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Secteur des produits laitiers

Prospects for expansion of Namibian dairy sector

Press reports suggest that good relations between milk producers and milk processors are creating new opportunities for the expansion of the Namibian dairy sector. This is contrasted with the situation in South Africa where, it is maintained, ‘the processors pressurise the producer price downwards at random and also suspend the production of producers.’ According to press reports, a study on how to maintain and promote the Namibian dairy industry is under consideration by the Ministry of Trade and Industry and the Agricultural Trade Forum (ATF).

Source d’information

New Era, ‘Super dairy industry’, 27 July 2010

http://allafrica.com/stories/printable/201007270675.html

Commentaire

Currently under SACU infant industry protection provisions, the Namibian government imposes a 40% tariff on UHT milk, with a view to supporting the development of the Namibian dairy sector. This measure is scheduled to lapse in 2012. It is against this background that a study is under consideration to provide detailed analysis of the scope for further development of the Namibian dairy sector. The study would range from a consideration of the strategic importance of the dairy sector, through a review of competitiveness issues and the effects of infant industry protection to date, to the scope for private-sector-based investment in the further development of the sector and the appropriate policy framework required to support further development of the sector. This review may eventually lead to a similar arrangement for the dairy sector to that applied under the Agronomic Act, which allows the use of certain trade policy tools (import licences) to address shortcomings in the functioning of the dairy supply chain, to the benefit of all stakeholders.

Agritrade News Update - September 2010


Les agriculteurs formulent leurs attentes vis-à-vis de la future politique laitière de l’UE

Le 7 juillet, le COPA-COGEGA a appelé à « des mesures à long terme destinées à réduire l'extrême volatilité du marché et à garantir que les agriculteurs puissent tirer un revenu plus équitable de leur production ». Les représentants des agriculteurs européens et de leurs coopératives ont souligné « la nécessité de maintenir les mesures existantes de gestion du marché », indiquant que « les filets de sécurité jouent un rôle essentiel dans la politique laitière européenne et devront constituer la base de cette politique à l'avenir ». Le COPA-COGECA insiste sur la nécessité pour les acheteurs européens de « payer pour les produits à l'intervention des prix qui contribuent à une augmentation soutenue des prix du lait pour les agriculteurs ». En outre, ils ont appelé à ce que les contrats offrent « davantage de clarté et de transparence concernant les prix du lait » et également à « une plus grande transparence des marges, des profits et des concertations quant aux prix tout au long de la chaîne d'approvisionnement ». Le COPA-COGECA a également mis l’accent sur la promotion des « coopératives détenues par les agriculteurs » pour permettre aux agriculteurs de bénéficier directement de la production de produits laitiers à plus forte valeur ajoutée.

S'adressant au Parlement européen le 12 juillet dernier, Padraig Walshe, Président du Copa, a expliqué que les producteurs laitiers européens avaient connu « une perte de chiffre d’affaires s'élevant à pratiquement 10 milliards d'euros » en 2009 du fait de la crise laitière. Il a ajouté que le secteur était encore fragile et a appelé au maintien des filets de sécurité. Le président du syndicat laitier irlandais, John Bryan, a déclaré au même moment que « le maintien et la gestion minutieuse des stocks tampons stratégiques de beurre et de lait en poudre, et des incitants à l’exportation bien financés mais ad hoc, doivent constituer le pilier de notre gestion du marché laitier avant et après 2013, afin d’assurer des revenus laitiers viables et un approvisionnement laitier aux consommateurs européens ».

Au même moment, l’European Milk Board et la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) ont organisé des manifestations à Bruxelles contre les propositions du Groupe d’experts de haut niveau sur le lait, affirmant que sans « une maîtrise de la production et du marché laitier, il n’y aura pas de prix équitables pour les producteurs ». Des ONG dans le domaine du développement et de l’environnement ont rejoint la manifestation, reconnaissant qu’une production laitière excédentaire inonde non seulement les marchés européens avec du lait à bas prix mais cause « du tort aussi aux marchés des pays en développement », menant ainsi à l’abandon de la production locale et à une pauvreté croissante. Le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement était un sujet clé pour les organisateurs, qui ont salué la reconnaissance par le rapport du fait que « les producteurs sont des acteurs faibles sur le marché laitier », étant donné leur dépendance vis-à-vis des grands acteurs du secteur laitier, et qui a souligné l’importance de la participation de tous les acteurs aux négociations.

Source d’information

COPA-COGECA, point d’accès aux communiqués de presse, « Le COPA-COGECA présente un avis détaillé concernant l’avenir du secteur laitier », 7 juillet 2010
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx?page=Archive&lang=en

COPA-COGECA, point d’accès aux communiqués de presse, « Le COPA-COGECA demande aux eurodéputés d’agir pour éviter une nouvelle crise européenne du lait », 13 juillet 2010
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx?page=Archive&lang=en

TheCattleSite.com, article de presse, « Irish dairy farmers push for continued EU control », 13 juillet 2010
http://www.thecattlesite.com/news/31273/irish-dairy-farmers-push-for-con...

TheDairySite.com, article de presse, « Milk producers protest for fair prices », 13 juillet 2010
http://www.thedairysite.com/news/31270/milk-producers-protest-for-fair-p...

Coordination Européenne Via Campesina, communiqué de presse, « Mille producteurs de lait ont manifesté devant le Conseil Européen », 12 juillet 2010 (en français)
http://www.eurovia.org/spip.php?article341&lang=fr

Commentaire

Les producteurs laitiers européens maintiennent la pression sur la CE pour qu’elle conserve les instruments traditionnels de gestion du marché, qu’elle garantisse des filets de sécurité efficaces et qu’elle améliore le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement du lait. Nul ne sait quel sera l’impact de ces efforts de lobbying sur le paquet laitier final élaboré dans le cadre du cycle 2013 de réformes de la PAC. Ce qui est clair, cependant, c’est que les effets externes des politiques européennes dans le secteur laitier sont relativement négligés, malgré les avertissements de l’OCDE selon lesquels « indemniser les agriculteurs lorsque les prix sont bas … ne fait qu’accroître la volatilité des prix mondiaux ».

Alors que les protestations des agriculteurs européens ont rallié à ce jour le soutien de certaines ONG de développement pour la simple et bonne raison que le statu quo du contrôle de la production laitière européenne aiderait les marchés des pays en développement, en évitant qu’ils soient inondés par du lait à bas prix, la reconnaissance plus générale du pouvoir relatif des différents acteurs est plus significative, et pourrait également être appliquée à toute une série de parties prenantes dans ces pays. Il semblerait judicieux d’assurer que les effets externes des mesures de réforme spécifiques proposées soient évalués et gérés dans le cadre du processus de préparation des propositions de réforme. Et dans le cadre de ce processus, il semble d’autant plus nécessaire de s’intéresser à l’impact des propositions de réforme sur les partenaires commerciaux traditionnels de l’UE dans la région ACP.

Agritrade News Update - August 2010


Préoccupation sur la gestion de la CE du marché des produits laitiers

À la suite de la décision de la CE d’autoriser la vente de produits laitiers des stocks d’intervention, le groupe de lobbying des coopératives agricoles et des agriculteurs européens COPA-COGECA a exhorté la CE à ‘faire preuve de la plus grande prudence’ dans la façon dont elle écoulera les volumes sur le marché à l'avenir, étant donné que ‘le marché des produits laitiers de l’UE reste extrêmement fragile.’ Ceci s’inscrit dans le cadre de protestations permanentes sur la réaction politique publique à la crise du lait. Selon des rapports de presse, l’European Milk Board estime que ‘l’avenir du marché laitier est tout sauf rose.’ Des préoccupations particulières ont été exprimées concernant le fait que l’approche de la CE concernant les problèmes du secteur laitier ‘ne va probablement pas garantir une production de lait durable dans chaque région européenne.’

Dans ce cadre, le COPA-COGECA a mis en évidence un certain nombre de domaines qu’il souhaite voir abordés dans les conclusions du groupe d’experts haut niveau sur l’avenir du secteur des produits laitiers, y compris :

  • le maintien de mesures de gestion de marché comme filet de sécurité face à la ‘volatilité extrême du marché’ ;
  • un renforcement des négociations collectives dans le secteur laitier, y compris concernant des arrangements contractuels pour les achats de lait ;
  • l’adoption de mesures pour promouvoir ‘une plus grande transparence et une plus grande information des consommateurs et des producteurs, en particulier sur les prix, les flux de volume et la distribution des marges bénéficiaires’.

Le 15 juin, les recommandations du Groupe de haut niveau sur le secteur des produits laitiers étaient publiées. Il était proposé :

  • que des mesures soient adoptées (sous la forme de directives ou d’une proposition législative) pour améliorer les contrats écrits formels relatifs aux livraisons de lait cru ;
  • d’étendre le champ d’application des producteurs laitiers aux négociations collectives avec les laiteries ;
  • de lancer un examen ‘des possibilités de transposer dans le secteur laitier les dispositions en vigueur concernant les organisations interprofessionnelles du secteur des fruits et légumes’ ;
  • que l’instrument européen de surveillance des prix des denrées alimentaires soit davantage développé afin d’améliorer la transparence dans la chaîne d’approvisionnement des produits laitiers ;
  • d’étudier les instruments « compatibles avec la boîte verte » afin de réduire la volatilité des revenus, permettant notamment de faciliter l’utilisation des marchés à terme, en particulier par des programmes de formation ciblés ;
  • d’étudier ‘la faisabilité de différentes options relatives à l'étiquetage du « lieu de production » des produits laitiers et de viser un étiquetage distinct pour les produits laitiers d'imitation ;
  • d’améliorer la communication en ce qui concerne ‘les possibilités actuelles en matière d'innovation et de recherche dans le contexte des programmes de développement rural et des programmes-cadres de recherche’.

Le Commissaire Dacian Cioloş a bien accueilli le rapport et étudie ses conclusions en vue de soumettre des propositions législatives avant la fin de l’année.

Pekka Pesonen, secrétaire général du COPA-COGECA, a déclaré que le rapport répond à certaines des demandes adressées par le Copa-Cogeca, ‘notamment concernant le maintien des mesures actuelles de gestion du marché’. Il a demandé à la Commission d’agir rapidement et s’assurer que ces recommandations soient traduites dans des propositions concrètes, afin de garantir un avenir aux producteurs laitiers et de maintenir l’emploi dans les zones rurales de l’UE.’

L’Association laitière européenne a regretté, lors de la réception des recommandations du groupe, que les experts n’aient ‘pas entrepris une réflexion plus large de la concurrence de tout le secteur et exploré davantage des instruments pour relever de nouveaux défis, comme la volatilité extrême des prix.’

Le président de l’European Milk Board (EMB), Romuald Schaber, a expliqué pour sa part que ‘les recommandations faites à la Commission européenne par le groupe de haut niveau à propos du lait ne peuvent améliorer ni la situation des producteurs de lait, ni celle des consommateurs en Europe,’ car elles n’ont pas abordé la manière dont l’équité des contrats existants pourrait être améliorée, compte tenu de la faible position des producteurs de lait. Il a demandé l’introduction d’un nouveau système ‘permettant aux producteurs de lait d’ajuster communément leur production à la demande de lait.’ Sieta van Keimpema, Vice-Président d’EMB, va plus loin en affirmant que, alors que deux points positifs pourraient être identifiés (le renforcement de la base légale pour les organisations de producteurs et l’amélioration de l’étiquetage), ‘tout le reste est loin de l’objectif d’une production stable de lait à un prix juste et est inacceptable.’

Source d’information

EurActiv.com, article de presse, ‘EU advised to table rules for dairy contracts’, 16 juin 2010
http://www.euractiv.com/en/print/cap/eu-adviced-table-rules-for-dairy-co...

TheDairySite.com, the Cattle Site News Desk, article de presse, ‘High-level milk group fails to deliver?’, 16 juin 2010
http://www.thedairysite.com/news/31034/high-level-milk-group-fails-to-de...

COPA-COGECA, point d’accès à un communiqué de presse mettant en lumière ‘des mesures essentielles pour assurer le développement futur du secteur laitier européen’, 10 juin 2010
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx ?page=Archive&lang=fr

COPA-COGECA, point d’accès au communiqué de presse exhortant la Commission de l’UE ‘de faire preuve de la plus grande prudence dans la gestion du marché des produits laitiers et des stocks d’intervention’, daté du 25 mai 2010
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx ?page=Archive&lang=fr

TheDairySite.com, the Cattle Site News Desk, article de presse, ‘European milk protests continue’, 3 juin 2010
http://www.thedairysite.com/news/30920/european-milk-protests-continue

Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse,Le groupe de haut niveau formule sept recommandations pour le secteur des produits laitiers de l'UE, IP/10/742, 15 juin 2010
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do ?reference=IP/10/742&f...

