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La hausse des prix des denrées alimentaires vient renforcer la promotion d’investissements majeurs dans l’agriculture en Afrique centrale

24 février 2013

D’après des informations publiées sur le site web IRIN, l’inflation des prix des denrées alimentaires dans la République du Congo en 2012 a engendré une hausse de 160 % des prix de vente au détail du manioc, de 75 % pour la viande et de 50 % pour les huiles végétales. En conséquence, le gouvernement congolais renouvelle son accent politique sur la revitalisation de la production agricole locale. D’après les fonctionnaires du ministère du commerce, « le Congo importe près de la moitié des denrées de base dont il a besoin », ce qui a un effet direct sur les prix, puisque les « produits importés contiennent une inflation importée ».

Une des initiatives visant à combattre cette inflation est un « projet de 26 millions de dollars pour la construction de nouveaux villages agricoles », mis en place en 2010. Une autre initiative est la location à grande échelle de terres arables par le gouvernement à des agriculteurs sud-africains en 2011, qui devrait doper la production de maïs du pays.

Dans le Gabon voisin, le ministre de l’agriculture, dans un entretien accordé à la publication This is Africa du Financial Times, a évoqué des plans d’investissement ambitieux pour le secteur agricole. Le gouvernement du Gabon prévoit de développer le secteur des cultures commerciales, notamment l’huile de palme, le soja, le sucre, le maïs, le caoutchouc, le café et le cacao, via un système d’investissement massif dans l’agriculture. Le gouvernement travaille également avec Olam International, basé à Singapour, en vue de « développer 50 000 ha pour la production d’huile de palme », ainsi que des « plantations de caoutchouc et des usines de fabrication d’ammoniac et d’urée pour la production de fertilisants agricoles ».

This is Africa rapporte également que l’entreprise belge Société d’Investissement pour l’agriculture tropicale (SIAT) investit dans « la production de caoutchouc et d’huile de palme depuis qu’elle a racheté une série d’entreprises publiques en 2004 ». D’après le site web de la SIAT, « Siat Gabon exploite 10 000 ha de plantations matures de caoutchouc, 7 300 ha de plantations d’huile de palme, une raffinerie/usine de fractionnement/conditionnement de savon de 20 000 tonnes de produits finis par an et une ferme de 100 000 ha avec un cheptel de 6 000 bovins ». La SIAT indique en outre qu’en février 2012 « elle a conclu un partenariat avec GMG Global Ltd (GMG), basée à Singapour, une filiale de l’entreprise chinoise Sinochem International ». Cette décision pourrait ouvrir la porte du marché chinois aux produits à base de caoutchouc de l’entreprise.

La presse note que le gouvernement du Gabon recherche activement des investisseurs en « mettant 1 million d’hectares de terres à disposition pour une utilisation agricole immédiate », en vertu d’un bail à long terme de 25 à 85 ans, assorti d’une série d’allègements fiscaux. Outre la levée des contraintes de main-d’œuvre dans le secteur agricole, le gouvernement s’est semble-t-il lancé dans la mise en place de collèges agricoles pour produire une « classe d’entrepreneurs agricoles ». 

Commentaire éditorial

En Afrique centrale, aborder la sécurité alimentaire en améliorant la production et la distribution, et réduire la pression exercée par l’agriculture sur les bois et forêts, sont deux grandes priorités. Toutefois, le rôle de l’investissement étranger dans les initiatives de développement agricole à grande échelle suscite une large controverse. D’une part, cela est jugé comme étant une occasion d’améliorer la productivité agricole au travers d’un investissement accru en capital et l’infusion de technologies et de meilleures capacités de gestion. D’autre part, on craint que l’acquisition de terres par des entreprises étrangères ne constitue une menace pour la sécurité alimentaire locale et n’exacerbe la pauvreté rurale, en limitant l’accès des fermiers locaux aux terres et aux autres ressources.

La question politique cruciale est de savoir comment ces investissements étrangers à grande échelle sont gérés, et comment ils sont coordonnés avec les activités agricoles locales et les politiques nationales de sécurité alimentaire et nutritionnelle. À cet égard, il convient tout particulièrement :

  • de veiller à ce que les droits fonciers des communautés locales soient respectés ;
  • d’assurer un équilibre entre la production de cultures vivrières et non vivrières (particulièrement les cultures pour les biocarburants) et un équilibre entre production pour les marchés nationaux et régionaux et production pour l’exportation.

Ces défis sont jugés comme étant particulièrement sérieux au Gabon, étant donné les faibles niveaux de production agricole, l’extrême dépendance à l’égard des importations alimentaires et la déforestation massive qui a déjà eu lieu. Vu la sensibilité croissante des consommateurs occidentaux à la durabilité des processus de production pour des produits tels que l’huile de palme, s’assurer que l’investissement étranger débouche sur des schémas durables de production semble être essentiel pour le développement d’un commerce international basé sur des investissements étrangers à grande échelle. 

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