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Le Ghana est considéré comme une porte d’entrée pour les exportations agroalimentaires vers l’Afrique de l’Ouest

11 février 2013

L’analyse de l’USDA, publiée en novembre 2012 dans son Guide de l’exportateur vers le Ghana, décrit le Ghana en tant que « point d’accès principal pour entrer sur le marché de la région d’Afrique de l’Ouest », ceci étant essentiellement le fruit des politiques spécifiques conçues par le gouvernement ghanéen pour positionner le pays en tant que porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest.

On estime qu’entre 2011 et 2012 les importations alimentaires et agricoles totales du Ghana ont augmenté de 20 %, passant de 1 milliard à 1,2 milliard de dollars. Ceci s’explique, d’une part, par la forte croissance économique au Ghana et, d’autre part, par les politiques d’importation libérales poursuivies. Le marché ghanéen est relativement libre et la plupart des droits d’importation sont faibles. Les ingrédients et produits alimentaires intermédiaires se voient appliquer un droit de douane de 20 % conformément au TEC de la CEDEAO, tandis que les matières premières pour transformation supplémentaire supportent un droit de douane de 10 % (par ex. le blé). Les préoccupations croissantes des consommateurs en matière de sécurité des denrées alimentaires favorisent également les produits finis ou intermédiaires importés.

La croissance des importations de produits alimentaires et agricoles contraste nettement avec les performances du secteur agricole national où, d’après l’USDA, le taux de croissance a chuté de 5,3 % en 2010 à 2,8 % en 2011. En outre, l’USDA note que l’utilisation de la capacité de transformation alimentaire nationale du Ghana a reculé en 2011, « principalement en raison des coûts élevés de l’électricité, d’une infrastructure déficiente, des coûts élevés et de la pénurie des matières premières, des coûts de capital accrus, sans oublier les taxes élevées ». Ceci doit être replacé dans un contexte où la transformation alimentaire dans le pays « représente près de 50 % du secteur manufacturier du Ghana ».

D’après l’USDA, le « Ghana importe principalement des produits en vrac/intermédiaires et des produits prêts à la consommation tels que le riz, le blé, le sucre et la volaille ». La forte demande pour les produits prêts à la consommation est en partie liée à « l’éventail limité de produits proposés par le secteur agricole et de transformation alimentaire qui s’avère être sous-développé au Ghana ». Les principaux fournisseurs de produits alimentaires intermédiaires et transformés sont l’UE, suivie par « l’Asie (Chine, Thaïlande, Vietnam, Inde) et l’Afrique du Sud ».

Les marchés traditionnels en plein air dominent le secteur de la vente au détail (69 %), suivis par les magasins de proximité et les petites épiceries (30 %). « Cependant, les consommateurs semblent se tourner, lentement mais sûrement, vers les supermarchés et les magasins de proximité pour leurs achats alimentaires », le Ghana ayant attiré des investissements de chaînes de supermarchés telles que la chaîne Shoprite basée en Afrique du Sud. Ceci s’inscrit dans le cadre d’une expansion de plus grande envergure de Shoprite, cette dernière détenant pas moins de 131 supermarchés dans 16 pays en juin 2012, notamment au Ghana et au Nigeria. 

Commentaire éditorial

Le potentiel du commerce intra-régional en Afrique de l’Ouest reste insuffisamment exploité, principalement en raison des barrières non tarifaires (BNT), des coûts de transaction élevés et de l’absence de l’infrastructure nécessaire pour une production compétitive sur les marchés national, régional et international. Les habitudes de consommation changent avec l’urbanisation et la hausse des revenus et, de ce fait, l’écart entre la production et la demande nationale en Afrique de l’Ouest, qui est déjà important, devrait encore se creuser.

Afin de relever les défis posés, des investissements majeurs et des réformes politiques sont nécessaires aussi bien au niveau national que régional. La mise en place des règlements appropriés facilitant le commerce transfrontalier, le retrait des BNT et l’application des accords commerciaux régionaux sont tous essentiels à la création des conditions de marché pour le développement de filières de produits alimentaires compétitives sur le plan international.

Le secteur privé du Ghana a bien répondu aux efforts visant à promouvoir un commerce régional plus important. Des initiatives ont été lancées par la Chambre de commerce du Ghana pour promouvoir une plate-forme commerciale CEDEAO commune dans le but d’approfondir et de promouvoir les opportunités commerciales parmi les pays voisins. On peut se demander cependant dans quelle mesure ces initiatives seront basées sur le développement de filières agroalimentaires intégrées au niveau national et régional, plutôt que sur la promotion d’une meilleure intégration dans les filières agroalimentaires mondiales. 

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