CE, rapport complet du groupe de haut niveau, 15 juin 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/markets/milk/hlg/report_150610_en.pdf

Commentaire

Il convient de relever que la politique de l’UE s’éloigne fermement du soutien de la production laitière dans ‘chaque région européenne’. Un but sous-jacent du processus de la réforme de la PAC est de modifier des modèles de production agricole dans les zones où la plus grande efficacité et la plus grande productivité peuvent être atteintes, afin d’améliorer la concurrence sous-jacente du secteur des produits laitiers de l’UE, un développement qui servirait à améliorer la position des entreprises laitières de l’UE dans leurs efforts pour exploiter les opportunités résultant de la demande globale en croissance rapide pour les produits laitiers à valeur ajoutée. Les tentatives de renforcement du fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement de produits laitiers doivent être considérées dans le cadre du double objectif d’éviter toute nouvelle crise dans le secteur laitier, qui pourrait fondamentalement ébranler la base de production pour le lait dans l’UE, et d’équiper les exportateurs laitiers de l’UE pour leur permettre de tirer profit de l’expansion des marchés globaux pour des produits laitiers à valeur ajoutée.

L’importance liée au développement de nouveaux outils politiques pour garantir que des crises périodiques ne sapent pas fondamentalement la base de production agricole est un problème de pertinence directe envers les ACP, compte tenu de l’accentuation de l’instabilité des prix attendue sur les marchés globaux dans les années à venir.

Agritrade News Update - July 2010


Le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement du lait débattu par les parties prenantes

Le 26 mars, la CE a organisé une conférence sur l’avenir de la production laitière au sein de l’UE, à laquelle ont assisté plus de 400 délégués de tous les maillons de la chaîne. L’objectif de la conférence était de débattre des perspectives qui s'offrent au secteur laitier dans le contexte de l'extrême volatilité des prix constatée récemment et de discuter de l'avenir de la production laitière après la suppression des quotas. Alors qu’au printemps 2009, les prix du lait chutaient à des niveaux inférieurs aux coûts de production, les instruments de soutien du marché de l’UE, les aides au stockage privé et les achats à l’intervention se sont avérés efficaces pour établir un « plancher du marché », en stabilisant les prix et en jetant les fondements de la reprise plus avant en 2009. Vers la fin de la crise, un groupe d’experts de haut niveau a été constitué pour étudier comment stabiliser le marché et les revenus des producteurs tout en augmentant la transparence au sein de marché.

Lors de son discours d’ouverture, le commissaire à l’agriculture Dacian Cioloş a confirmé trois facteurs clé devant être pris en considération dans la préparation de l’avenir du régime laitier :

  • la compétitivité des producteurs et des transformateurs laitiers ;
  • l’amélioration de la transparence au sein de la chaîne d’approvisionnement du lait ;
  • l’établissement d’une orientation vers le marché, sans quotas mais non sans filets de sécurité, étant donné l’ouverture croissante du marché européen.

Lors de la conférence, différentes perspectives ont été évoquées. Les producteurs laitiers de l’UE ont appelé à des mesures pour renforcer la position des producteurs dans la chaîne d’approvisionnement, afin de mettre un terme au déclin du prix de vente final du lait revenant aux producteurs (celle-ci a chuté de 31 % à 24 % au cours de ces 10 dernières années), un développement attribué « au pouvoir colossal d’une poignée de supermarchés ». Les producteurs ont tout particulièrement réclamé :

  • des directives européennes sur « les relations contractuelles entre les producteurs laitiers et les laiteries et une loi-cadre européenne pour empêcher des pratiques contractuelles injustes » ;
  • à ce que les organisations de producteurs laitiers jouent un rôle crucial dans la gestion de l’offre laitière en adéquation avec la demande, par le biais de la mise en place et la gestion « d’une réserve de stock stratégique pour stabiliser le marché » ;
  • la reconnaissance du rôle des organisations interprofessionnelles sans le secteur laitier à tous les niveaux ;
  • le contrôle de la transparence du marché, par la création d’un mécanisme pour l’échange d’informations sur le marché fiables, indépendantes, opportunes et totalement transparentes ;
  • l’établissement d’une « agence de configuration du marché laitier européen » pour déterminer le volume de lait « correspondant à l’intérêt de la société à l’égard d’une offre durable de lait de haute qualité, et garantissant des prix couvrant les coûts de production à la ferme ».

L’agence de configuration du marché laitier proposée « fournirait un cadre assurant un équilibre des intérêts entre les producteurs de lait et la filière laitière, empêchant les abus et assurant que les intérêts de la société sont respectés ». Après examen par la CE, les décisions prises par cette agence devraient être « contraignantes pour tous les acteurs du marché ».

Les organisations de producteurs ont en outre demandé :

  • le maintien des instruments de gestion du marché, tels que l’intervention publique et les aides au stockage ;
  • le prolongement des incitants à l’exportation laitière ;
  • l’introduction « d’outils appropriés pour gérer les risques du marché » ;
  • de la recherche et du développement pour améliorer la compétitivité du secteur laitier européen, en particulier dans les domaines apportant des bénéfices directs aux producteurs et à leurs coopératives ;

Le European Milk Board (EMB), l’organisation englobant les associations de producteurs laitiers et de lobbies d’agriculteurs, a préconisé l’approche de la souveraineté alimentaire pour le secteur laitier. Dans ce contexte, il a été estimé que la future production laitière européenne devrait être « essentiellement tournée vers les exigences du marché intérieur », les marchés mondiaux ne présentant un intérêt que pour les « segments mieux cotés » et les exportations se concentrant uniquement sur les produits à plus forte valeur ajoutée. L’EMB affirme que l’UE devrait s’abstenir de pratiquer le « dumping » de produits laitiers dans les pays en développement. Il a affirmé en outre que les « intérêts individuels d’une poignée de sociétés d’exportation » ne devraient pas être autorisés à « déterminer la configuration de tout le secteur ». Dans l’ensemble, les organisations d’agriculteurs estimaient qu’une « meilleure transparence du marché et des produits s’avère également cruciale ».

À l’inverse, l’Association laitière européenne (European Dairy Association), qui représente les industries laitières européennes, a préconisé un secteur laitier « dont le développement est principalement dirigé par les forces compétitives du marché » et qui exploite son avantage compétitif dans la production de produits laitiers à plus forte valeur ajoutée, pour lesquels on observe une demande mondiale croissante. Cette approche, semble-t-il, permettrait « d’ouvrir la voie à un avenir plus solide et plus prospère pour la filière, tant au niveau de la ferme que des transformateurs ». Elle ne soutient pas les interventions obligatoires dans les relations contractuelles commerciales, mais estime que « des directives flexibles non-prescriptives » pourraient être utiles.

De la même façon, EUCOLAIT, l’association du commerce laitier européen qui regroupe des entreprises actives dans le commerce laitier européen et international, a appelé à laisser les forces du marché déterminer les décisions commerciales sans aucune restriction, tout en reconnaissant l’importance du maintien d’une base de production solide. Elle a appelé la CE à se concentrer sur la constitution d’un environnement politique « prévisible et stable », à un soutien pour la compilation et la distribution transparente d’informations statistiques, et à l’utilisation active de « l’intervention en tant que mesure de stabilisation d’urgence » par le biais de la mise en place d’un « stock de secours ». EUCOLAIT a également préconisé un régime d’importation à la fois « gérable et prévisible », avec des droits de douanes spécifiques, des licences d’importation et le maintien des restitutions à l’exportation. Elle a également remis en cause l’étiquetage obligatoire du pays d’origine et du lieu de production.

Au terme de la réunion de consultation, la présidence du groupe d’experts de haut niveau sur le lait a publié les conclusions obtenues à ce jour. La réunion a conclu qu’il convenait de considérer :

  • un partage plus transparent et équitable de la valeur ajoutée entre les acteurs du marché ;
  • l’utilisation des instruments de gestion du marché pour promouvoir « une meilleure adaptation de l’offre de lait brut à la demande, et ce de manière plus rapide » ;
  • l’examen des contrats entre les acteurs pour assurer une plus grande transparence ;
  • l’accroissement du pouvoir de négociation des producteurs de lait ;
  • l’introduction d’exceptions à la loi sur la concurrence pour le secteur laitier dans le contexte du renforcement des organisations de producteurs, afin de permettre aux producteurs de décider conjointement des prix de leurs produits ;
  • la nature des filets de sécurité à établir et l’utilisation éventuelle d’instruments de gestion des risques ;
  • comment soutenir l’innovation et l’amélioration de la qualité des produits et de la gamme des produits proposés dans le secteur laitier.

Certaines de ces questions ont été abordées par le commissaire Cioloş après la réunion du Conseil de l’UE à la fin du mois de mars. Il a indiqué que le paquet de mesures devant être soumis à la fin 2010 aborderait des questions telles que le rééquilibrage du pouvoir de négociation des producteurs laitiers, réviserait les mécanismes de marché pour les rendre plus efficaces, et aborderait également la question des contrats entre les divers acteurs de la chaîne d’approvisionnement et la transparence de la formation des prix. L’importance des mesures sur la contractualisation a été relayée par le ministre français de l’Agriculture, qui estimait que ce domaine avait une importance plus générale. Toutefois, certains gouvernements européens s’opposent à toute intervention dans les accords commerciaux contractuels, notamment en Suède et au Royaume-Uni. Un consensus éventuel pourrait être rallié autour d’une approche axée sur la promotion de « relations commerciales durables » entre les parties impliquées dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, en promouvant une plus grande transparence dans la formation des prix et sur la situation de l’offre et de la demande sous-jacente, en soutenant des mesures pour améliorer la compétitivité de tous les acteurs impliqués et en luttant contre l’instabilité des prix grâce à un meilleur usage des instruments de gestion du marché.

Source d’information

CE, discours du vice-président de la Commission Agriculture et Développement rural du PE, IP/B/AGRI/IC/2010_05, 26 mars 2010 (French)
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/niculescu_pe...

CE, présentation de la DG Agriculture, 26 mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/vandriel_en.pdf

Contributions à la discussion sur les relations contractuelles, le pouvoir de négociation et la transparence :

BEUC, l’Association européenne des consommateurs, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/beuc_en.pdf

COPA-COGECA, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/copa-cogeca_...

EUCOLAIT, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/eucolait_en.pdf

CE, DG Concurrence, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/dgcomp_en.pdf

Coordination européenne Via Campesina, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/ecvc_en.pdf

Association laitière européenne, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/eda_en.pdf

European Milk Board, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/emb_en.pdf

Conclusions préliminaires du travail du groupe d’experts de haut niveau sur le lait, mars 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/demarty_conc...

EurActiv.com, rapport de presse, ‘Commission to propose new rules for dairy sector’, 30 mars 2010
http://www.euractiv.com/en/cap/agriculture-council-news-392061

TheDairySite.com, the Cattle Site News Desk, press article, ‘What future for milk?’, 29 mars 2010
http://www.thedairysite.com/news/30330/what-future-for-milk

EurActiv.com, rapport de presse, ‘EU farm ministers seen split on food chain rules’, 26 mars 2010
http://www.euractiv.com/en/cap/eu-farm-ministers-seen-split-food-chain-r...

Commentaire

Le débat sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement du lait revêt potentiellement un grand intérêt pour les ACP au vu des inégalités dans les rapports de force constatées le long des chaînes ACP-UE d’approvisionnement alimentaire et agricole. Ceci semble être particulièrement le cas dans les secteurs du sucre, de la banane et des fruits et légumes, où l’érosion des marges et de la valeur des préférences commerciales traditionnelles des ACP est en cours et ne cesse de s’accélérer. Les craintes des producteurs ACP semblent faire écho à certaines des craintes sous-tendant la politique émergente de la CE sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement. Aussi, une collaboration plus étroite entre l’UE et les ACP dans le cadre de l’examen du fonctionnement des chaînes d’approvisionnement ACP-UE dans les secteurs de la banane, du sucre et des fruits et légumes semblerait judicieuse.

Agritrade News Update - May 2010


Instruments politiques cruciaux pour faire face à la crise du secteur du lait dans l’UE

S’exprimant lors de la conférence sur l’avenir de la production laitière dans l’UE, le commissaire à l’agriculture Dacian Cioloş a souligné l’importance de l’intervention pour faire face à la crise dans le secteur laitier de l’UE. Les derniers chiffres indiquent des prix moyens payés aux producteurs de 28 euro cents par litre, un niveau « proche de la moyenne saisonnière à long terme ». Parmi les mesures d’intervention utilisées citons :

  • L’achat à l’intervention pour le beurre et le lait écrémé ;
  • L’extension du soutien au stockage privé de beurre ;
  • L’activation des restitutions à l’exportation ;
  • L’avance sur le calendrier des paiements de l’aide directe au titre du régime de paiement unique;
  • Une enveloppe exceptionnelle de €300 millions por les producteurs de lait.

Le commissaire Cioloş a affirmé que « les aides directes ont représenté un élément crucial de stabilité des revenus ». Il a ajouté que l’abolition future des quotas de production en 2015 « doit être considérée comme une opportunité », promouvant une meilleure réactivité de l’offre à la demande changeante, et encourageant la compétitivité. Toutefois, il a affirmé que « l’exposition accrue des exploitations à la volatilité des prix doit être maîtrisée », en adaptant les outils existants, notamment en renforçant et en améliorant le rôle des organisations de producteurs, qui exigera peut-être de modifier les règles de concurrence de l’UE. Le commissaire Cioloş affirme que les problèmes relatifs au fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement du lait devaient être résolus, et qu’afin de « construire une filière plus solide » il conviendra de faire preuve de davantage de transparence. Il a ajouté que « la compétitivité, la transparence et l’orientation vers le marché » sont les trois ingrédients clé permettant de préparer un avenir durable et rentable pour la production laitière de l’UE.

