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Les exportations de sucre du Zimbabwe vers l’UE vont continuer tandis que les importations seront restreintes

10 août 2014

D’après le département de l’agriculture des États-Unis (USDA), la production de canne à sucre du Zimbabwe devrait reculer de 3 % au cours de la campagne de commercialisation 2014/15 pour atteindre 3,8 millions de tonnes, en raison d’une réduction de 12 % des superficies cultivées. Il note que de meilleurs rendements ont empêché une chute plus drastique, et qu’en conséquence la production de sucre globale au Zimbabwe devrait diminuer d’à peine 8 000 tonnes, à 480 000 tonnes.

Environ 80 % de la canne à sucre produite provient des plantations du Triangle et d’Hippo Valley, dans lesquelles Tongaat Hulett détient une participation de 100 % et 50,3 %, respectivement. La production de canne à sucre restante vient des agriculteurs à grande échelle et des agriculteurs nouvellement réinstallés. Le projet SusCo (Successful Rural Sugar Cane Farming Community) vise à faire passer les volumes de canne approvisionnés par les agriculteurs de 800 000 tonnes à 1 400 000 tonnes, grâce à un fonds renouvelable financé par un emprunt soutenu par l’entreprise, et avec l’aide d’une banque locale et des services techniques (soutien de vulgarisation en matière de préparation du sol pour la replantation de la canne), conçus pour améliorer les rendements de la canne et la teneur en saccharose.

Depuis 2010/11, la production de sucre du Zimbabwe a augmenté de 44 %, de 333 000 tonnes à 480 000 tonnes, avec des rendements par hectare en hausse de 40 %, passant de 6,2 tonnes à 9,3 tonnes. L’extraction de saccharose a également augmenté ces deux dernières années.

La consommation totale de sucre du Zimbabwe a légèrement fléchi en 2013/14 pour atteindre 340 000 tonnes. Toutefois, les ventes de sucre produit localement sont tombées à 180 000 tonnes avec l’augmentation des importations en provenance de fournisseurs mondiaux pratiquant des prix plus bas, qui ont atteint 124 639 tonnes. Ces importations ont également fait baisser les prix locaux du sucre (les prix de vente en gros ont régressé de 18 % et les prix au détail de 11 %). Les importations provenaient essentiellement d’Afrique du Sud (64 570 tonnes de sucre raffiné et 41 468 tonnes de sucre brut) avec de faibles volumes de sucre brut importé du Malawi (2 460 tonnes) et de la Zambie (1 796 tonnes) ; 7 447 tonnes de sucre brut et 6 898 tonnes de sucre raffiné ont été importées d’autres pays d’Afrique australe.

En réponse à cette situation, à compter du « 17 janvier 2014, le gouvernement a effectivement arrêté toutes les importations de sucre, à l’exception de l’importation de sucre blanc pour l’industrie des boissons ».

En 2014/15, les exportations zimbabwéennes vers l’UE devraient avoisiner les 200 000 tonnes, soit le même volume qu’en 2013/14.

Zimbabwe : production, consommation, importations, exportations et stocks finaux de sucre (en tonnes)
  Campagne 2012/13 Campagne 2013/14 Campagne 2014/15
Production de sucre 475 000 488 000 480 000
Consommation humaine 389 000 340 000 350 000
Importations totales 78 000 124 000 10
Exportations brutes 201 000 200 000 200 000
Stocks finaux 70 000 142 000 82 000

Source : USDA (voir ci-dessous).

Commentaire éditorial

L’intensification de la concurrence due aux importations et à des prix du sucre plus bas au Zimbabwe en 2013 a conduit le gouvernement à recourir à des mesures de restriction du commerce qui ont effectivement ralenti les importations de 124 000 tonnes, la grande majorité étant approvisionnée auprès de la région de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Ceci met en exergue la sensibilité du commerce du sucre de la région aux chocs des prix.

Dans ce contexte, il semblerait judicieux pour les gouvernements des pays producteurs de sucre en Afrique orientale et australe de discuter de la manière dont ils pourraient gérer le déclin probable des revenus du secteur sucrier après l’abolition des quotas de production de sucre de l’UE en 2017 (voir article Agritrade «  Des perspectives de marché plus limitées prévues pour les importations d... », 3 mars 2014). Ces discussions pourraient encourager le développement de stratégies conjointes visant à gérer le processus d’ajustement du marché régional qui s’avérera sans doute nécessaire. Cela aurait le mérite d’éviter l’émergence de différends commerciaux dans le secteur sucrier, découlant de la mise en œuvre de restrictions commerciales unilatérales qui enfreignent les engagements régionaux de politique commerciale.

L‘essor de l’agriculture à petite échelle au Zimbabwe semble également soulever des problèmes majeurs en matière de répartition entre broyeurs et agriculteurs des revenus provenant du développement de nouvelles sources de revenus basées sur la transformation de la canne à sucre (voir article Agritrade «  La répartition des nouvelles sources de revenus critiquée par les produc... », 21 juillet 2014). Des déclarations antérieures de Tongaat Hulett suggèrent que l’entreprise pourrait être en train d’adopter une stratégie quelque peu différente au Zimbabwe par rapport à d’autres sucreries dans la région (voir article Agritrade «  Le PDG de Tongaat Hulett met en exergue les bénéfices potentiels de la c... », 16 juillet 2012).

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