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Nigéria : L’embargo sur les importations de petits pélagiques surgelés à partir de janvier 2014 est confirmé

26 janvier 2014

Le ministre fédéral de l’agriculture et du développement du Nigeria a annoncé qu’à partir de janvier 2014, un embargo progressif sera imposé sur les importations de poissons, en particulier de petits pélagiques surgelés, visant une réduction annuelle de 25%. Actuellement, le Nigeria dépense plus de 600 millions de dollars en importations de poisson. La production locale de 700 000 tonnes est insuffisante pour satisfaire à la demande locale de poisson de 2,66 millions de tonnes.

À partir de 2005, la Banque centrale du Nigeria a noté une augmentation non durable de la demande de devises étrangères pour les importations de poisson de diverses sociétés d’importation de poisson actives au Nigeria. La hausse des importations a également donné lieu à des pratiques frauduleuses telles que la surfacturation ou les importations fantôme.

Le ministre de l’agriculture a souligné que le gouvernement « travaillait actuellement sur une politique intégrée qui libèrera progressivement le pays d’une dépendance inutile à l’égard du poisson produit dans d’autres pays, alors que les ressources marines abondantes du Nigeria demeurent inexploitées ». La nouvelle politique entend également engager les importateurs de poisson dans l’élevage de poisson pour augmenter la production locale, notamment au travers de la filiale de l’aquaculture. Dans ce contexte, un matériel de pêche subventionné a été distribué au secteur artisanal et des juvéniles ont été distribués à plusieurs éleveurs de poisson nigérians. L’aquaculture pourrait produire jusqu’à 400 000 tonnes de poissons.

Un éleveur et importateur de poisson a mis en garde contre le fait que l’élevage de poisson présentait également ses inconvénients : « pour les poissons élevés au niveau local, l’alimentation pour poissons représente 70 % des coûts de production, celle-ci étant importée et épuisant des devises étrangères précieuses », a-t-il expliqué. Il a également noté que le poisson importé est disponible à des prix inférieurs aux prix des autres sources de protéines : le poisson-chat élevé au niveau local se vend à un prix trois fois plus élevé que le poisson importé surgelé ; la viande et le poulet sont encore bien plus coûteux.

En janvier, les prix sur le marché national avaient semble-t-il augmenté d’un tiers pour le maquereau et le chinchard, décrits par de nombreux nigérians comme des aliments de base.

Par ailleurs, les flottes vendant principalement des petits pélagiques surgelés au Nigeria – en ce compris les flottes russe et européenne, en particulier la Pelagic Freezer Trawlers Association, pêchant en Afrique de l’Ouest et dans le Pacifique Sud – s’inquiètent de ces mesures et de la manière dont elles affectent leurs ventes au Nigeria.

Commentaire éditorial

Les problèmes auxquels le Nigeria doit faire face sont complexes, et la dépendance à l’égard des importations de poisson pour couvrir la plupart des besoins de consommation du pays n’est pas viable à long terme. Comme le souligne le ministre, cela est dû au fardeau placé sur l’économie, provoquant une fuite de devises étrangères. Modifier cette structure des approvisionnements n’est pas chose aisée, cependant, en particulier parce que le prix du poisson importé est sensiblement plus bas que le poisson produit au niveau local ; le maquereau et le chinchard surgelés importés semblent être la source de protéine animale la plus abordable pour les consommateurs locaux. La mise en œuvre de l’interdiction d’importation devrait être réalisée progressivement, laissant au secteur local le temps de s’adapter. Mais d’autres mesures d’accompagnement pourraient être considérées : à condition que les espèces de poisson populaires (maquereau et chinchard) soient présentes en abondance dans les eaux nigérianes, le secteur artisanal local devrait avoir un meilleur accès à ces ressources, être mieux protégé des incursions des chalutiers et des impacts de l’exploitation pétrolière offshore ; et le secteur de l’aquaculture devrait se développer de manière à minimiser la dépendance à l’égard de la farine de poisson importée.

En analysant pourquoi les petits pélagiques surgelés importés sont meilleur marché que le poisson produit au niveau local, il est intéressant de noter que ceux-ci proviennent en partie des zones de pêche de Mauritanie et du Maroc, capturés par des chalutiers européens (par le biais des accords de partenariat de pêche) et russes.

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