Source d’information

CE, discours du commissaire à l’agriculture Cioloş, 26 mars 2010 (français)
http://ec.europa.eu/agriculture/events/milk-conference-2010/ciolos_disco...

TheDairySite.com, the Cattle Site News Desk, article de presse, ‘What future for milk?’, 29 mars 2010
http://www.thedairysite.com/news/30330/what-future-for-milk

TheDairySite.com, the Cattle Site News Desk, article de presse, ‘Situation on the dairy market’, 1er avril 2010
http://www.thedairysite.com/news/30359/situation-on-the-dairy-market

Commentaire

Un savant mélange d’instruments traditionnels de politique commerciale (restitutions à l’exportation), d’instruments traditionnels de gestion du marché (achat à l’intervention) et d’aide directe a été utilisé pour lutter contre la situation de crise dans le secteur laitier de l’UE. Au total, les mesures prises en réponse à la crise ont nécessité le déploiement de €600 millions supplémentaires, en plus des €5 milliards estimés d’aide directe déboursée aux producteurs laitiers de l’UE au titre du régime de paiement unique. Ces mesures ont empêché les chutes de prix périodiques de miner fondamentalement la base de la production laitière dans l’UE. Néanmoins, la CE est d’avis qu’un soutien supplémentaire doit être dégagé pour renforcer la position des organisations de producteurs dans la chaîne d’approvisionnement, des mesures étant également mises en œuvre pour promouvoir la transparence dans le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement.

Dans ce contexte, et compte tenu de l’importance bien plus grande de l’agriculture pour de nombreuses économies ACP, une question se pose : sur quels instruments politiques les gouvernements ACP peuvent-ils compter pour empêcher les baisses périodiques des prix (à l’heure d’une forte instabilité des prix) de miner la base de la production agricole dans les secteurs affectés ?

Agritrade News Update - May 2010


L’étiquetage de la qualité est considéré comme indispensable par les producteurs laitiers de l’UE

Les dirigeants agricoles de l’UE ont souligné l’importance « de disposer de normes claires de commercialisation, d'étiquetage et de qualité au niveau de l'UE ». Le Secrétaire général du COPA-COGECA, Pekka Pesonen, a affirmé qu’en permettant aux producteurs de l’UE d’utiliser des normes strictes pour distinguer leurs produits sur les marchés, ils pourront « tirer profit de ces normes très strictes ». Il a appelé à des normes européennes de commercialisation et des normes de qualité protégeant « les spécialités régionales contre les produits d'imitation » et à un soutien plus important à la promotion des produits laitiers de l’UE sur les marchés de pays tiers.

Source d’information

COPA-COGECA, point d’accès aux communiqués de presse, 16 mars 2010
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx?page=Archive&lang=en

Commentaire

Au cours des prochains mois, la politique de l’UE sur l’étiquetage relatif au bien-être animal devrait parvenir au stade de présentation et d’approbation de propositions réglementaires spécifiques. Du point de vue ACP, il est important que ces règlements soient basés sur des critères scientifiques objectifs et ne faisant aucune distinction entre les fournisseurs de l’UE et des pays tiers. L’étiquetage de la qualité indiquant l’origine géographique pourrait constituer un obstacle à l’entrée des produits ACP sur les segments des produits différenciés et à prix élevé du marché de l’UE. Il s’agit là d’un domaine auquel les associations de producteurs ACP devront faire très attention au cours de la prochaine période, puisque cet étiquetage s’applique à toute une série de secteurs (voir l’article de ce mois consacré au secteur de la viande bovine, « Les discussions autour de l’étiquetage relatif au bien-être animal s’intensifient ».

Agritrade News Update - April 2010


Le débat sur les instruments politiques du secteur laitier s’intensifie

Lors d’une audition au groupe d’experts de haut niveau sur le fonctionnement de la chaîne laitière, l’organisation des agriculteurs européens et de leurs coopératives COPA-COGECA a appelé :

  • à développer plus avant les outils de gestion des risques du marché, en ce compris les marchés à terme, ainsi que maintenir les mesures communautaires de gestion de marché (prix plancher, achats à l’intervention et meilleure gestion des stocks d’intervention) « en tant que pierre angulaire de la politique laitière européenne » ;
  • à des « incitations visant à développer des stratégies collectives et à renforcer la coopération entre les parties prenantes de la chaîne laitière », et des « indications concernant les relations contractuelles et la transparence du marché ».

Le COPA-COGECA note que pour l’heure, l’UE vend 9% de sa production laitière sur le marché mondial.

Le European Milk Board (EMB) a pour sa part appelé à intensifier le dialogue sur l’avenir du régime laitier de l’UE, « car seule une réglementation à l’échelon européen peut préserver l’équilibre du marché laitier ». L’EMB a décrit les propositions visant à réguler l’approvisionnement de lait au travers de contrats directs entre les agriculteurs et les laiteries comme « malavisés », affirmant que ces dispositions « affaiblissent plus encore le pouvoir de négociation des producteurs et donnent lieu à des fluctuations encore plus importantes dans les volumes et les prix ». L’EMB a appelé à une approche européenne qui « établisse les conditions cadres qui renforcent la position de force des producteurs laitiers et qui leur donnent les instruments nécessaires à une régulation de la production ». Il a également appelé à la création d’un « office de surveillance dans lequel seront représentés tous les participants du marché laitier : producteurs laitiers, transformateurs et distributeurs mais aussi classe politique et consommateurs ». L’EMB préconise une solution satisfaisant les exigences d’un secteur laitier multifonctionnel, ajoutant que « il est à cet effet essentiel d’assurer pour le marché européen et pour les marchés des autres régions du monde une protection extérieure qui empêche le dumping des produits laitiers ».

Source d’information

COPA-COGECA, communiqué de presse (point d’accès), 4 février 2010
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx?page=Archive&lang=en

TheDairySite.com, the Cattle Site News Desk, 11 février 2010
http://www.thedairysite.com/news/29889/call-for-action-of-shaping-eus-mi...

Commentaire

Reste à voir comment ces demandes des agriculteurs européens seront prises en compte dans le cycle 2013 de réformes de la PAC. Dans le cadre de la trajectoire générale de la réforme de la PAC, l’UE tente de ne plus recourir à ce type d’instruments. 9% de la valeur de la production laitière de l’UE étant exportés, le conflit qui a suivi l’annonce de l’exportation de 500.000 tonnes supplémentaires de sucre hors quota pourrait avoir des incidences dans d’autres secteurs, si jamais les effets commerciaux du système de paiement unique de l’UE sont remis en question. Tout le problème consiste à savoir si le système de paiement unique favorise des niveaux de production de l’UE supérieurs à ce qu’ils ne seraient en l’absence d’un tel soutien, et s’il génère donc des volumes d’exportation supérieurs à ce qu’ils ne devraient être.

Agritrade News Update - March 2010


Lancement de programmes de promotion du secteur laitier à l’heure d’une amélioration de la situation du marché mondial

La Commission européenne a approuvé 13 programmes dans 11 États membres destinés à encourager la consommation de lait et de produits laitiers. La contribution de l’UE sera de €17,9 millions, sur un coût total des programmes de €35,8 millions. Au titre de ces programmes, l’UE peut financer jusqu’à concurrence de 50% des coûts, le reste étant complété par les organisations professionnelles ou interprofessionnelles de l’État membre concerné. Ceci s’inscrit dans le cadre de la réponse de l’UE à la crise du secteur laitier européen, qui a causé tellement d’émoi en 2009. Ces programmes arrivent à un moment où la situation d’ensemble du marché mondial semble s’améliorer et ils visent précisément à « soutenir cette amélioration ».

D’après la mise à jour de la CE sur les développements de prix intervenus sur les marchés internationaux des denrées agricoles couvrant la période jusque décembre 2009, les prix dans le secteur laitier mondial ont considérablement augmenté en 2009. En décembre 2009, les prix du beurre, du fromage, du lait écrémé en poudre et du lait entier en poudre étaient respectivement 78%, 40%, 69% et 64% supérieurs aux prix de décembre 2008. Ces prix n’étaient que 1,2% inférieurs au record de novembre 2007 pour le beurre, 19,5% inférieurs au record de décembre 2007 pour le fromage, 34,5% inférieurs au record de juillet 2007 pour le lait écrémé en poudre et 28,3% inférieurs au record d’octobre 2007 pour le lait entier en poudre.

Les prix ont commencé à augmenter au cours du deuxième semestre de 2009 aussi vite qu’ils n’avaient baissé après leurs niveaux record dans le courant de 2008, les prix du beurre ayant doublé et d’autres prix augmentant de deux tiers au cours du deuxième semestre de 2009. Cette augmentation était mue par une amélioration de la demande mondiale et une offre toujours serrée.

En décembre 2009, les prix du fromage avaient atteint leur niveau le plus haut depuis le record de la fin 2007, et étaient deux tiers supérieurs à leur moyenne pour la période 2004-06. La hausse des prix du lait écrémé en poudre est le résultat d’une « augmentation de la demande et d’une situation serrée de l’offre ». S’agissant du lait entier en poudre, les prix ont repris une courbe ascendante depuis août avec une augmentation marquée au cours du dernier trimestre de 2009, pour atteindre en décembre 2009 le double des niveaux planchers enregistrés en février 2009. À la fin de l’année, les prix ont recommencé à baisser pour la première fois depuis juillet 2009.

Toutefois, bien que les prix des produits laitiers en général « aient récemment commencé à baisser, une demande mondiale plus forte et une offre serrée devraient les soutenir à court terme ».

Au même moment, les producteurs laitiers britanniques ont été invités à soumettre leurs points de vue sur la meilleure façon de distribuer la part britannique de £16 millions du Fonds laitier de l’UE, qui vise à aider les agriculteurs les plus durement touchés par les changements de la demande et des prix en 2009. D’après les rapports de presse, parmi les options suggérées pour la distribution des fonds citons un paiement direct par litre de production entre octobre 2008 et septembre 2009, ou un paiement par litre pour les premiers 100.000 litres de production, avec un paiement supplémentaire par litre pour les litres produits au-delà de 100.000 litres entre octobre 2008 et septembre 2009 ».

Source d’information

CE, file note, doc. ref. D(2010) agri.l.5(2010)39821, 22 janvier 2010
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/commodityprices/012010...

Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse, IP/10/34, 19 janvier 2010
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/34&for...

TheDairySite.com, 20 janvier 2010
http://www.thedairysite.com/news/29652/marketing-dairy-products

TheDairySite.com, the Cattle Site News Desk, 21 janvier 2010
http://www.thedairysite.com/news/29681/eu-dairy-fund-consultatiion-launched

Commentaire

L’utilisation des ressources du fonds laitier de l’UE (établi en réponse à la crise du secteur laitier en 2009) proposée par le Royaume-Uni représente un retour aux paiements couplés, ce qui est contraire à la tendance générale vers le découplage de l’aide de l’UE. Cela suggère une certaine tolérance à l’égard des mesures ayant des effets de distorsion des échanges en présence de difficultés particulières dues aux tendances du marché mondial, et cela pose la question de savoir quel sera l’impact de ces mesures de soutien d’urgence dans le contexte des conditions très changeantes du marché mondial. Par exemple, la réintroduction des restitutions à l’exportation a-t-elle eu impact notable sur les prix des produits affectés ou les autres facteurs de base de l’offre et de la demande ont-ils continué à jouer un rôle dominant ? Il s’agit d’une question importante, puisque, à l’instar du secteur du sucre, elle s’intéresse aux effets commerciaux des instruments de soutien financier de l’UE de plus en plus privilégiés en tant que principale réponse politique aux situations de crise périodiques du marché.

Agritrade News Update - March 2010


Structures changeantes du commerce mondial du lait

La dernière mise à jour de la CE sur les développements intervenus dans les marchés internationaux des denrées agricoles de base (reflétant les prix d’octobre 2009) fait état d’une reprise des prix laitiers. Des augmentations de prix ont été constatées entre septembre et octobre pour le beurre (18,5 %), le fromage (9,4 %), le lait écrémé en poudre (10,4 %) et le lait entier en poudre (6,5 %). Cependant, ces prix demeurent 34,4 %, 41,6 %, 49,8 % et 42,4 %, respectivement, en deçà des niveaux record atteints lors de la flambée des prix de 2007. Ce renforcement des prix laitiers semblerait être le résultat « des effets combinés d’un renforcement de la demande et d’un resserrement de l’offre en Océanie » et d’une hausse de la demande au Moyen-Orient, en Afrique du nord et en Asie du Sud-est. Cependant, la faiblesse du dollar semble également avoir contribué à ces hausses des prix.

