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La sécurité alimentaire et les petits pays insulaires dans le contexte de la hausse des prix mondiaux et de l’extrême volatilité des prix : le point de vue du Groupe de pays mélanésiens fer de lance (MSG)

13 janvier 2013

Une interview avec M. Peni Sikivouand et Mme Merewalesi Falemaka du Secrétariat du Groupe de pays mélanésiens fer de lance, présentant leurs réponses conjointes concernant les problèmes du commerce agricole dans la région

M. Peni Sikivou est actuellement directeur du développement économique et social au quartier-général du Secrétariat MSG à Port Vila, Vanuatu. Il a été Secrétaire adjoint des Finances du gouvernement de Fidji entre 2007 et 2009, et a précédemment occupé le poste d’économiste principal au ministère du commerce et Secrétaire adjoint pour la Planification nationale, après avoir débuté au ministère de la planification nationale en tant que stagiaire en 1990. M. Sikivou a également travaillé au Secrétariat du Forum des îles du Pacifique (PIFS) entre 1996 et 1999, et au Bureau de promotion du commerce et de l’investissement du Forum à Sydney en 2000.

Mme Merewalesi Falemaka est directrice du commerce et de l’investissement au Secrétariat du Groupe de pays mélanésiens fer de lance (MSG) depuis 2009, également basé à Vanuatu. Elle a été consultante en politique commerciale au PIFS entre juillet 2008 et juin 2009, et elle a travaillé précédemment au PIFS en tant que consultante commerciale sur les négociations d’APE au Secrétariat du Commonwealth, entre janvier 2006 et juin 2008. Avant cela, elle a occupé le poste de conseiller en politique commerciale sur les questions de l’OMC et du commerce régional au PIFS. Jusqu’en janvier 2000, Mme Falemaka a travaillé au sein du gouvernement fidjien, où elle a occupé en dernier lieu le poste d’économiste principal au ministère du commerce et de l’industrie. 

Q: Comment les petits États insulaires du Pacifique ont-ils répondu à la hausse des prix des denrées alimentaires ?

Pour les pays du MSG, les gouvernements ont encouragé la production et la consommation de denrées alimentaires locales afin de réduire les importations. Certains membres, tels que Fidji, se sont embarqués dans des campagnes « achetez des produits faits à Fidji » pour encourager leur population à acheter des produits locaux, y compris des produits alimentaires.

Au même moment, lorsque les prix mondiaux de certains produits alimentaires ont augmenté, les gouvernements ont encouragé la production et l’exportation de ces produits. Lorsque les prix de l’huile de coprah/noix de coco ont augmenté, cela a stimulé l’exportation de coprah à Vanuatu par exemple.

Q. Quelles mesures et initiatives politiques ont été mises en place pour répondre au défi de la hausse des prix des denrées alimentaires ?

Bien que cela ne soit pas explicitement défini dans les politiques nationales, les membres du MSG ont adopté et maintenu des politiques répondant aux défis de la hausse des prix des denrées alimentaires. Parmi ces politiques citons l’adoption de mesures pour augmenter la production et améliorer la qualité des produits agricoles, d’élevage et de la pêche aussi bien pour la consommation intérieure que pour exportation, ainsi que la promotion de la valeur ajoutée au sein des chaînes de produits agricoles, de la pêche et de l’élevage.

La diversification des cultures est également jugée comme une priorité. Celle-ci est soutenue par la recherche de nouvelles cultures, variétés et méthodes de production, et la formation de travailleurs agricoles et d’agriculteurs au travers de meilleurs services de vulgarisation agricole.

Des initiatives industrielles et de politique commerciale complémentaires sont également mises en œuvre pour promouvoir le développement de la production intérieure et de la transformation pour les marchés locaux, depuis les incitants fiscaux tels que les exonérations fiscales et les droits de douane réduits sur les machines pour la transformation intérieure, jusqu’au contrôle des prix, les programmes d’investissement public et les programmes de subvention alimentaire. Bien sûr, les droits de douane pour les denrées alimentaires de base sont également en cours d’examen.

Q: Quel type de mesures de politique commerciale les gouvernements mettent-ils en place pour soutenir la production alimentaire locale ?

