d’alphabétisation et les tensions sociales qui y sont associées ».

Source d’information

Rapport GEM, mars 2007 (seulement en anglais)
http://www.gem.sciences-po.fr/content/publications/pdf/shepherd_delpeuch...

Note d’information d’Oxfam No. 99, mars 2007 (seulement en anglais)
http://www.oxfam.org/en/files/bp99_cotton_mali.pdf/download

Commentaire

Ces deux points de vue sur la réforme du coton en Afrique de l’Ouest soulèvent des questions importantes concernant la nécessité d’assurer la mise en place de programmes de soutien efficaces pour aider les petits exploitants à relever les défis de la libéralisation, de la déréglementation et de la privatisation. L’absence d’un soutien efficace ou d’une organisation de ce soutien adaptée au processus de changement, pourrait en effet aggraver la situation des petits exploitants.

June 2007


L’impact de l’initiative sur le coton

Cette note d’information de la Banque mondiale tente de prévoir l’impact probable d’un accord de Doha sur les questions du secteur du coton pour les pays en développement. Elle fait remarquer la forte concentration de la production de coton sur quelques pays et la forte dépendance de certains pays à faibles revenus à l’égard des revenus du secteur du coton. En utilisant un modèle GTAP (Projet d’analyse du commerce mondial), le document estime l’impact du retrait des subventions au secteur du coton et des droits d’importation, prévoyant une augmentation du bien-être économique mondial de 283 millions de dollars par an, le prix international du coton augmentant de 13 %. Il annonce des bénéfices de 147 millions de dollars par an pour les pays d’Afrique subsaharienne, 40 % de ces gains allant à quatre producteurs de coton ouest-africains. Ceci traduit une production accrue et une augmentation de 50 % de la valeur réelle des exportations. À contrario, la production de coton aux États-Unis chuterait de 25 %.

Les bénéfices du secteur du coton représentent 20 % des bénéfices de l’Afrique subsaharienne imputables à l’accord de Doha, ce qui explique l’importance accordée aux problèmes du secteur du coton par les pays africains. « Le retrait des subventions à l’exportation ne contribuerait en rien aux bénéfices généraux de la réforme et le retrait des droits de douane sur le coton ne représenterait qu’un neuvième des bénéfices généraux, les huit neuvièmes restants étant imputables à la suppression des programmes de soutien interne ». Ceci contraste nettement avec la situation de l’ensemble des tarifs et subventions agricoles, « pour lesquels le retrait des tarifs représente la proportion impressionnante de 93 % des bénéfices généraux et les programmes de soutien à peine 5 % ».

La note d’information estime que les revenus des producteurs de coton en Afrique subsaharienne augmenteraient de 30 % (ce chiffre augmentant à près de 40 % en Afrique occidentale), les trois-quarts de cette amélioration étant « dus aux suppressions des programmes de soutien interne ».

Cependant, il est peu probable que l’ensemble de la réforme se concrétise et certains avancent par conséquent d’autres scénarios impliquant une réforme partielle. Ces réformes partielles bénéficieraient également aux producteurs de coton africains mais ne rapporteraient que 60 % des gains estimés en matière de bien-être découlant de la pleine réforme et 40 % des revenus d’exportation.

Source d’information

Note d’information de la Banque mondiale (30 mars 2006)
http://siteresources.worldbank.org/INTRANETTRADE/Resources/239054-112681...

Commentaire

Cette note d’information souligne l’importance des problèmes liés au soutien interne dans certains secteurs agricoles ayant un intérêt pour les pays ACP sur le plan des exportations ainsi que l’importance marginale des réformes en matière de restitutions à l’exportation. Il conviendra de garder cela à l’esprit lors des négociations commerciales futures.

October 2006


Le Brésil réclame la vérification de la conformité américaine

Le 1er septembre 2006, le Brésil a formellement réclamé l'établissement d'un groupe spécial de l’OMC chargé d’examiner la conformité des États-Unis à sa précédente décision sur le coton, une mesure que les États-Unis se sont empressés de bloquer. Le Brésil devra présenter à nouveau une requête s’il désire poursuivre dans cette voie.

Bien que les États-Unis soutiennent avoir satisfait aux directives de l’OMC et que la requête brésilienne est sans fondement, le Brésil prétend que les États-Unis n’ont que partiellement satisfait à la décision. L’abrogation du programme de subventions appelé « step 2 » n’aura lieu que 10 mois après le délai fixé pour son retrait, alors que la réforme du système américain de garantie des crédits à l’exportation reste inadéquate, puisque les « États-Unis n’ont pas suffisamment modifié leur programme de « marketing loan » (prêts commerciaux) et de paiements contracycliques pour éviter de causer de sérieux préjudices aux producteurs brésiliens ».

Oxfam s’est prononcé en faveur de l’action du Brésil, affirmant que les « réformes américaines n’ont affecté qu’une faible proportion des subventions au coton des États-Unis ».

L’article affirme que dans le secteur du coton, la résolution des différends semble en passe de remplacer les négociations en tant que principal moyen d’élaboration des règles de l’OMC.

Source d’information

ICTSD (Vol. 10, n° 29, 13 septembre 2006)
http://www.ictsd.org/weekly/06-09-13/story2.htm

Commentaire

Le recours fréquent aux procédures de règlement des différends pour élaborer des règles OMC en lieu et place des négociations ne manque pas d’inquiéter la CE, l’issue étant bien plus imprévisible que le processus de négociation de l’OMC. L’UE craint que ce recours fréquent au règlement des différends ne sape les éléments fondamentaux de ce qu’elle considère comme étant le « consensus OMC » sur lequel la réforme de la PAC s’est fondée. Ceci pourrait à son tour remettre en cause des éléments cruciaux de la réforme. Par exemple, certains se sont inquiétés du fait que sur la base de la décision canadienne sur le lait et la décision communautaire sur le sucre, le système de l’UE d'aide directe pourrait être remis en question comme une forme de subvention croisée des prix, un élément central des deux cas précédents.

October 2006



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