Part en pourcentage des exportations laitières (volume)

 

UE

%

Nouvelle-Zélande

%

Australie

%

Brésil

%

Argentine

%

Lait entier en poudre

         

- 2008

25,0

31,9

7,1

4,2

5,3

- données préliminaires pour 2009

20,3

34,9

8,7

6,4

6,0

- prévisions pour 2010

17,0

32,2

7,0

6,3

5,9

Lait écrémé en poudre

     

États-Unis

 

- 2008

14,8

20,7

9,8

31,7

 

- données préliminaires pour 2009

15,4

28,6

14,7

18,2

 

- prévisions pour 2010

15,4

29,1

13,6

18,1

 

Beurre

     

Biélorussie

 

- 2008

18,9

41,0

6,1

7,8

 

- données préliminaires pour 2009

18,2

46,3

7,5

8,4

 

- prévisions pour 2010

18,7

44,5

8,2

8,7

 

Fromage

         

- 2008

30,9

16,4

11,5

5,7

 

- données préliminaires pour 2009

31,1

16,8

9,0

6,0

 

- prévisions pour 2010

29,8

17,4

11,1

5,8

 

Depuis 2007, les prix laitiers affichent une volatilité croissante. Les prix ont fortement augmenté en octobre et en novembre, bien que les raisons expliquant ces fortes hausses des prix ne soient pas claires, surtout au vu des stocks détenus par les États-Unis et l’UE (alors que le faible prix sur les marchés mondiaux et intérieurs a encouragé la vente des stocks d’intervention, l’UE détenant actuellement des stocks de 268 000 tonnes de lait écrémé en poudre et de 150 000 tonnes de beurre). Ces stocks pourraient miner la reprise des prix mondiaux s’ils étaient mis sur le marché. La CE a cependant jusqu’à présent résisté à la pression de vendre des produits des stocks d’intervention, et ne prévoit pas de telles ventes à court terme. Cependant, si les stocks de beurre de l’UE étaient mis en vente en 2010, cela contribuerait à une hausse de 7 % du commerce du beurre. Si aucune vente n’est effectuée à partir des stocks d’intervention, les exportations de l’UE diminueront vraisemblablement de 12 % en 2009 et de 4 % supplémentaires en 2010.

La croissance de la production laitière devrait ralentir en Afrique, les sécheresses affectant la qualité des pâturages et des rendements laitiers. Néanmoins, en 2010, la production laitière africaine devrait augmenter de 2 %. Le resserrement de l’offre dans l’est de l’Afrique encourage les fermiers à investir dans le développement des pâturages. Cependant, les craintes relatives aux effets de « El Niño » devraient avoir un impact négatif sur la production laitière en Afrique australe.

Source d’information

FAO, Food Outlook, Global market analysis of milk and milk products, décembre 2009
http://www.fao.org/docrep/012/ak341e/ak341e10.htm

CE, File note, doc. ref D(2009) agri.l.5 373468, 20 novembre 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/commodityprices/112009...

Commentaire

La part décroissante de l’UE sur le marché mondial du lait reflète le changement de priorité de la politique vers la production de produits laitiers à plus forte valeur ajoutée. La position déclinante sur les marchés du fromage, mesurée en termes de volume, reflète également cette tendance, bien que cela soit également attribuable à la forte croissance de la demande intérieure en fromage à travers l’UE27. Dans l’immédiat, il est difficile de déterminer clairement l’impact plus général que certaines politiques européennes, conçues pour protéger les producteurs nationaux de la chute des prix, ont sur les prix laitiers mondiaux. Les achats à l’intervention semblent adoucir les pressions baissières sur les prix en période de prix faibles, tandis que les ventes des stocks d’intervention, à condition d’être bien gérées, peuvent adoucir les pressions haussières sur les prix en période de flambée des prix. Ceci semble être un facteur stabilisant. Toutefois, l’existence d’une telle « politique d’assurance » pourrait, à plus long terme, maintenir les niveaux de production européens au-dessus des niveaux qui prévaudraient en l’absence de l’approche « filet de sécurité » (ou « politique d’assurance ») adoptée par l’UE.

En ce qui concerne le développement du secteur laitier en Afrique, la disponibilité d’instruments de politiques pour soutenir et alimenter le développement du secteur laitier local constitue toujours un point essentiel. Dans certains pays, les instruments traditionnels de politique commerciale (par ex. la protection des industries naissantes et les licences d’importation) sont utilisés pour alimenter le développement du secteur laitier local. La disponibilité continue de ces instruments sera vraisemblablement cruciale pour le développement ultérieur du secteur laitier dans ces pays. Ces craintes du secteur laitier pourraient peser lourdement dans certaines des positions adoptées dans les négociations d’APE intérimaires, où certaines mesures ont été proposées par l’UE en vue de limiter l’utilisation de ces instruments traditionnels de politique commerciale à l’appui du développement du secteur laitier.

Agritrade News Update - January 2010


Reprise du marché laitier européen

Au début du mois de décembre 2009, les États membres de l’UE sont parvenus à un accord sur la distribution d’une aide supplémentaire aux producteurs laitiers européens, basée sur la production sous quota pour la période 2008/09. Quelques 318 millions d’euros de nouvelles interventions pour la restructuration du secteur laitier ont à présent été acceptés dans le cadre du « bilan de santé de la PAC », avec des mesures mettant l’accent sur le financement de la modernisation des exploitations et sur le bien-être des animaux.

Pendant ce temps, les prix laitiers de l’UE ont continué à se renforcer, mettant un terme aux achats à l’intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre. En effet, l’augmentation des prix du beurre a été telle que l’association laitière européenne Eucolait a demandé à la CE de commencer à vendre du beurre des stocks d’intervention. La CE n’a pas répondu favorablement à cet appel, mais a mis un terme à toutes les restitutions à l’exportation pour les produits laitiers, à l’exception du beurre pour lequel les restitutions ont été réduites de €65/100 kg à €14,50/100 kg.

Source d’information

CE, Agriculture and Rural Development Directorate-General, 4 décembre 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/en/373.htm

Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse, IP/09/1813, 24 novembre 2009
En français :
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1813&f...

TheDairySite.com, 25 novembre 2009
http://www.thedairysite.com/news/29108/eu-halts-export-subsidies

Commentaire

La réponse de l’UE à la crise des prix dans le secteur laitier européen témoigne d’une volonté d’utiliser les instruments traditionnels de politique commerciale, classés à présent comme ayant des effets de distorsion des échanges, les objectifs politiques généraux étant considérés comme prioritaires. L’UE est cependant consciente des implications de l’usage de ces instruments et entend s’en servir de façon responsable, en tenant compte de leurs effets sur le commerce mondial. Par conséquent, on observe un arrêt immédiat des restitutions à l’exportation là où elles ne sont plus nécessaires ainsi qu’une gestion responsable des stocks d’intervention.

Agritrade News Update - January 2010


Perspectives des agriculteurs sur l’avenir du secteur laitier de l’UE

Le 10 novembre 2009, des leaders agricoles ont donné leurs points de vue sur l’avenir du secteur laitier de l’UE au groupe d'experts de haut niveau de la CE sur le lait. Une importante attention a été accordée au renforcement de la position de négociation des producteurs laitiers dans la chaîne d’approvisionnement en promouvant une concentration de l’offre par le biais de coopératives et d’associations de producteurs. Padraig Walshe, président du COPA, a souligné que les agriculteurs « aimeraient que l’Organisation du marché commun unique puisse permettre aux producteurs de davantage se rassembler, pour que les principaux acteurs du secteur s’organisent et signent même des accords transparents entre eux ». « Des relations contractuelles équilibrées correctement négociées entre producteurs laitiers et entreprises laitières » sont considérées comme essentielles pour gérer la « volatilité croissante du marché ». Ce point a été renforcé par le président du NFU Dairy Board Gwyn Jones, qui a soutenu que « les contrats sont un facteur fondamental pour garantir l’équité dans la chaîne d’approvisionnement laitière ». Il a maintenu que « la création du groupe d'experts de haut niveau sur le lait par la CE a donné une occasion unique d’examiner les structures et les instruments d’interventions pouvant être requis au niveau de l’UE et des États membres pour fournir les bases sur lesquelles le secteur laitier, et en particulier les entreprises laitières, peuvent se développer ». Ceci est considéré comme particulièrement important compte tenu de la fin des quotas laitiers proposée en 2015. À ce point, a-t-il commenté, « toutes les décisions sur le site de production, l’échelle et la distribution seront prises par des acheteurs de lait par le biais de contrats qu’ils offrent ». Certains ont fait valoir que cela « pourrait encore éroder le pouvoir de négociation des producteurs laitiers et faire émerger un risque de futurs abus de pouvoir ».

Les leaders agricoles ont cependant également soutenu le maintien et la bonne gestion des outils de régulation des marchés existants, comme les restitutions à l’exportation et l’achat à l’intervention.

Source d’information

COPA-COGECA, Communiqué de presse, 10 novembre 2009
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx?page=HomePage

TheDairySite.com, 11 novembre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28989/eu-milk-group-offers-opportunity-...

Commentaire

L’importance de traiter le problème des inégalités dans les relations de pouvoir au sein des chaînes d’approvisionnement est un problème essentiel pour le développement agricole dans les pays ACP. Cependant, les instruments dont disposent les gouvernements ACP diffèrent considérablement des instruments dont dispose la CE. Autrement dit, les gouvernements ACP manquent généralement des ressources financières pour utiliser des outils de soutien financier utilisés par l’UE pour rééquilibrer les relations de pouvoir au sein de chaînes d’approvisionnement spécifiques. Plus communément dans les pays ACP où les problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement sont abordés et traités, les instruments de politique commerciale sont utilisés de manière plus active. Un exemple clair est la mise en place d’accords de licences d’importations dans le secteur horticole namibien, qui sont utilisés de facto pour rééquilibrer les relations de pouvoir entre producteurs, négociants et distributeurs dans le but de favoriser un processus de dialogue, qui encourage le développement de la production locale pour les marchés locaux. Dans le cas de la Namibie, cette politique s’est avérée extrêmement fructueuse, menant à une multiplication par cinq de l’offre de produits horticoles frais sur le marché local à un coût supplémentaire minimal pour les consommateurs et avec peu ou pas de d’effets de distorsion des échanges.

Le point important à noter dans ce contexte est que, pour traiter l’inégalité des relations de pouvoir au sein des chaînes d’approvisionnement alimentaires, les instruments pouvant être utilisés par l’UE et par les autorités ACP varient considérablement, une marge de manœuvre suffisante devant être conservée par les pays ACP pour permettre le déploiement de ces instruments, afin d’aborder un problème commun à l’UE et aux autorités ACP.

Agritrade News Update - December 2009


Dernière analyse trimestrielle du marché des produits laitiers

Le rapport trimestriel de la CE sur le marché laitier préparé pour la réunion du Conseil Agriculture de l’UE du 19 octobre 2009 a signalé une amélioration constante de la situation globale sur le marché des produits laitier de l’UE, avec une hausse des prix des produits laitiers. « Les prix moyens du beurre et du lait écrémé en poudre européens sont maintenant bien supérieurs aux niveaux d’intervention, et les quantités achetées à l’intervention sont minimales ». Le rapport note que les prix moyens du lait de l’UE ont atteint 26 cents d’euros en août. L’offre globale de lait durant le premier semestre 2009 est restée quant à elle au même niveau qu’en 2008, malgré une hausse de 1% du quota de production de lait.

Marchés des produits laitiers de l’UE et mondiaux

Prix

Beurre

Lait écrémé en poudre

Lait entier en poudre

Cheddar

Edam

Prix d’intervention/prix d’équivalent (€/t)

2.218

1.698

2.066

2.484

2.167

Prix du marché (juin 2009) (€/t)

2.200

1.651

1.905

2.217

2.434

Prix du marché actuel (€/t)

2.623

1.896

2.323

2.288

2.464

Prix actuel en pourcentage du prix d’intervention

118%

112%

112%

92%

114%

Prix mondial du marché juin 2009 (€/t)

1.321

1.403

1.464

1.821

-

Prix du marché mondial actuel (€/t)

1.783

1.699

1.917

2.136

-

En termes d’exportations, le rapport signale que « durant la période s’étalant de janvier à août 2009, les exportations de lait écrémé en poudre, de lait entier en poudre et de fromage ont légèrement baissé par rapport à la même période de 2008 (sans restitutions) » mais que, dans le même temps, « les exportations de lactosérum en poudre ont augmenté de 13% et celles de beurre de 7%, avec des augmentations également pour le lait condensé et le lactose ». Le rapport signale aussi que « de récentes demandes de licences d’exportation indique une amélioration des performances d’exportation des principaux produits de base durant le second semestre 2009 », à l’exception du beurre.

Licences émises (tonnes)

Produit

23.01.09 – 23.06.09

24.06.09 – 13.10.09

Beurre/huile

91 883

55 333

Lait écrémé en poudre

120 933

128 333

Formage

133 933

102 463

Autres (y compris lait entier en poudre)

458 958

346 365

En termes d’achat à l’intervention, 83 000 tonnes de beurre ont été achetées à l’intervention, 7% de la production durant les sept premiers mois de 2009 (4,3% de la production annuelle). Quelque 283 000 tonnes de lait écrémé en poudre ont été achetées à l’intervention, équivalent à 42% de la production de lait écrémé en poudre durant les sept premiers mois et 30% de la production annuelle. L’achat important à l’intervention de denrées alimentaires riches en protéines est lié à « une baisse de la demande de lait pour la consommation finale et de produits à valeur élevée ».