Les membres du MSG utilisent un mélange de mesures de politique commerciale pour soutenir la production alimentaire locale, et celles-ci incluent des politiques tarifaires comprenant des droits de douane faibles sur les produits alimentaires bruts non transformés et des droits de douane élevés sur les aliments transformés pour protéger la production nationale. C’est le cas, par exemple, pour les articles tels que la farine et le riz à Fidji, et la transformation du thon. Les licences d’importation sont également utilisées pour réguler les importations alimentaires dans toute une série de pays (par ex. Vanuatu et les îles Salomon). Les cultures vivrières produites localement sont également couramment exemptées de la taxe sur la valeur ajoutée pour promouvoir la production et la consommation, à Fidji par exemple. Dans certains cas, des taxes à l’exportation sont également prélevées pour encourager la consommation intérieure et promouvoir les industries locales, par exemple, pour promouvoir les industries alimentaires basées sur le sucre à Fidji. Un soutien à la commercialisation est également fourni aux agriculteurs par le biais d’organes/autorités de commercialisation du gouvernement.

Q: Comment les initiatives liées à la sécurité alimentaire sont-elles coordonnées à travers les pays des îles du Pacifique et comment sont-elles réconciliées avec les engagements régionaux de libéralisation commerciale ?

Il n’y a pas de liens explicites établis entre la sécurité alimentaire et les engagements régionaux de libéralisation commerciale énoncés dans les accords commerciaux régionaux. Toutefois, ces liens sont implicites dans les engagements tarifaires consentis par les pays, et certains d’entre eux ont exclu des produits agricoles de la libéralisation ou se sont engagés à éliminer progressivement les droits de douane sur les produits alimentaires sur une période de temps plus longue.

Cependant, il s’agit là d’un domaine qui gagnerait à bénéficier d’une coordination politique au sein des gouvernements et entre les gouvernements et les organes régionaux. Souvent, les responsables commerciaux élaborant des propositions de libéralisation tarifaire et négociant des engagements ne consultent pas effectivement ces ministères et départements qui sont chargés de la production alimentaire, par exemple, les ministères de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Dans ce contexte, les substituts alimentaires importés meilleur marché peuvent parfois détruire l’industrie intérieure, en particulier lorsque les producteurs à petite échelle font face à la concurrence de grands fournisseurs étrangers.

Les liens entre politiques commerciales et agricoles nationales et sécurité alimentaire doivent être élaborés de manière plus exhaustive et plus claire. Par exemple, pour l’heure, le Plan d’entreprise de Vanuatu pour le ministère de l’agriculture, de la quarantaine, de la pêche et des forêts ne fait aucune référence explicite aux objectifs de sécurité alimentaire.

Q: Quelles sont les grandes tendances de la production alimentaire parmi les pays des îles du Pacifique ?

En se basant sur les données de la FAO, deux grandes tendances semblent se dessiner : la production alimentaire ne parvient toujours pas à satisfaire la demande intérieure ; et les grands partenaires commerciaux importent des volumes considérables de produits alimentaires manufacturés, les pays MSG étant globalement des importateurs nets de denrées alimentaires.

Q: Quels sont selon vous les grands défis qui se posent aux producteurs alimentaires des îles du Pacifique ?

Le grand défi qui se pose aux producteurs alimentaires du MSG/Pacifique découle de la production à petite échelle et de l’absence d’économies d’échelle. Cela est souvent aggravé par une faible productivité et des pratiques agricoles non durables, aggravées à leur tour par les catastrophes naturelles et le changement climatique. Le manque de capitaux et les services de vulgarisation agricole inadéquats pour les producteurs ne permettent pas de relever ces défis de production sous-jacents.

L’infrastructure et les services limités pour le transport de produits alimentaires depuis les zones rurales et les îles périphériques vers les principaux marchés urbains posent également un défi de taille, compromettant la fiabilité de l’offre. Des cadres réglementaires déficients liés à des éléments fondamentaux tels que des poids et des mesures, et la conformité à des normes de base pour les produits peuvent encore aggraver ces problèmes – les produits importés mieux conditionnés et étiquetés sont souvent plus attractifs aux yeux des consommateurs urbains.

Les préférences changeantes des consommateurs posent également un défi supplémentaire, ceux-ci abandonnant progressivement les cultures alimentaires traditionnelles telles que le taro et le manioc au profit de substituts importés tels que le riz et les nouilles. Les produits importés ont tendance à être plus faciles à préparer et plus pratiques.

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