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Les tendances du secteur du riz en Afrique de l’Ouest

23 juin 2013

En avril 2013, l’USDA a publié son rapport annuel sur le riz en Afrique de l’Ouest. L’analyse estime que la production de riz blanchi pour la campagne de commercialisation 2012/13 en Afrique de l’Ouest (excepté au Nigeria) atteindra 4 millions de tonnes, soit une hausse de 10,1 % par rapport aux 3,6 millions de tonnes produites durant les périodes de faibles précipitations en 2011/12 (un niveau déjà inférieur de 13 % à la production de 2010/11).

La production de riz dans le Sahel a augmenté de 12 % en 2012/13 grâce à une bonne pluviosité. Les augmentations suivantes de la production de riz ont été enregistrées pour la campagne de commercialisation 2012/13 :

  • Burkina Faso             + 15 % à 180 000 tonnes
  • Côte d’Ivoire               + 10 % à 500 00 tonnes
  • Mali                               + 16 % à 1 300 000 tonnes
  • Sénégal                       + 60 % à 443 000 tonnes

La production au Mali, cependant, était bien inférieure à l’objectif gouvernemental de 2,7 millions de tonnes pour 2013, tandis qu’au Niger les inondations ont réduit la production à 3 000 tonnes à peine.

La consommation de riz a fortement augmenté ces dernières années, les « nouveaux consommateurs (…) mangeant du riz et les consommateurs habituels (…) en mangeant davantage ». La structure de la demande varie d’un pays à l’autre et entre les zones rurales et urbaines. Dans certains pays (par ex. le Mali), le riz local est plus populaire, tandis que dans d’autres (par ex. le Sénégal) les variétés importées telles que le riz parfumé sont plus prisées. Dans certains pays, la production de riz locale suscite des craintes quant à la qualité, en partie en raison des dysfonctionnements des chaînes d’approvisionnement. Plusieurs initiatives sont déployées au niveau national pour répondre à ces craintes concernant la qualité.

La CEDEAO a également commenté le lancement en 2012 d’une initiative régionale majeure sous la forme d’une « offensive régionale pour la production durable de riz en Afrique de l’Ouest » dans son document de politique stratégique de septembre 2012.

Au cours de la campagne de commercialisation 2011/12, les importations de riz ont augmenté de 43 %, pour atteindre 4,2 millions de tonnes. La Côte d’Ivoire et le Sénégal, les deux plus gros importateurs de riz examinés, ont vu les importations augmenter de 64 % et 55 % respectivement, tandis que les importations vers le Burkina Faso et le Mali progressaient de 70 % et 65 % respectivement. Une suspension de trois mois des droits d’importation en Côte d’Ivoire a fortement encouragé les importations de riz.

En 2012/13, les importations devraient chuter de 15 % en réponse au meilleur approvisionnement de riz au niveau local. Des réexportations interviennent au sein de la région, étant donné les différents accords d’importation en place dans les différents pays.

Riz : production, consommation et importations de riz blanchi pour certains pays d’Afrique de l’Ouest (2012-2014)

 

Production

(riz blanchi en milliers de tonnes)

Consommation

(riz blanchi en milliers de tonnes)

Importations

(riz blanchi en milliers de tonnes)

  2012 2013 2014 2012 2013 2014 2012 2013 2014
Burkina Faso 157 180 180 420 450 475 390 270 280
Côte d’Ivoire 456 500 600 1 400 1 700 1 800 1 400 1 150 1 100
Gambie 11 25 30 110 120 130 100 100 100
Guinée-Bissau 105 119 120 220 230 240 150 100 100
Guinée Conakry 1 098 1 110 1 100 1 360 1 390 1 410 340 360 300
Mali 1 130 1 310 1 350 1 400 1 450 1 480 180 100 100
Mauritanie 85 110 110 170 180 190 100 100 100
Niger 8 3 20 283 281 300 230 280 280
Sénégal 276 443 475 1 325 1 400 1 450 1 200 1 000 1 000
Tchad 118 116 120 123 130 135 30 20 20
Togo 73 80 80 168 170 180 100 100 100
TOTAL 3 517 3 996 4 185 6 979 7 501 7 790 4 220 3 580 3 480

Source : USDA, GAIN Report, 18 avril 2013 (voir ci-dessous), extrapolé à partir du tableau 1, p. 8.