Suite à la réunion du Conseil Agriculture tenue le 28 octobre, la CE a confirmé qu’elle permettrait aux États membres de l’UE d’octroyer jusqu’à 15 000 euros d’aides publiques nationales aux producteurs laitiers de l’UE pour stabiliser leurs revenus. Cette décision fait suite à l’amendement du Cadre de crise temporaire adopté en janvier 2009. Cette mesure vise à « permettre à certains exploitants de surmonter les graves problèmes de liquidités auxquels ils sont actuellement confrontés ». Cette mesure absorbera les 280 millions euros d’aide supplémentaire aux producteurs laitiers convenus lors de la réunion du Conseil Agriculture de l’UE.

Suite à la décision du Conseil des ministres européens des Finances adoptée lors de leur réunion du 19 novembre 2009, les nouvelles allocations financières pour soutenir le secteur laitier sont maintenant publiées.

Source d’information

Direction générale de la CE Agriculture et Développement rural, 19 octobre 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/markets/milk/quarterly_reports/10_2009_e...

Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse, IP/09/1599, 28 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1599&f...

CICDD, Bridges Weekly Trade News Digest, Vol. 13, n° 36, 21 octobre 2009
http://ictsd.net/i/news/bridgesweekly/57418/

Commentaire

Les développements dans le secteur laitier mettent en évidence la volonté persistante de la CE d’utiliser des instruments de soutien traditionnels pour le secteur agricole, lorsque la situation de marché exige l’utilisation de ces mesures, malgré leurs effets de distorsion reconnus (cf. tableaux ci-dessus illustrant la raison pour laquelle l’UE a encore besoin de ces instruments politiques traditionnels). Cela met également en évidence l’engagement politique continu envers la protection des producteurs de l’UE contre les effets de l’instabilité des marchés mondiaux. Cependant, comme l’a soulevé le groupe des agroéconomistes dans leur déclaration sur l’avenir de la PAC (cf. l’article sur « L’avenir de la PAC »), cela signifie que les producteurs non européens, particulièrement les producteurs dans les PED, porteront la charge de l’ajustement à l’instabilité des prix mondiaux.

Cette situation soulève la question de savoir quels instruments politiques les gouvernements ACP peuvent-ils mettre en place afin de protéger leurs producteurs agricoles des effets indésirables de l’instabilité des prix mondiaux et donc d’éviter l’affaiblissement de leur base de production agricole intérieure.

Agritrade News Update - December 2009


L’efficacité du régime laitier de l’UE examinée par la Cour des comptes européenne

La Cour des comptes européenne a publié un rapport spécial qui examine l’efficacité de la gestion, par la Commission européenne, du marché du lait et des produits laitiers depuis l’instauration des quotas laitiers en 1984. Pour ce faire, elle examine l’efficacité des mesures utilisées pour réaliser les objectifs susmentionnés, parfois contradictoires, qui forment le cadre de la politique laitière de l’UE.

S’agissant de l’équilibre du marché, le rapport de la Cour des comptes conclut que « les quotas laitiers ont limité efficacement la production, mais que leur niveau s’est avéré longtemps trop élevé par rapport aux capacités du marché à absorber les excédents ». Il appelle à une surveillance continue de la « libéralisation du secteur » afin d’éviter que celle-ci ne conduise à la réapparition d’une situation de surproduction. Le rapport affirme qu’à défaut, l’objectif de la Commission de s’en tenir à un niveau de régulation minimal, du type filet de sécurité, pourrait rapidement s’avérer impossible à respecter.

Par rapport à l’objectif de stabilisation des prix, le rapport constate que « le prix nominal du lait à la production a peu varié durant la période 1984-2006, par rapport à la période ayant précédé l’instauration des quotas ». En revanche, il affirme qu’en termes réels, « le prix du lait à la production a connu une érosion continue depuis 1984 ». Il note en outre que « le prix du lait à la production et le prix du lait à la consommation ne suivent pas des tendances analogues, car ils subissent l’influence de paramètres différents ». Dans ce contexte, il appelle à un « suivi régulier » du « processus de formation des prix dans le domaine alimentaire », en avertissant que « la concentration des entreprises de transformation et de distribution ne doit pas placer les producteurs de lait dans une situation de preneurs de prix (price takers), et ne doit pas limiter la possibilité pour les consommateurs finaux de bénéficier équitablement des baisses de prix ».

S’agissant de l’objectif consistant à assurer un niveau de vie équitable aux producteurs, le rapport constate que le revenu moyen des producteurs de lait « est resté légèrement supérieur au revenu agricole moyen » mais qu’entre 1995 et 2007, « l’UE a perdu la moitié de ses exploitations laitières », plus de 500 000 producteurs ayant cessé leur activité durant cette période. Il note que « cette tendance à la concentration de la production devrait se poursuivre, voire s’accélérer, dès lors que les zones les moins favorisées connaissent une régression ou une disparition de la production et qu’une concentration de la production est observée dans les zones d’agriculture intensive ». Dans ce contexte, la Cour des comptes appelle à une réflexion profonde sur la manière d’aider les zones les moins favorisées pour la production de lait.

S'agissant de l’objectif de compétitivité, le rapport note que « la part de l’UE dans le commerce mondial des produits laitiers se contracte depuis 1984 », les producteurs européens de produits laitiers n’étant concurrentiels sur les marchés mondiaux que lorsque les cours sont élevés. Il note en outre que « seuls les producteurs de fromages et d’autres produits à haute valeur ajoutée pourront revendiquer des parts de marché à long terme ». Dans ce contexte, il suggère que la politique de l’UE oriente ses « efforts vers la satisfaction des besoins du marché domestique européen et, en complément, vers la production de fromages et d’autres produits à haute valeur ajoutée exportables sans aides budgétaires ».

Source d’information

Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse de la Cour des comptes européenne, ECA/09/63, 15 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=ECA/09/63&fo...

Cour des comptes européenne, Special Report No. 14/2009
http://eca.europa.eu/portal/pls/portal/docs/1/3096295.PDF

Commentaire

Le rapport de la Cour des comptes soutient largement les efforts de la CE pour s’assurer que la concentration du pouvoir de marché dans les mains des transformateurs laitiers et des principaux distributeurs ne mine pas la position des producteurs de lait de l’UE. Le rapport sous-entend une présence bien plus limitée pour le secteur laitier de l’UE sur le marché mondial à l’avenir, les exportations laitières étant amenées à être davantage concentrées sur les produits à plus forte valeur ajoutée. Cependant, cette transition devrait s’avérer assez longue (jusqu’en 2015 et au-delà), et par conséquent les gouvernements ACP désireux de promouvoir le développement du secteur laitier local devront bien gérer le rythme de la libéralisation du secteur laitier en termes de relation commerciale avec l’UE.

Agritrade News Update - November 2009


Une augmentation de l’aide européenne demandée en réponse à la crise

Après une grève des approvisionnements de lait suivie par plus de 60 000 producteurs de lait de l’UE en réaction à une baisse de 25% des prix du lait, la pression politique pour une action de la CE s’est accrue. Ceci a donné lieu à une réunion d’urgence du Conseil agriculture le 5 octobre dernier. Lors de cette réunion, la commissaire à l’agriculture Fischer Boel a réaffirmé la position de la CE et a annoncé le lancement d’un certain nombre de nouvelles initiatives. Les mesures de soutien actuelles de l’UE en faveur du secteur laitier comprennent :

  • les paiements directs versés aux producteurs laitiers de €5 milliards par an ;
  • l’affectation de jusqu'à 600 millions € supplémentaires à des mesures de soutien du marché en réponse à la crise du lait ;
  • l’expansion du programme de distribution de lait dans les écoles ;
  • le financement d’un nouveau cycle de mesures de promotion pour les produits laitiers;
  • la disponibilité de fonds en faveur du développement rural et l’impact sur la consommation du plan pour la relance économique.

La commissaire a en outre indiqué que les États membres seront autorisés à verser aux agriculteurs des aides nationales pouvant atteindre €15 000 au titre des mesures du cadre temporaire pour les aides d’État, tandis que les procédures pour l’obtention d’un soutien de la CE seront rationalisées et les règles relatives aux régimes de rachat des quotas seront temporairement modifiées pour faciliter la restructuration de la production.

La commissaire Fischer Boel a également annoncé le lancement d’un groupe d’experts de haut niveau chargé de se pencher sur l’avenir du secteur laitier. Le groupe de haut niveau sur le lait sera présidé par le directeur général de la DG de l'agriculture et du développement rural de la Commission, et sera composé de représentants des États membres. Seront discutés :

  • le cadre juridique pour les relations contractuelles entre les producteurs de lait et les laiteries ;
  • les mesures possibles pour renforcer le pouvoir de négociation des producteurs de lait au sein de ces relations commerciales ;
  • l’adéquation des instruments de marché existants ;
  • le rôle possible d'un marché à terme pour le secteur laitier ;
  • la transparence et l’information des consommateurs sur les questions de qualité, de santé et d'étiquetage
  • l’innovation et la recherche dans la perspective d'une amélioration de la compétitivité du secteur.

La première réunion du groupe d’experts de haut niveau sur le lait s’est tenue à peine une semaine après l’annonce de sa création, l’accent étant mis sur « les relations contractuelles et le pouvoir de négociation dans le secteur laitier ». Parmi les questions débattues: la nécessité de contrats formels entre les producteurs de lait et les transformateurs de lait, la couverture de ces contrats et les sanctions en cas de rupture de contrat et la manière dont le pouvoir de négociation des producteurs de lait pourrait être renforcé. La prochaine réunion du groupe de haut niveau est prévue pour le 10 novembre, après quoi des auditions seront organisées pour rassembler des avis, opinions et analyses des producteurs, transformateurs, autorités nationales de concurrence, universitaires, consommateurs et distributeurs. Des réunions supplémentaires seront organisées le 8 décembre et en janvier 2010, lorsque les expériences des pays tiers auront été examinées. Une conférence sur les questions débattues est prévue pour mars 2010.

La CE affirme que les mesures déjà adoptées en réponse à la crise ont commencé à porter leurs fruits. De fait, les ministres européens ont reconnu à l’occasion de leur réunion spéciale que « le secteur laitier commence à manifester des signes de reprise » : « sur les marchés au comptant, entre juillet et septembre, le prix du lait brut a augmenté de 12% en Italie, de 19% en Irlande du Nord et de 50% aux Pays-Bas. Les prix s’améliorent également nettement pour le beurre et le lait en poudre écrémé ». Toutefois, cette situation varie fortement d’une région à l’autre de l’UE. Le boycott des approvisionnements de lait à l’initiative des agriculteurs de l’UE a également fait réagir le marché, avec une augmentation des prix du lait au comptant.

Bien qu’il semble y avoir un soutien général parmi les États de membres de l’UE pour un cadre réglementé pour le secteur laitier, l’engagement envers l’abolition des quotas de production nationaux reste bel et bien d’actualité. De fait, au cours de l’année contingentaire 2008-09, la production de lait de l’UE était inférieure de 4,2% au quota (près de 5,38 millions de tonnes de moins que le quota global, malgré l’introduction d’une augmentation de 2,4% du quota global). Dans ce contexte, la commissaire Fischer Boel a affirmé qu’ « il est clair que les prix faibles reçus par les producteurs au cours de ces derniers mois n’ont rien à voir avec l’élimination progressive du système de quotas ».

Les agriculteurs de l’UE se sont dits déçus de l’issue de la réunion ministérielle spéciale sur la crise du secteur laitier et espéraient des mesures supplémentaires de la part de la CE après la réunion du Conseil agriculture de l’UE du 19 octobre. Les rapports de presse indiquent qu’une enveloppe supplémentaire de €280 millions à l’appui des producteurs de lait serait dégagée (dans l’attente d’une décision finale du Conseil des ministres des Finances) pour permettre la mise en œuvre des mesures prévues à l’Article 168 de l’OCM unique, ladite clause de perturbation. Cette disposition a maintenant été officiellement étendue au secteur laitier, et cette initiative a été saluée par les producteurs de lait, même s’il est encore difficile de dire quelles mesures spécifiques seront mises en œuvre dans le cadre de cette « clause de perturbation ».

Source d’information

Europa Press Releases Rapid, Discours de la commissaire Fischer Boel, SPEECH/09/482, 19 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/482&am...

Europa Press Releases Rapid, discours de la commissaire Fischer Boel, SPEECH/09/484, 19 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/484&am...

TheCattleSite news desk, 20 octobre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28769/dairy-producers-finally-given-a-l...

TheCattleSite news desk, 16 octobre 2009.
http://www.thedairysite.com/news/28750/court-slams-eu-dairy-deregulation...

Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse CE, IP/09/1501, 9 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1501&f...

Europa Press Releases Rapid, Communiqué de presse CE, IP/09/1420, 5 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1420&f...

Europa Press Releases Rapid, Discours de la commissaire Fischer Boel, SPEECH/09/436, 5 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/436&am...

TheCattleSite news desk, 5 octobre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28637/eu-fails-to-make-decisions-to-sav...

TheCattleSite news desk , 12 octobre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28691/eu-commission-shows-support-for-d...

CE, Blog de la Commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel, 22 septembre 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/the-next-steady-steps-for-the-dai...

