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Le système européen d’échange des émissions de carbone aurait un impact sur le commerce du poisson

31 octobre 2011

Globefish avertit que « le débat actuel sur l’extension du système européen d’échange des émissions du trafic aérien à d’autres domaines pourrait mettre à l’ordre du jour de futures implications pouvant avoir un impact indirect sur la pêche ».

D’ici janvier 2012, l’UE prévoit d’étendre son système d’échange des émissions de carbone, qui actuellement ne s’applique qu’aux pollueurs européens, aux émissions de tous les vols. Cela impliquerait que les compagnies aériennes dont les vols atterrissent ou décollent des aéroports européens devraient acheter des droits d’émission de carbone aux gouvernements européens. Globefish souligne le fait que certains pays en développement ont déjà exprimé des critiques, étant donné que les économies émergentes dépendent fortement des exportations pour leur croissance et que, d’un point de vue commercial, c’est sur elles que pèsera largement le fardeau de ces nouvelles règles.

Selon Globefish, « la façon dont ces règles vont être mises en œuvre pourrait donner un aperçu des changements futurs qui affecteront indirectement la pêche, puisque la CE souhaite à terme que le système d’échange post-2012 inclue les émissions du transport maritime de la même manière. (…) Comme d’autres secteurs, le secteur de la pêche dépend grandement du transport maritime grâce à ses systèmes logistiques efficaces et rentables, et de larges quantités de poissons et autres produits de la pêche congelés sont amenées par bateau sur les marchés européens. Si le transport maritime est intégré au système européen d’échange des émissions, le prix du poisson commercialisé pourrait s’élever dans le futur. Cela pourrait mener à des prix plus élevés pour le poisson importé, et à une réduction de la demande. En même temps, cela stimulerait le commerce régional dans les pays en développement et encouragerait donc davantage la demande dans les économies émergentes, plus proches des zones de production principales. Cette tendance est déjà d’actualité, notamment dans des pays comme l’Inde, la Malaisie, le Brésil et le Mexique, où l’on observe une nouvelle croissance de la consommation de poisson ».

Commentaire éditorial

Les produits de la mer, notamment en provenance des pays ACP, sont parmi les aliments les plus commercialisés internationalement, et l’approvisionnement de marchés comme l’Europe implique souvent des trajets sur de longues distances, par air ou par mer.

Le besoin de vitesse des aliments périssables fait du fret aérien le seul moyen pratique permettant d’acheminer du poisson frais à des clients éloignés. Mais une fois les produits de la mer congelés, ils peuvent embarquer pour une longue navigation en bateau jusque sur le marché : le fret aérien produit au moins 20 fois plus de dioxyde de carbone que le fret maritime. Les exportations de poisson ACP en frais vont dès lors probablement être plus affectées que les exportations de poisson congelé. Cependant, l’augmentation des coûts de fret provoquée par la nécessité de contribuer aux coûts des émissions de carbone pourrait devenir une réalité tant pour les produits de la pêche frais que congelés à destination du marché européen. Cela devrait envoyer un avertissement fort aux exportateurs ACP pour les inciter à, d’une part, se concentrer sur des produits de haute qualité, afin que les consommateurs puissent avoir suffisamment d’incitants à payer le coût supplémentaire engendré, et, d’autre part, trouver des moyens pour diversifier leurs marchés localement et régionalement, afin de réduire leur dépendance à l’égard des marchés éloignés comme l’UE. 

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