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Les agriculteurs de l’UE appellent à un assouplissement des quotas laitiers au cours de la dernière année de mise en œuvre

15 juin 2014

Les agriculteurs de l’UE appellent la CE à réduire la pression sur les producteurs laitiers durant la dernière année contingentaire afin d’aider les producteurs de l’UE à tirer profit des opportunités de marché croissantes sur les marchés étrangers tels que la Chine et l’Inde.

L’organisation des agriculteurs de l’UE Copa-Cogeca a publié une lettre qu’elle a envoyée à la CE et aux États membres, dans laquelle elle affirme que, bien que les producteurs de l’UE essaient de tirer profit de la demande mondiale croissante, le système de super-prélèvements sur le lait en cas de surproduction les pénalise. Dans la lettre, le Copa-Cogeca appelle donc à faire en sorte que le « super-prélèvement pour 2015/2015 revienne au secteur ». L’organisation demande que des mesures soient mises en place « pour faire face à la hausse potentielle de la volatilité des prix lors de l'expiration du système de quotas en 2015 ».

En avril 2014, la CE a annoncé le lancement d’un Observatoire du marché du lait, dans le but de « renforcer la capacité de la Commission à suivre le marché du lait et des produits laitiers et d'aider le secteur à s'adapter à son nouvel environnement », au terme d'une trentaine d'années sous le régime des quotas laitiers. L'observatoire vise à accroître la transparence et à fournir des données sur le marché d'une grande précision, de manière à ce que les acteurs de la chaîne d'approvisionnement en lait « puissent prendre des décisions commerciales et la Commission des décisions politiques, en se basant sur de bonnes informations ». L’observatoire fournira des données actuelles et sera chargé d’« analyser les tendances passées et présentes sur les marchés de l’UE et mondiaux du lait et des produits laitiers, la production, l'équilibre entre l'offre et la demande, les coûts de production, les perspectives commerciales, etc. ».

L’observatoire sera ouvert à tous les membres de la chaîne d’approvisionnement, ainsi qu’aux décideurs politiques nationaux et de la CE. Les rapports des réunions de l’Observatoire du marché du lait seront également compilés et mis à la disposition du public.

En termes de développements du marché, après une succession de hausses de prix en 2013 et deux autres hausses de prix début 2014, les laiteries européennes ont commencé à baisser les prix payés aux producteurs en avril 2014, Arla emboîtant le pas de FrieslandCampina pour annoncer les réductions de prix. Celles-ci se justifiaient par « une tendance négative importante sur les marchés des denrées de base », les prix de référence aux enchères de Fonterra accusant une baisse de 20 % depuis le niveau record de février 2014. Les baisses de prix ont été attribuées en partie « au démarrage en force de la saison de production dans l’hémisphère Nord (…) les producteurs ayant maximisé la production pour exploiter des prix qui restent à des niveaux historiquement élevés ».

Prix mensuels moyens de l’UE-28 et du marché mondial, mars 2014 (par tonne) et évolution depuis mars 2013

  UE-28 Monde
  Variation mars 2013-mars 2014 (%) $US €* Variation mars 2013-mars 2014 (%)
Lait écrémé
en poudre
3 223 21 4 888 3 535,6 26
Lait entier
en poudre
3 713 21,9 4 825 3 490,5 14,4
Fromage 3 999 18 5 100 3 688,9 22,4
Beurre 3 680 9,3 4 756 3 440,1 19,6

* Taux de change : 1 $US = 0,72 € (9 mai 2014).

Source : CE, « Commodity price dashboard No. 22 », 25 avril 2014 (voir ci-dessous).

Commentaire éditorial

À l’exception des prix du lait entier en poudre, les prix du marché mondial ont augmenté plus rapidement que les prix intérieurs de l’UE. En mars 2014, les prix mondiaux du lait écrémé en poudre étaient pratiquement supérieurs de 10 % au lait écrémé en poudre de l’UE. Cela explique la volonté des producteurs de lait d’obtenir un assouplissement des quotas de production de lait de l’UE en 2014. Cependant, l’affaiblissement récent des prix des produits laitiers était attribué en partie aux niveaux de production croissants des fournisseurs de l’hémisphère Nord.

Cela crée en quelque sorte un dilemme pour les décideurs politiques de l’UE. L’assouplissement des restrictions contingentaires en 2014 doperait la production et mettrait les prix encore plus en péril. Mais le maintien des quotas de production placerait d’autres exportateurs tels que les États-Unis et la Nouvelle-Zélande dans une meilleure position pour exploiter les niveaux de prix historiquement élevés du marché laitier. (Les prix payés aux producteurs de lait des États-Unis atteignent des niveaux records, en grande partie en raison du boom de la demande internationale pour du lait en poudre à des niveaux de prix historiquement élevés.)

Pour les pays ACP, tout assouplissement précoce des quotas de production de lait de l’UE avancerait la date à laquelle les secteurs laitiers ACP devront gérer les conséquences des niveaux potentiellement élevés des exportations de lait en poudre de l’UE. En l’absence d’un cadre politique clair pour gérer les exportations élevées de lait en poudre de l’UE et pour intégrer le lait en poudre importé dans les stratégies nationales de développement du secteur laitier, cela pourrait avoir des conséquences néfastes pour les chaînes d’approvisionnement locales ACP de lait aux laiteries.

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