ICTSD, Bridges Weekly Trade News Digest, Vol. 13, No. 33, 30 septembre 2009
http://ictsd.net/i/news/bridgesweekly/56304/

thedairysite, Rapports de presse sur les grèves du secteur laitier de l’UE, septembre 2009:
http://www.thedairysite.com/news/28565/milk-delivery-strikes-stop
http://www.thedairysite.com/news/28525/update-on-european-milk-strikes
http://www.thedairysite.com/news/28477/dairy-farmers-revolt-paralyses-eu...
http://www.thedairysite.com/news/28513/milk-delivery-strikes-supported-b...

Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse CE, IP/09/1521, 14 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1521&f...

Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse CE, IP/09/1525, 15 octobre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1525&f...

Commentaire

La recommandation du Conseil agriculture de l’UE du 19 octobre, consistant à affecter €280 millions supplémentaires en réponse à la crise du secteur du lait, porte le soutien budgétaire supplémentaire alloué au secteur laitier à €880 millions au total. Cependant, tout en modifiant la manière dont la palette d’instruments peut être déployée, la CE a néanmoins maintenu la trajectoire générale de la réforme de la PAC, plus précisément en ce qui concerne l’abolition finale des quotas de production en 2015. L’impact de ces mesures sur la production et les échanges globaux de l’UE sera largement influencé par l’état des marchés laitiers mondiaux à ce moment là et par la capacité des laiteries de l’UE à entamer la transition vers la production et l’exportation de produits laitiers à plus forte valeur ajoutée. Dans tous les cas, en 2015, la structure traditionnelle des exportations de lait de l’UE ainsi que ses effets adverses sur les efforts consentis par les ACP pour développer leur propre secteur laitier appartiendront au passé.

Agritrade News Update - November 2009


La gestion de la crise européenne du lait

S’exprimant face au Comité agriculture du Parlement européen le 1er septembre dernier, la commissaire européenne en charge de l’agriculture Fischer Boel a reconnu que la situation dans le secteur laitier de l’UE était « sérieuse », mais a souligné que toute action « doit être une action efficace – non seulement à court terme mais également à long terme ». Elle a souligné que plusieurs des problèmes du secteur laitier étaient liés au ralentissement économique mondial. Dans ce contexte, la commissaire Fischer Boel a affirmé que « nous devons choisir nos outils avec intelligence ». Elle a refusé tout retour à la gestion de la production laitière basée sur les quotas et réitéré l’engagement envers l’abolition des quotas de production de lait en 2015. Elle a affirmé que tout prolongement du système de quotas de production « ne serait pas efficace, augmenterait les coûts de production et ne faciliterait pas l’entrée des jeunes agriculteurs dans le secteur », et ne produirait pas un « secteur laitier réactif et bien structuré ».

La commissaire a exprimé quelques réserves concernant les propositions pour un « fonds laitier » en vue de soutenir la restructuration, affirmant qu’un financement supplémentaire était déjà mis à disposition à la fois au travers de nouvelles mesures (le paquet de reprise économique et le bilan de santé de la PAC) et au travers d’outils traditionnels. Elle a souligné que « les dépenses supplémentaires sur des mesures de marché telles que les restitutions à l’exportation et l’intervention pour le secteur laitier […] s’élèveront à environ € 600 millions » au cours de l’année 2009. Elle a affirmé que les mesures prises à ce jour (notamment les €5 milliards par an d’aide directe aux producteurs laitiers de l’UE depuis de cycle 2003 de réformes de la PAC) « produisaient leurs effets », le marché « revenant à l’équilibre » et les prix laitiers se stabilisant et connaissant même une légère amélioration.

La commissaire Fischer Boel s’est dite néanmoins inquiète de la « tournure que prenait la relation entre les producteurs laitiers et le reste de la filière », notant que « si les prix des producteurs pour les produits laitiers ont plongé en dessous du niveau d’avant la flambée des prix de 2007, les prix payés par les consommateurs sont encore 14 pour cent supérieurs à ce qu’ils étaient à cette époque ». Une analyse de ce problème par la Commission est censée être présentée à la fin de l’année 2009.

La commissaire a également fait une déclaration sur le secteur laitier à la séance plénière du Parlement européen à Strasbourg le 17 septembre, saluant les augmentations des prix des produits laitiers en Europe et confirmant les mesures de soutien déjà annoncées, mais insistant une fois encore sur la détermination de la Commission à ne pas revenir à la gestion basée sur les quotas ou à des « instruments de marché coûteux et inefficaces du passé ». La commissaire a présenté en détail la dernière étape de la « campagne de la Commission visant à aider les producteurs laitiers de l’UE à sortir de la crise du marché actuelle », avec des mesures à court terme comme le versement de fonds de crise temporaires d’un montant de €15 000 maximum pour les agriculteurs et la mise en place de systèmes de rachat de quotas par l’État membre plutôt que par les agriculteurs individuels. Elle a ajouté que « nous devons réfléchir aux mesures à prendre à moyen et long terme », par exemple l’établissement d’un groupe de travail spécialisé pour considérer certaines questions. Pourraient être discutés un « cadre juridique pour les relations contractuelles entre les producteurs de lait et l’industrie laitière afin de mieux équilibrer l’offre et la demande sur le marché, tout en assurant une concurrence loyale », la désirabilité d’un marché laitier à terme en Europe pour accroître la transparence et les conclusions du rapport promis sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement du secteur laitier.

Par ailleurs, après la réunion du Conseil agricole de septembre 2009, les organisations agricoles de l’UE, à savoir le COPA et la COGECA, étaient très véhémentes à l’égard de l’absence d’action de l’UE en réponse à la crise du secteur laitier, le président du COPA Padraig Walshe réclamant davantage de soutien pour l’intervention publique, aux restitutions à l’exportation et aux mesures promotionnelles, affirmant que sans une telle action, « plusieurs agriculteurs allaient devoir abandonner la production de lait en attendant que les politiciens de l’UE se décident à agir ». Dans un autre communiqué de presse, le COPA et la COGECA ont salué les nouvelles initiatives annoncées le 17 septembre, mais ont insisté pour que « des actions supplémentaires soient entreprises pour sortir le secteur laitier de la crise ».

Source d’information

Europa Press Releases Rapid, discours de la commissaire en charge de l’agriculture Mariann Fischer Boel, SPEECH/09/354, 1er septembre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/354&am...

The Dairy Site, 11 septembre 2009
http://www.thedairysite.com/news/28433/european-milk-producers-continue-...

Communiqués de presse, COPA-COGECA, 8 et 18 septembre 2009 (accès aux deux via la page d’accueil)
http://www.copa-cogeca.be/Main.aspx?page=HomePage

Entrée au blog de la commissaire européenne en charge de l’agriculture Mariann Fischer Boel, 9 septembre 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/time-to-break-the-logjam-over-gmos/

Europa Press Releases Rapid, communiqué de presse, IP/09/1333, 17 septembre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1333&f...

Europa Press Releases Rapid, discours de la commissaire en charge de l’agriculture au Parlement européen, SPEECH/09/395, 17 septembre 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/395&am...

Commentaire

L’insistance de la CE sur une réponse à la crise actuelle du lait conforme à la promotion d’un secteur laitier répondant davantage au marché, doit être envisagée à la lumière des prévisions d’une expansion du commerce laitier mondial à plus long terme. De toute évidence, la CE souhaite voir un secteur laitier européen mieux placé pour exploiter toute opportunité qui pourrait se présenter à l’avenir. Pour l’heure, l’UE recourt plus volontiers aux instruments traditionnels de soutien du commerce agricole, et même à ces outils qu’elle a pourtant reconnu comme ayant le plus d’effets de distorsion des échanges, comme les restitutions à l’exportation.

Lorsqu’une situation de crise se présente dans un secteur agricole européen, les engagements politiques à plus long terme envers un cadre davantage orienté sur le marché sont clairement mis de côté (à condition que cela n’affecte pas l’orientation politique sous-jacente) au profit de mesures qui apportent un soulagement direct au secteur concerné. Cela soulève l’importante question de la marge de manœuvre politique à laisser aux gouvernements ACP dans le cadre des APE (intérimaires) pour protéger les secteurs agricoles sensibles malgré leurs engagements politiques généraux envers une plus grande libéralisation commerciale.

Les initiatives de la CE visant à étudier et analyser les relations avec la chaîne approvisionnement de produits laitiers semblent être pertinentes pour les secteurs dans lesquels les pays ACP ont un intérêt commercial majeur et dans lesquels on constate une forte concentration du pouvoir de marché entre les mains d’un nombre restreint d’entreprises.

Agritrade News Update - October 2009


Évaluation comparative des perspectives pour les marchés laitiers mondiaux

La CE a produit un examen des perspectives pour les produits agricoles pour la période 2009-18. Dans le secteur laitier, l’examen se base sur l’analyse produite par le FAPRI et par l’OCDE/FAO. Il note qu’ « au cours de la prochaine décennie, la production mondiale de lait devrait augmenter d’environ 19%, cette croissance étant essentiellement générée par les gains de productivité par animal ». Près de la moitié de cette croissance devrait avoir lieu en Asie, principalement en Chine et en Inde. D’après le FAPRI, la production mondiale de beurre devrait augmenter de 29,3%, tandis que la production de lait en poudre entier et écrémé devrait augmenter de 21,2% et de 16,1% respectivement et la production de fromage de 18,2% (l’UE et les États-Unis représentant la moitié de cette croissance). Les estimations de l’OCDE/FAO montrent des taux de croissance légèrement inférieurs.

Les perspectives de marché à court terme, cependant, ne sont pas jugées aussi bonnes « en raison du ralentissement économique mondial ». À long terme, une croissance plus forte des échanges commerciaux est prévue, le commerce de beurre et de lait écrémé en poudre devant augmenter de 34,5% et de 31,5% respectivement d’après le FAPRI. Les prévisions de l’OCDE/FAO cependant sont bien inférieures, à 6% et 4% respectivement. Elles suggèrent une croissance bien supérieure du commerce de fromage et de lait entier en poudre, de 31% et 39% respectivement, les prévisions FAPRI étant en revanche inférieures, à 23% et 25% respectivement.

D’après le FAPRI, les exportations nettes de produits laitiers de l’UE devraient ralentir voire « chuter considérablement, l’UE devenant un importateur net à compter de 2017 ». Les deux prévoient un « déclin des exportations de fromage de l’UE […] en raison d’une forte demande intérieure ». Il n’y a pas de consensus sur la tendance probable des exportations de lait écrémé en poudre de l’UE, le « FAPRI prévoyant une augmentation alors que l’OCDE/FAO s’attendent à un déclin par rapport au niveau de référence ». Ils s’accordent néanmoins sur le fait que les exportations de lait entier en poudre de l’UE chuteront.

D’après l’examen de l’UE, malgré des difficultés à court terme, « à plus long terme la croissance économique et démographique soutiendra une augmentation de la demande de produits laitiers qui, conjuguée à une hausse des coûts de l’alimentation animale, fera grimper les prix ». De fait, « les prix devraient rester supérieurs à leurs niveaux de 1999-2006, même si les producteurs seront confrontés à des prix moyens considérablement inférieurs aux niveaux record de 2007-08 ». Toutefois, les « prévisions de l’OCDE/FAO pour les prix sont plus élevées que celles du FAPRI. […] Les prix moyens devraient être 23% (FAPRI) ou 35% (OCDE/FAO) supérieurs aux prix moyens de la période 1999-2006 ».

Source d’information

Commission européenne, analyse de la politique de commerce agricole, document de travail, juillet 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/worldmarkets/outlook/2...

Commentaire

Si les prix moyens des produits laitiers sont susceptibles d’augmenter, cela se produira dans un contexte de forte volatilité des prix. Par conséquent, bien que ces prix plus élevés puissent constituer un incitant pour l’augmentation de la production laitière ACP à destination des marchés intérieurs, la durabilité de ces investissements sera fortement déterminée par les mesures de politique commerciale mises en place pour gérer la volatilité des prix. L’application des dispositions des différents APE (intérimaires) paraphés (et dans certains cas signés) pourrait potentiellement avoir une influence importante sur ce que les gouvernements ACP sont autorisés à faire pour appuyer et soutenir le développement du secteur laitier local. L’observation selon laquelle les « exportations nettes de produits laitiers de l’UE devraient ralentir » au vu de la concurrence féroce exercée par d’autres fournisseurs a potentiellement des incidences importantes pour les secteurs laitiers africains. Bien souvent, lorsque les exportateurs de l’UE sont soumis à une forte concurrence de la part des fournisseurs de pays tiers sur des marchés plus rentables, ils ont tendance à se rabattre sur les marchés africains qui, à plusieurs égards, sont considérés comme des « marchés de dernier ressort ». Sur les grands marchés africains tels que le Nigeria, les produits de l’UE représentent déjà 72,2% des produits laitiers importés. Un tel développement, à savoir le ciblage des marchés africains au vu de la forte concurrence exercée ailleurs, pourrait compliquer davantage les efforts africains visant à développer leurs propres secteurs laitiers pour desservir les marchés intérieurs.

