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Négociations d’APE : la viabilité de l’industrie de la pêche namibienne est-elle en jeu ?

01 décembre 2013

Certains acteurs du secteur de la pêche namibien craignent pour leur viabilité économique future si leur gouvernement ne parvient pas à un accord sur la finalisation du processus d’Accord de partenariat économique (APE) pour le 1er octobre  2014, l’échéance fixée par la Commission du Parlement européen sur le commerce international en mars dernier.

La Confédération des Associations de pêche namibiennes craint que la Namibie doive alors payer les droits de douane NPF (« nation la plus favorisée »).  Selon elle, il est important d’obtenir un accord, en particulier pour les secteurs du merlu et de la lotte qui exportent essentiellement leurs produits vers l’UE : « les moyens de subsistance de plus de 9 000 personnes sont en jeu ». Elle a en outre souligné que si la Namibie devait perdre ses préférences actuelles, son secteur de la transformation serait confronté à des coûts d’exportation plus élevés pour les produits plus fortement transformés. Elle a suggéré que « les partenaires des entreprises conjointes de la Namibie et de l’Espagne pourraient éventuellement être invités à rejoindre le processus de négociation avec l’UE ».

Certains groupes de pêche poursuivent des stratégies alternatives, à savoir la diversification des clients et marchés. Vu les difficultés rencontrées par le partenaire de pêche espagnol Pescanova, Novanam a réalisé qu’une forte dépendance à l’égard d’une maison-mère dans une situation aussi périlleuse était susceptible d’engloutir ses bénéfices et de menacer ses perspectives de développement. Novanam a donc drastiquement réduit ses ventes à la société-mère, ce qui a engendré une augmentation des bénéfices de 39 000 euros en 2012 à 1,2 million d’euros pour les quatre premiers mois de 2013. Novanam a également développé des liens avec de nouveaux clients, South African Sea Harvest Corporation et Unick Fish achetant déjà des produits pour un montant de 4 millions d’euros en 2013. En outre, Novanam a garanti son accès aux ressources halieutiques : ses licences de pêche autorisent des captures de plus de 28 000 tonnes par an.

Certaines entreprises namibiennes investissent également dans les activités de transformation à plus forte valeur ajoutée, et Hangana Seafood a reçu un prix de la Namibia Standards Institution en reconnaissance de son rôle majeur en tant qu’entreprise de pêche au merlu et de transformation de poisson. Hangana Seafood s’engage à produire des produits de première qualité, sûrs et licites.

La situation est assez différente pour Ebitda, la filiale angolaise de Pescanova, qui est une société de négoce de Pescanova détenue à 49 % par Novapesca et par des associés locaux. En 2012, malgré une hausse des ventes, avec 26 % de jours de pêche supplémentaires et une augmentation de 28 % des captures, Ebitda travaille toujours à perte. Parmi les raisons invoquées citons le fait que Ebitda vend tous ses produits à Pescanova, et qu’elle dépend de Pescanova pour 100 % de ses besoins de financement, plutôt que recourir à des crédits bancaires commerciaux.

Commentaire éditorial

Le développement de l’industrie namibienne du merlu et de la lotte orientée vers les exportations, ainsi que les investissements consentis au travers des entreprises conjointes de pêche avec des sociétés basées dans l’UE telles que Pescanova, ont très certainement été favorisés par la perspective du libre-accès au marché de l’UE. Cependant, cela a mis la Namibie dans une situation quelque peu vulnérable, si l’on tient compte de sa forte dépendance à l’égard des marchés européens pour ces produits. Cette dépendance est encore plus marquée pour l’Angola, étant donné la manière dont ont fonctionné les entreprises de pêche conjointes – par exemple en dépendant totalement de la société-mère pour ses besoins financiers. S’agissant des négociations d’APE, et parce qu’il est classé dans les pays moins avancés, l’Angola continuera à bénéficier, quelle que soit l’issue des négociations, d’un accès préférentiel sur le marché de l’UE au travers de l’initiative Tout sauf les armes. Cela n’est pas le cas pour la Namibie. La mesure dans laquelle l’industrie de pêche de la Namibie sera menacée par une perte éventuelle des préférences après octobre 2014 dépendra de divers éléments, notamment de la capacité de l’industrie de la pêche namibienne à diversifier ses marchés, aussi bien géographiquement qu’en termes de valeur ajoutée. 

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