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Agriculture et changement climatique

29 octobre 2010

Un document intitulé « Agriculture et changement climatique », dans le volume « 2020 European agriculture: Challenges and policies », co-publié par la German Marshall Foundation et le Groupe d’économie mondiale (GEM) de Sciences-Po vient d’être publié, affirmant que les techniques de modélisation sophistiquées suggèrent que « le monde semble être en mesure de continuer à nourrir une population humaine croissante au cours du 21ème siècle en dépit du changement climatique », mais qu’il y aura « des différences substantielles entre les régions, certaines régions pouvant retirer des bénéfices tandis que d’autres seront durement touchées ». Il note aussi que « les PED, en particulier les plus pauvres, sont les plus susceptibles de connaître des effets négatifs ».

Dans ce contexte, le document affirme « qu’un bon moyen de s’adapter à ces défis est de faciliter le commerce entre les pays et/ou régions ». Cette conclusion, ajoute le document, comporte des implications politiques importantes, puisqu’elle exige « de créer un commerce plus ouvert dans le secteur agricole », les réductions tarifaires et l’élimination des subventions devenant un moyen important de combattre les effets adverses du changement climatique sur la disponibilité alimentaire. Il ajoute que les mesures prises dans le sens d’une libéralisation des échanges doivent être assorties de mesures politiques proactives telles que :

  • des systèmes fiscaux ou d'échange de droits d’émission pour lutter contre les effets les plus préjudiciables du changement climatique ;
  • des politiques en faveur des pauvres et en faveur du développement, capables d’aider les plus démunis de ce monde, qui sont confrontés aux conséquences les plus sévères du changement climatique ;
  • des politiques d’investissement pour l’agriculture et l’infrastructure rurale, et la recherche et le développement, conçues pour « atténuer et s’adapter aux effets du changement climatique ».

Étant donné le problème majeur de la disponibilité de l’eau, l’étude souligne l’importance d’améliorer l’efficience de l’utilisation de l’eau et de restructurer les modèles de production agricole étant donné les ressources en eau limitées. Un document annexe intitulé « Agriculture and virtual water » (Agriculture et eau virtuelle) examine le concept de l’ « eau virtuelle ». Dans ce concept, « le commerce des produits agricoles et alimentaires représente des flux d’eau virtuels entre pays riches en eau et pauvres en eau, et entre pays efficients en eau et non efficients en eau ». Ce concept renforce la nécessité de libéraliser le commerce agricole comme un moyen d’accroître la fiabilité mondiale de la production agricole.

Commentaire éditorial

L’Afrique subsaharienne, en particulier, est considérée comme une des régions qui seront les plus durement touchées par le changement climatique. Celui-ci affecte près de 95% de la population des pays ACP. La flambée des prix de 2008 ayant poussé plusieurs gouvernements africains à mettre davantage l’accent sur l’expansion de la production agricole nationale, il s’ensuit une réévaluation du rôle des instruments de politique commerciale à l’appui de ce processus. De fait, dans certains pays ACP (par ex. Fidji – voir « Dimensions agricoles de l’examen de politique commerciale de l’OMC pour Fidji »), ceci a pour effet d’augmenter insidieusement les droits de douane appliqués.

Le document soulève certaines questions importantes :

* Quelles sont les implications de cette tendance politique actuelle, si un moyen important d’atténuer l’impact du changement climatique consiste à faciliter le commerce de produits alimentaires et agricoles entre les pays et régions ?

* Comment les efforts nationaux visant à soutenir la production agricole nationale peuvent-ils être réconciliés avec les efforts régionaux visant à promouvoir un commerce régional accru de produits alimentaires et agricoles, au vu des inégalités souvent importantes dans la distribution du pouvoir le long des chaînes d’approvisionnement et du fonctionnement subséquent imparfait des marchés ?

* Comment ces efforts nationaux peuvent-ils être intégrés et réconciliés avec les accords commerciaux interrégionaux visant à libéraliser le commerce des produits alimentaires et agricoles ?

De toute évidence, il conviendra d’adopter une approche nuancée, équilibrée et intégrée qui, tout en soutenant ces efforts visant à promouvoir la production, réalisera l’objectif fixé en utilisant des instruments ayant des effets de distorsion des échanges minimes. Cela exige une analyse empirique des pratiques les plus efficaces pour réconcilier les objectifs nationaux, régionaux et interrégionaux dans les contextes des marchés spécifiques existants.

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