Agritrade News Update - October 2009


Réponse de la CE à la crise dans le secteur laitier

Le 22 juillet dernier, la CE a publié une communication sur la situation du marché laitier en 2009. Celle-ci incluait un catalogue de mesures actuellement en place pour soutenir les producteurs de lait de l’UE. Parmi ces mesures :

  • l’usage continu et accru des instruments de soutien traditionnels tels que l’intervention, le stockage privé et les restitutions à l’exportation (le coût des dépenses prévues pour ces postes est de plus de €600 millions) ;
  • le paiement avancé de l’aide directe (l’« instrument politique principal pour soutenir les revenus des agriculteurs ») aux producteurs de lait de l’UE, « dont le montant actuel est de €5 milliards par an » ;
  • un soutien accru aux programmes de promotion des produits laitiers ;
  • l’utilisation possible de prélèvements imposés sur la surproduction pour « financer le retrait volontaire de la production de lait » ;
  • « l’extension aux exploitants du cadre temporaire pour les aides d’État », impliquant un meilleur accès aux prêts publics aux taux du marché ;
  • une redistribution unilatérale de l’aide au secteur laitier au niveau national, conformément aux propositions du bilan de santé de la PAC (donnant accès à une partie des €4,2 milliards alloués à ces mesures) ;
  • une étude de la CE des pratiques potentiellement anticoncurrentielles dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire (la commissaire Fischer Boel a souligné que « si les agriculteurs obtiennent moins pour leurs produits laitiers qu’avant la flambée des prix de 2007/08, les prix dans les supermarchés sont quant à eux toujours 14% supérieurs ») et un soutien aux organisations de producteurs.

La commissaire Fischer Boel a affirmé que bien que la CE demeurait engagée à « tout mettre en œuvre pour aider les producteurs laitiers », elle a précisé que la CE ne reviendrait pas sur l’expansion des quotas, car cela avait été conçu pour assurer un atterrissage en douceur du processus d’abolition des quotas. Elle a affirmé que l’expansion des quotas n’était pas la cause de la chute des prix du lait. De fait, alors que les quotas de production pour 2008/09 ont été augmentés, « la production a chuté de 0,9%, ramenant le total à 4,2% de moins que le quota du 31 mars ». Elle a ajouté que les « véritables sources de la crise sont la faiblesse de la demande mondiale et une forte augmentation des rendements de production des grands producteurs non européens ».

La communication de la CE intervient à un moment où les producteurs réclament l’arrêt de l’expansion des quotas et l’introduction d’un système de contrôle efficace de l’offre, y compris le « gel » d’au moins 5% des quotas laitiers. Les organisations d’agriculteurs européennes soutiennent que cela permettrait aux prix à la production de se rétablir. À plus long terme, il serait souhaitable d’avoir « une offre qui peut être ajustée à la demande à l’avenir ». Ce changement au système est considéré comme ‘indispensable’ par le président du European Milk Board, Romuald Schaber. Ce point de vue a reçu un certain soutien du Comité agriculture du Parlement européen, qui a décrit la réponse de la CE à la crise laitière comme « inadéquate ».

Toutefois, l’ensemble de la communauté des exploitants agricoles est loin de partager cette critique des politiques de la CE. Le président du NFU Dairy Board au Royaume-Uni, Gwyn Jones, a affirmé que les « mesures de soutien supplémentaires proposées par la Commission offrent une réponse proportionnée à court terme qui a le potentiel de soutenir et d’offrir plus de stabilité au marché, sans s’écarter de la politique actuelle ». Il a déclaré : « C’est important. Les agriculteurs ont besoin de certitude et de prévisibilité », ajoutant que « la certitude doit être l’abolition des quotas ».

Par ailleurs, la CE a publié un rapport de consultance sur l’impact économique de l’abolition du régime de quotas laitiers sur les régions européennes individuelles. L’analyse est basée sur « différents scénarios de simulation réalises avec le modèle CAPRI », qui a été approfondi pour l’occasion, et sur une comparaison avec les résultats des précédentes études. L’évaluation a révélé que l’abolition des quotas impliquerait une augmentation de la production de lait dans l’UE27 d’environ 4,4%, et une baisse du prix du lait brut d’environ 10%.

L’impact de l’abolition des quotas variera grandement d’une région à l’autre de l’UE. Dans l’ensemble, « près de 70% des régions européennes affichent une augmentation des cheptels laitiers en conséquence de l’abolition des quotas », certaines régions enregistrant des augmentations particulièrement fortes. Ces effets différents mènent à des conséquences variables pour les revenus agricoles dans les régions de l’UE. Globalement cependant, les « effets sur le bien-être sont légèrement positifs pour l’UE27 ». Malgré le « déclin du total des revenus agricoles en raison de la baisse des prix moyens du lait, l’industrie laitière européenne sortirait gagnante car les prix des produits laitiers sont susceptibles de baisser dans une moindre mesure que les prix du lait brut ».

Source d’information

TheDairySite.com, 16 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27834/eu-ag-commissioner-calls-for-milk...

TheDairySite.com, 15 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27819/immediate-action-required-for-eu-...

Europa Press Releases Rapid, IP/09/1172, 22 juillet 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1172&f...

Communication CE au Conseil, COM(2009) 385 final, 22 juillet 2009
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0385:FIN:...

CE, rapport de la situation du marché du lait, 22 juillet 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/markets/milk/report2009/index_en.htm

CE, nouvelles de la direction Agriculture et Développement rural, 24 juillet 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/en/362.htm

CE, blog de la commissaire Fischer Boel, 22 juillet 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/dairy-sector-keeping-the-ship-ste...

TheDairySite.com, 23 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27911/ag-committee-calls-ec-dairy-measu...

TheDairySite.com, 22 juillet 2009
http://www.thedairysite.com/news/27901/eu-commission-proposes-a-new-way-...

CE, Economic impact of the abolition of the milk quota regime, rapport complet, 20 février 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/external/milkquota/full_report_...

CE, note de synthèse, février 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/external/milkquota/ex_sum_en.pdf

Commentaire

La préoccupation la plus immédiate semble avoir trait aux incidences de l’expansion des opérations de restitution à l’exportation de l’UE, qui pourraient exacerber les conséquences de la crise mondiale du lait pour les producteurs africains, étant donné le rôle dominant joué par l’UE dans le commerce laitier vers l’Afrique. À plus long terme, le rôle plus important que la CE souhaite endosser pour surveiller le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement afin de garantir l’absence de pratiques anticoncurrentielles pourrait bien finir par intéresser les fournisseurs ACP, si ces mesures devaient être étendues aux chaînes d’approvisionnement dans lesquelles les fournisseurs ACP sont très actifs (par exemple les chaînes d’approvisionnement du sucre et de produits horticoles).

En termes d’incidences régionales internes de l’abolition des quotas au sein de l’UE, il semble qu’elle aurait peu d’impact sur les pays ACP puisque ceux-ci exportent peu de produits laitiers vers l’UE. La méthodologie d’évaluation de l’impact régional des quotas sur la distribution géographique de la production et sur la distribution des recettes le long des chaînes d’approvisionnement semble potentiellement plus intéressante. Ce sont là les questions critiques actuelles du secteur sucrier ACP.

Agritrade News Update - September 2009


Modélisation de l’impact des réductions tarifaires dans le secteur laitier

Sur la base d’une analyse utilisant deux modèles complémentaires pour le commerce laitier, le International Agricultural Trade Research Consortium a publié un document de travail analysant les incidences des réductions tarifaires de l’OMC pour la politique laitière européenne et américaine. Le document note que le secteur laitier est « un des secteurs les plus lourdement protégés » et que la « libéralisation de la protection aux frontières dans l’UE augmenterait la concurrence à laquelle font déjà face les producteurs de lait européens », en plaçant « une pression supplémentaire sur la politique de soutien des prix ». Il ajoute que l’UE serait alors « forcée d’envisager la réduction des quotas de production ou de diminuer les prix d’intervention pour éviter l’accumulation des stocks d’intervention ».

L’analyse note que l’impact des réductions tarifaires dépend des conditions de marché prévalant à ce moment, et des hypothèses concernant les développements politiques dans le contexte des réductions tarifaires. Quelques scénarios alternatifs sont explorés dans l’hypothèse d’un excédent mondial de produits laitiers (correspondant à la situation en 2004) et d’un déficit mondial de produits laitiers (correspondant à la situation en 2007). Le scénario le plus intéressant est celui d’un « atterrissage en douceur » avec une augmentation progressive des quotas de production avant leur élimination et la réduction des prix à l’intervention de 40%, afin d’éviter une production « excédentaire » supérieure aux prix du marché mondial. Dans ce scénario, à court terme, « les approvisionnements de lait devraient augmenter grosso modo de 5% et le prix du lait devrait chuter d’environ 3% en 2015 comparé à 2008 ». À long terme, cela engendrerait un « secteur laitier davantage orienté vers le marché. La production de lait augmenterait, la production de fromage grandirait par rapport au beurre et au lait en poudre écrémé, et la consommation interne augmenterait. Les exportations de fromage se développeraient considérablement (à 19%), tandis que les exportations de beurre, de lait en poudre écrémé et de lait en poudre entier chuteraient de 49%, 39% et 15% respectivement ». Dans l’ensemble, « la libéralisation des quotas et la réduction des prix à l’intervention permettraient à l’UE de satisfaire à la demande interne et d’exportation sans devoir recourir aux restitutions à l’exportation ». Ceci s’applique aux deux scénarios, bien que dans le contexte des conditions de marché de 2007, les exportations de beurre et de lait en poudre écrémé augmenteraient également, et feraient dès lors baisser les prix du marché mondial de 5% et 6% respectivement.

Le document conclut que si les réductions tarifaires se poursuivent conformément aux formules débattues à ce jour, « l’UE devra poursuivre l’élimination progressive des quotas laitiers et réduire le soutien des prix afin d’éviter de devoir gérer un excédent de produits laitiers ».

Source d’information

International Agricultural Trade Research Consortium, Working Paper 09-1, mars 2009
http://iatrc.software.umn.edu./publications/workingpapers/IATRCWorkingPa...

Commentaire

Il est intéressant de constater que ce que le document qualifie de défi à la politique laitière de l’UE dans le scénario le plus plausible est en fait totalement conforme à la trajectoire d’ensemble de la réforme de la PAC, impliquant une transition aux paiements découplés pour les producteurs de lait de l’UE (et tous les autres agriculteurs de l’UE). Nul ne sait quel effet le mécontentement actuel du secteur laitier aura sur les décideurs politiques de l’UE. Des rapports de presse suggèrent que certains pays pourraient recourir plus souvent aux instruments fiscaux afin de mieux gérer les problèmes transitionnels dans le secteur. Les développements dans le secteur laitier de l’UE affecteront principalement les pays ACP au travers de leur impact sur la composition et le volume des exportations de produits laitiers de l’UE.

Agritrade News Update - August 2009


Un vent de protestation souffle sur l’Europe, la chute des prix laitiers en cause

Un vent de protestation souffle sur l’Europe en raison de la baisse des prix du lait, les agriculteurs allemands réclamant à ce titre un paquet de sauvetage. Dans l’attente des élections, un allègement fiscal d’environ €525 millions pourrait bien être accordé au cours de la prochaine période. La CE a rejeté les appels de certains États membres à freiner l’expansion progressive des quotas laitiers introduite pour offrir un « atterrissage en douceur » au processus d’abolition des quotas. La commissaire Fischer Boel a affirmé que les agriculteurs doivent tout simplement produire moins étant donné la contraction de la demande consécutive à la crise financière.

Toutefois, en réponse aux difficultés actuelles du marché, la CE a rétabli les restitutions à l’exportation (en juin, les restitutions à l’exportation pour le lait en poudre écrémé ont augmenté de €240/t à €258/t, tandis que les restitutions à l’exportation pour le beurre ont augmenté de €40/t ), a avancé la date à laquelle les paiements de l’aide pouvaient être versés à tous les agriculteurs de l’UE et, en juillet, a augmenté l’aide pour le stockage privé de beurre et augmenté les plafonds d’achat à l’intervention pour le beurre et le lait en poudre. Alors que les achats à l’intervention pour le beurre et le lait en poudre écrémé étaient normalement limités à 30 000 tonnes et 109 000 tonnes respectivement (achetés entre le 1er mars et le 31 août), en juillet 2009, 81 000 tonnes de beurre et 203 000 tonnes de lait en poudre écrémé avaient été achetées à l’intervention. Dans ce contexte, les achats à l’intervention seront prolongés jusqu’à la fin février 2010 et si nécessaire, jusque février 2011, en fonction des conditions du marché. Le coût total des mesures proposées pour le budget de l’UE entre 2010 et 2012 est de €26,9 millions.

Ceci s’inscrit dans un contexte de baisses du prix du lait sur le marché de l’UE de 30-40 centimes d’euro par litre au « niveau de filet de sécurité de l’UE de 21 cents par litre ». À ce prix, « les coûts variables de production peuvent être couverts mais pas les coûts totaux de nombreux producteurs de lait moins rentables, et certainement pas l’ensemble de coûts comprenant « les charges foncières, les coûts de main-d’œuvre et les coûts d’investissement ». Il s’agit là d’une conséquence du ralentissement économique mondial qui, d’après un exposé du gouvernement français lors de la réunion du Conseil de l’agriculture de l’UE du mois de mai, a provoqué une baisse de 10% des exportations de fromage de l’UE comparé au premier trimestre 2008, et une baisse de 3% des exportations de beurre.