L’analyse de l’USDA prévoit que la production de riz pour 2014 dans les pays examinés augmentera de 4,7 % et la consommation de 3,8 %, comparé à 2013. Les importations devraient se contracter de 2,8 %, augmentant de manière marginale l’autosuffisance régionale en riz.

Le rapport de l’USDA note qu’un accord d’investissement a été signé en janvier 2013 entre le gouvernement de la Côte d’Ivoire et Louis Dreyfus Commodities pour la production de 300 000 tonnes de riz. Des accords avec deux autres groupes d’investissement (Olam et Mimran) sont en suspens. L’objectif de la Stratégie nationale révisée de développement de la filière riz en Côte d’Ivoire est de produire 2 millions de tonnes d’ici 2020.

Au Burkina Faso, l’USDA signale qu’un projet soutenu par Taiwan fournit des intrants, des crédits et des installations de stockage dans le cadre des plans de développement du secteur du riz, tandis qu’au Sénégal, en février 2013, le gouvernement a annoncé un nouveau partenariat avec l’Agence japonaise de coopération internationale dans le cadre de la Stratégie nationale de développement de la riziculture du Sénégal. Un objectif de production de 1 million de tonnes de riz à l’horizon 2018 a été établi (révision de l’ancienne échéance de 2015). Bien qu’un soutien soit également mobilisé via la Millennium Challenge Corporation des États-Unis, l’USDA estime qu’un objectif de 1 million de tonnes d’ici 2018 est « optimiste ». 

Commentaire éditorial

Le riz devient une denrée régionale stratégique et primordiale pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Bien qu’il y ait eu un accroissement significatif de la production de riz après 2008 – d’après le Centre du riz pour l’Afrique, les rendements moyens du riz en Afrique subsaharienne ont augmenté d’environ 30 % entre 2007 et 2012, un taux plus élevé que la moyenne mondiale mais partant d’une base plus faible – les importations ont bondi depuis 2010 (+ 41 % en 2012 comparé aux données sur les importations de 2010 publiées par l’USDA en mai 2011) à mesure que les cours internationaux du riz chutaient et que la demande des consommateurs continue d’augmenter. La dépendance à l’égard des importations s’est accrue d’environ 53 % en 2010 et 2011 à 60 % en 2012, à mesure que la production fléchissait après les chiffres record atteints en 2011.

Bien que la dépendance à l’égard des importations doive se réduire substantiellement à environ 46 % en 2013 et 2014, la production reste vulnérable aux régimes climatiques, comme le montre l’expérience passée. La croissance de la consommation n’affichant pas une telle variabilité (ayant augmenté de 25,5 % entre 2010 et 2012 et devant s’accroître de 11,6 % supplémentaires d’ici 2014), la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations de riz est susceptible d’être un projet coûteux et à long terme, même à la lumière des investissements prévus et en cours dans le secteur du riz. En effet, les importations de riz de certains pays pourraient continuer à augmenter. Ceci est particulièrement vrai dans les pays non couverts par l’examen de l’USDA, tels que le Nigeria, compte tenu de la croissance rapide de la demande des consommateurs.

La réalité sous-jacente de la croissance de la demande de riz des consommateurs doit être prise en compte dans le processus de formulation des politiques aussi bien au niveau national que régional. Ceci exige la conception et la mise en œuvre de mesures politiques appropriées pour soutenir la production, tout en permettant de satisfaire la demande des consommateurs au sein d’un cadre commercial géré (voir article Agritrade «  Développements et perspectives du marché du riz de l’UE », 22 avril 2013). Le lancement récent de « l’offensive régionale pour une production durable de riz » reflète la volonté croissante des États membres de la CEDEAO d’aborder cette question stratégique.

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