La commissaire Fischer Boel a décrit la situation dans le secteur laitier comme « très préoccupante » car « si les prix restent à ce niveau historiquement bas, nous courons tout droit à la catastrophe ». Elle a affirmé que compte tenu du long délai de mise en œuvre pour le développement de la production de lait, l’UE ne pouvait pas se permettre de laisser les producteurs de lait abandonner l’activité en masse en raison d’une crise temporaire de la demande due au ralentissement économique mondial. Dans ce contexte, après avoir activé tous les instruments existants, la Commission examine maintenant comment les programmes à l’échelle de l’UE peuvent être prolongés et comment les restrictions applicables à l’aide nationale peuvent être assouplies sans générer une concurrence déloyale au sein de l’UE. La commissaire Fischer Boel a cependant nié que la crise actuelle est liée à l’augmentation des quotas, soulignant que la « production a chuté de 0,9% malgré l’expansion des quotas », la production de l’UE étant maintenant 4% inférieure aux quotas autorisés. Sur son blog, la commissaire Fischer Boel a cependant soulevé des questions sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement laitière, où le lait est souvent utilisé comme un produit d’appel par les distributeurs. Elle affirme que la CE devrait « examiner le marché du lait et regarder où va l’argent ».

Au même moment, une analyse entreprise pour l’association britannique du secteur laitier, Dairy UK, suggère que malgré la crise actuelle, certaines entreprises du secteur laitier britannique se positionnent petit à petit pour profiter des opportunités commerciales qui se présenteront dès la fin du ralentissement économique.

Source d’information

Proposition CE pour un règlement du Conseil, COM(2009) 354 final, 7 juillet 2009
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0354:FIN:...

Commission européenne, DG Agriculture et Développement rural, déclaration
http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/en/357.htm

Entrée du blog de la commissaire Fischer Boel sur la crise du lait, 29 juin 2009
http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel/milk-crisis-no-time-for-stalling/...

Deutsche Welle, 25 mai 2009
http://www.dw-world.de/dw/article/0,,4277853,00.html

The Scotsman, 30 juin 2009
http://business.scotsman.com/fooddrinkagriculture/Tide-may-turn-for-dair...

EurActive, 26 mai 2009
http://www.euractive.com/en/cap/eu-offers-help-dairy-sector-refuses-quot...

Commentaire

Malgré les difficultés économiques, la Commission européenne semble maintenir le cap de la réforme du secteur laitier. Toutefois, cela a été possible grâce au recours plus fréquent aux instruments politiques que la CE souhaite précisément démanteler à plus long terme. Cela démontre la volonté de la CE de faire preuve de flexibilité dans la poursuite de ses objectifs à long terme, alors que les coûts politiques à court terme, dus à des conditions de marché défavorables, sont jugés trop élevés. Ce type de flexibilité semblerait être pertinente pour les négociations ACP-UE concernant le démantèlement des instruments de politique commerciale qui se sont avérés litigieux dans les négociations d’APE intérimaires.

L’accent placé sur l’évaluation de la manière dont les chaînes d’approvisionnement distribuent les bénéfices tout le long de la chaîne est un développement qui pourrait potentiellement apporter des bénéfices aux exportateurs ACP dans d’autres secteurs (plus particulièrement dans les secteurs du sucre et des fruits et légumes), si cela devenait une pratique généralisée de la CE.

Agritrade News Update - August 2009


Perspectives pour le secteur laitier de l’UE

Dans le secteur laitier, la dernière révision de la CE des perspectives pour les marchés et les revenus agricoles de l’UE note que les perspectives à court terme sont dominées par l’ampleur de la crise financière et économique. Une réduction importante des prix du lait payés aux producteurs est prévue en 2009, à la suite d’un « net déclin des prix des produits laitiers ». Au vu de ces tendances, la production de lait de l’UE devrait se contracter. Une sous-utilisation des quotas de production devrait s’accentuer jusqu’en 2010. À moyen terme, une reprise de la production est prévue, mais toujours à des niveaux inférieurs aux quotas. Dans ce contexte, « la suppression des quotas laitiers en 2015/16 n’aura vraisemblablement pas de répercussion importante sur la production ou sur les prix du lait ».

Les produits laitiers à plus forte valeur ajoutée devraient sans doute être touchés plus sévèrement par la récession économique. Ceci étant dit, la production de fromage de l’UE devrait poursuivre une croissance ininterrompue lors de la période à venir, la production en 2015 devant être 10,6 % supérieure au niveau de production de 2007. La consommation de fromage au sein de l’UE devrait également augmenter régulièrement, bien qu’à un taux légèrement inférieur à celui de 2009, une conséquence de la crise économique. Les exportations devraient légèrement augmenter jusqu’en 2014, après un déclin à court terme. Toutefois, « la croissance de la consommation intérieure absorbera la plus grosse partie de cette augmentation de la production de fromage, ce qui mènera à un déclin régulier des exportations au cours des dernières années de la période de la prévision ». Les exportations en 2015 devraient donc être 11,9 % inférieures à celles de 2007. Néanmoins, les exportations de fromage de l’UE seront toujours supérieures à 500 000 tonnes au cours de la période.

UE : Fromage (en milliers de tonnes)

Année

Production

Consommation

Importations

Exportations

Balance commerciale

2007

8 932

8 430

94

596

+502

2008

8 969

8 506

81

545

+464

2009

8 997

8 536

81

542

+461

2010

9 082

8 620

81

543

+462

2011

9246

8 785

83

543

+460

2012

9 395

8 923

85

558

+473

2013

9 542

9 071

87

558

+471

2014

9 646

9 199

89

536

+447

2015

9 879

9 445

91

525

+434

La demande européenne et mondiale pour le beurre et le lait écrémé en poudre devrait rester faible. « La réactivation des restitutions à l’exportation devrait soutenir les exportations de l’UE », permettant ainsi une légère reprise des exportations en 2009. Cependant, « une faible demande et une forte concurrence » auront des conséquences sur l’ensemble des exportations, avec une diminution constante de ces dernières dès 2010 et une accélération de ce déclin en 2013, reflétant les niveaux réduits de production européenne alors que le lait est davantage utilisé dans des produits à plus forte valeur ajoutée. Tant la production que la consommation de beurre de l’UE devraient baisser.

UE : Beurre (en milliers de tonnes)

Année

Production

Consommation

Importations

Exportations

Balance commerciale

2007

2 151

2 050

91

212

+121

2008

2 158

2 036

62

143

+81

2009

2 163

2 053

85

156

+71

2010

2 092

2 054

85

133

+48

2011

2 028

2 048

85

135

+50

2012

1 991

2 042

85

104

+19

2013

1 996

2 035

85

46

-39

2014

1 964

2 021

85

28

-57

2015

1 949

2 009

85

24

-61

Un déclin similaire de la production de lait en poudre est prévu, la production de l’UE en 2015 devant être 13,8 % inférieure aux niveaux de 2007. La consommation européenne devrait cependant se rétablir quelque peu, atteignant des niveaux record en 2011, environ 7 % supérieurs aux niveaux de consommation de 2007, avant de rechuter à seulement environ 6 % au-dessus des niveaux de 2007. À l’exception d’une augmentation en 2011, les exportations de lait écrémé de l’UE devraient connaître une baisse constante, pour atteindre des niveaux en 2015 équivalents à la moitié du volume exporté en 2007.

EU: Lait écrémé en poudre (en milliers de tonnes)

Année

Production

Consommation

Importations

Exportations

Balance commerciale

2007

913

688

10

202

+192

2008

860

660

8

163

+155

2009

839

700

8

125

+117

2010

843

720

8

110

+102

2011

830

736

8

127

+119

2012

792

734

8

96

+86

2013

825

728

8

90

+82

2014

774

728

8

77

+69

2015

787

729

8

101

+93

Selon une mise à jour de la CE du marché des produits de base, une diminution constante des prix internationaux des produits laitiers a été observée, le beurre, le fromage, le lait écrémé et le lait entier en poudre accusant un déclin respectif de 20 %, 22 %, 4 % et 2,6 % depuis décembre 2008. C’est ainsi que le beurre, le fromage, le lait écrémé en poudre et le lait entier en poudre sont 55 %, 55 %, 66 % et 63 % respectivement inférieurs à leur niveau record de 2007. Les prix internationaux du lait écrémé en poudre sont à présent aussi bas qu’en 2003. Les mesures politiques telles que l’achat à l’intervention devraient aider à mettre un terme aux baisses de prix actuelles au sein de l’UE, la CE espérant que les prix des produits laitiers ont maintenant atteint leur point le plus bas. Toutefois, l’ampleur de la crise financière et économique a généré des incertitudes majeures, certains craignant de plus en plus que les consommateurs puissent éventuellement remplacer les produits laitiers par des alternatives meilleur marché. Les difficultés que le secteur laitier européen connaît actuellement contrastent nettement avec la situation favorable du marché en 2006 et 2007, qui « permettait à l’UE d’écouler tous les stocks publics de lait écrémé en poudre et de beurre » et de réduire progressivement jusqu’à l’arrêt complet toutes les mesures de soutien ciblant spécifiquement les produits laitiers.

Au vu de ces tendances de prix et avec l’augmentation des achats à l’intervention de l’UE dans le secteur laitier, certains États membres de l’UE, notamment l’Allemagne, « ont demandé au Conseil européen de rouvrir le chapitre laitier du bilan de santé de la PAC, notamment pour décaler l’augmentation des quotas ». La Commissaire Fischer Boel a jusqu’à présent refusé une telle mesure, estimant que cela sèmerait la confusion parmi les agriculteurs concernant l’orientation politique générale. Selon le rapport GAIN de l’USDA, la Commissaire a également mentionné que l’augmentation des quotas « n’augmenterait pas nécessairement la production globale », et par conséquent, n’aurait qu’un faible impact sur la balance commerciale. Elle a également souligné que les agriculteurs prenaient « à présent leurs décisions de production en fonction des prix du marché et des structures de coûts plutôt qu’en fonction des niveaux de quota ». Le refus de la Commissaire de différer l’augmentation des quotas a été soutenu par les gouvernements néerlandais, suédois, danois, espagnol et britannique, qui ont « défendu l’augmentation des quotas sur la base que d’autres pays exportateurs guettaient pour s’accaparer les parts de marchés de l’UE sur le marché mondial si l’UE réduisait ses exportations ».

La Commissaire Fischer Boel a souligné que le maintien de l’augmentation des quotas proposée ne signifiait pas que l’UE ne faisait rien pour résoudre les problèmes du secteur laitier. S’adressant à la Commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen, elle a souligné cinq domaines du soutien européen :

  • l’aide directe d’une valeur de 5 milliards d’euros par an, « que les agriculteurs recevront quelle que soit la météo » ;
  • la disposition depuis janvier 2009 relative aux restitutions à l’exportation et le soutien au stockage privé ;
  • les achats à l’intervention, qui « battent son plein » ;
  • le paquet de reprise économique qui « fournira une enveloppe supplémentaire permettant au secteur laitier de se restructurer »;
  • le soutien des États membres via une aide publique au titre des règles « de minimis », par des garanties de crédit à l’exportation ou par les mesures de l’article 68.

La Commissaire a affirmé qu’il y avait à présent des signes selon lesquels les mesures politiques produisaient leurs effets, les prix des produits laitiers se stabilisant. Elle a conclu que « la réponse politique actuelle sera suffisamment forte pour amortir les pires effets de la crise du marché – mais sans pour autant les isoler les agriculteurs des signaux des marchés et nuire à leurs intérêts à long terme ».

Source d’information

CE, notes, D (2009) 8498 (FIN-REV), 18 mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/analysis/tradepol/commodityprices/032009...

USDA, Rapport GAIN, No. E49031, 27 mars 2009
http://gain.fas.usda.gov/Recent%20GAIN%20Publications/Fisher-Boel%20refu...

CE, Prospects for agricultural markets and income in the EU (Perspectives pour les marchés et revenus agricoles de l’UE), texte intégral, mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/fullrep_en...

CE, texte résumé, mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/summary_en...

CE, note d’information de la DG de l’agriculture et du développement rural, 16 mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/index_en.htm

CE, présentation, mars 2009
http://ec.europa.eu/agriculture/publi/caprep/perspectives2008/pres_en.pdf

Europa Press Releases Rapid, SPEECH/09/164, 31 mars 2009
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/09/164&am...

Commentaire

L’argument avancé par les néerlandais en faveur de l’augmentation des quotas suggèrerait que les mesures politiques de l’UE dans le secteur laitier ont un impact sur les échanges commerciaux. Ceci soulève le problème de la nature des mesures ayant des effets de distorsion des échanges, puisqu’en l’absence de telles mesures, il est entendu que l’UE perdrait des parts de marché au profit de ses concurrents. Ceci soulève des questions sur la pertinence de la catégorisation de telles mesures dans la « catégorie verte » si leurs effets commerciaux sont si marqués.

Les ACP s’inquiètent des effets commerciaux de la réintroduction des restitutions européennes à l’exportation, ce qui pousse certains gouvernements à reconsidérer les dispositions de sauvegarde agricole incluses dans les APE intérimaires.

May 2009



Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation ACP EU